Ben 10 La bataille finale, un ARG pour les 6-12 ans
Par Olivier Godest • 2 sep, 2010 • Catégorie: Actualités, Evenements, Production et évènements, Storytelling TransmédiaPour ceux qui ne connaissent pas Ben 10, ce jeune héros est un personnage bien connu des jeunes téléspectateurs de Cartoon Network, une chaîne payante disponible sur Canalsat. 
J’ai découvert ce matin sur le site de la société faberNovel, que celle-ci organisait un Alternate Reality Game à destination des 6-12 ans, autour de l’univers de ce personnage. Je me suis donc bien évidemment empressé d’aller faire un tour sur la plateforme de jeu développé pour l’occasion.
Tout commence avec une introduction vidéo, le héros apparaît et explique très clairement à l’internaute pourquoi il est ici : le pire ennemi de Ben a pour objectif de venir conquérir la Terre et il compte désormais sur nous pour l’aider à repousser cette attaque. Classique mais efficace !
On s’inscrit dès lors en créant une page profil avec un avatar et l’on accède à la première mission : un petit jeu en flash où l’on doit détruire des vaisseaux ennemis avec la souris. Principe de ranking (qui est le meilleur joueur ?), de badges/médailles, le tout permettant de débloquer de nouveaux niveaux et de progresser dans l’aventure.

Pour reprendre les mots de faberNovel, l’objectif de cette opération est « d’augmenter la noriété de Ben 10 auprès de sa cible, de l’associer clairement à Cartoon Network, de créer un événement ayant un écho sur le marché B to B et d’augmenter les revenus licences en intégrant un point de vente GSS à l’évément« .
Au cours de 10 missions étalées sur 1 mois et demi, les enfants devront rejoindre la « Human Force » pour :
• enquêter sur l’invasion d’un magasin Toys’R’Us par des aliens
• appeler Ben sur son téléphone mobile pour savoir où le rejoindre
• interroger des personnages de la série à travers leur blog et leur profil facebook
• prouver leur dextérité dans des mini-jeux flash
• percer les secrets cachés des héros de la série
• etc.
« Pour renforcer le lien entre Cartoon Network et Ben 10, une mission met en scène la directrice de la chaine, expliquant dans une conférence de presse comment l’antenne de Cartoon Network a été piratée pour diffuser une fausse mission à la Human Force. »
Intitulé « Ben 10 – La bataille finale », cet ARG semble donc intéressant à suivre, prochaine étape le 08 septembre avec, a priori, la révélation d’un nouveau jeu en ligne.









Tout récit produit un effet sur son public. Qu’une audience écoute, et voilà son univers mental reconfiguré, et par ricochet, son action sur le monde modifiée.
Le premier, est le fait que les producteurs d’œuvres, les industries culturelles et les auteurs eux-mêmes facilitent le passage entre médias, entre supports. Ceci en créant des oeuvres très référencées, transtextuelles, en s’inspirant des modes de narration, des thèmes et de la forme d’autres médias, et en envisageant souvent leur création comme un tout, un monde multimédiatique. L’exemple le plus fort est celui de Matrix qui n’a pas été conçu comme un film mais comme un monde fantastique transmédiatique, saturé de références à l’histoire du genre et dans lequel le jeu vidéo apporte autant d’éléments à l’histoire que les films, que la série de comics, ou que les courts métrages d’animation sortis à la suite. Ce sous phénomène d’œuvres multimédiatiques, conçues ainsi dès le départ est nommé par Jenkins « world making ». Le contexte de production de l’œuvre est donc assez spécifique et cela va influer sur celui de la réception.
Heroes est bien plus qu’une simple série télé. Selon Jesse Alexander, son producteur exécutif, mais aussi celui d’Alias et de Lost, : « Heroes a toujours été pensé comme un concept transmedia. Cette série fait partie intégrante du paysage transmedia et les techniques scénaristiques utilisées sont très proches de celle du jeu vidéo. »
Le concept d’Heroes a été incarné par son concepteur Tim Kring, il a su et pu développer librement ses idées sans subir aucune contrainte de la part de NBC. Le network s’est rendu à son enthousiasme, partagé par toute son équipe. Heroes est écrit par une équipe d’une douzaine de scénaristes, c’est une vraie création collective, chaque histoire, chaque épisode est écrit de manière collaborative. Par contre chaque personnage est développé par un auteur défini sur plusieurs épisodes. Lors de la mise en commun de toutes ces micro-histoires se forme collectivement l’épisode, finalisé selon un mode itératif. Selon les producteurs exécutifs de Heroes, ce mode opératoire est bien plus performant pour une série, qu’un mode à un auteur par épisode, où chacun suivrait la bible du créateur de la série. Cela permet en outre une réactivité sans égale, bien pratique pour éviter les impasses dont une équipe « traditionnelle » met souvent longtemps à sortir.
«Soyez Sympa Rembobinez» le film de Michel Gondry annonçait la couleur. Maintenant c’est à nous spectateur de passer derrière la caméra.
inspirateurs avec celui de William Gibson « The Neuromancer » de l’univers des frères Wachowski : « Matrix ». Pour Stephenson, en 1992, le métaverse est un environnement immersif, un monde virtuel en 3 D qui interfère avec le monde réel. Pour ces deux écrivains fondateurs de la littérature cyberpunk, ils existent toute une série de passages entre le monde réel et le monde virtuel, grâce à des objets médiateurs qu’ils soient des ordinateurs, des cyber-prothèses, ou des objets intelligents que Bruce sterling, un autre écrivain cyberpunk nomme aujourd’hui des « spimes ». Pour ces auteurs, une action sur le réel peut modifier le monde virtuel et une action dans le mode virtuel peut modifier notre monde réel.
Dans un premier temps, on voit apparaître sur la toile des publicités vendant une nouveau produit sur le marché appelé TRU BLOOD (sans le « E »), une boisson à base de sang synthétique. Le breuvage est d’ailleurs disponible dans tous les groupes sanguins. Bien évidemment, la boisson n’est disponible à la vente que dans l’univers de la série. Faisant figure de bandes annonces, et véritables petit bijoux créatifs, ces mini films publicitaires nous font très vite comprendre qu’il s’agit de vampires, et que la boisson TRU BLOOD est essentiellement destinée à calmer une grande partie de cette population, ces derniers étant jusqu’ici obligés de s’abreuver du sang de pauvres et innocentes victimes en les mordant à leur cou. Ils ont désormais une alternative:
Transmedia implique pluridisciplinarité et transversalité, nous dit Jean-Yves Le Moine dans son dernier post. Tout à fait d’accord sur cette nécessité de pluridisciplinarité – donc assurément de curiosité, d’ouverture et de souplesse de la part des futurs acteurs du transmedia, tout autant que de professionnalisme et d’expertise. Agir et penser à la fois en profondeur et en largeur en quelque sorte… Ouch?
Dans le contexte multi-écrans de nos vies, les principaux handicaps d’un film de cinéma seraient plutôt son isolation et sa brièveté : l’espace et le temps dédiés à une fiction, ainsi que le retour du public, sont cruciaux pour construire l’audience qu’elle mérite. Les concepteurs de séries télévisées aux Etats Unis et en Grande Bretagne l’ont compris très tôt, et ces programmes aux audiences internationales sont soumis à de nombreux screen tests mais tirent également parti de leur temps d’exposition bien supérieur au long métrage. Alimentée d’un retour spécifique du public pour qui l’accès est plus ou moins gratuit, la création sur le multimédia pourrait marcher dans les pas de cette télévision qui, avec plus d’espace et de temps, peut s’autoriser à ratisser moins large et à prendre des risques : la télévision américaine n’abrite-elle pas aujourd’hui plus que son cinéma, les héros subversifs et l’écriture audacieuse qui nous surprennent, nous emballent et nous fidélisent ? 





Les bonnes histoires nous touchent. On peut être touché dans son corps et dans ses sens. Une bonne histoire nous touche au corps parce qu’elle nous révèle Autre, irréductible justement à ce corps que nous mettons souvent en avant ou en retrait. Nous nous reconnaissons alors tout à fait nous-mêmes et tout à fait Autre.
Tout le monde connaît Lost et ses héros Robinson des temps modernes, rescapés sur une île. Ce que l’on sait moins c’est que JJ Abrams a développé un concept transmédia tout autour de la série TV.
L’un des premiers exemples de transmédia est l’univers à la fois réel et virtuel Matrix des frères Wachowski. Tout le monde se souvient des trois films de cinéma, mais il y eut aussi des bandes dessinées sur le web et en « print », des films courts : les animatrix , un jeu vidéo et un jeu massivement multi joueurs en ligne.





