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Anarchy: Quand les spectateurs font évoluer la fiction

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Depuis le 30 octobre, une fiction interactive d’écriture collaborative, Anarchy, a débarqué sur les écrans. La série de France 4, qui sera diffusée jusqu’à la mi-décembre, continue, dans la lignée de What Ze Teuf, de paver le chemin du crowdsourcing fictionnel. Le nombre de participations atteste de l’engouement des internautes pour le concept, mais le succès d’Anarchy est-il pérenne ? Dans cet article, nous reviendrons sur le concept, la genèse,  et le succès en demi-teinte d’Anarchy.

 

Le concept : se raconter ensemble notre histoire

Anarchy est un des premiers projets audiovisuels d’écriture collective avec le public. France 4 et France TV nouvelles écritures ont simplement posé les bases de l’histoire, celle d’une France chaotique forcée de sortir de la zone euro, et vous proposent d’écrire la suite de son histoire. Anarchy est une fiction d’anticipation transmédia qui comporte plusieurs dispositifs : un site, un jeu, une application, une série, un roman et une chronique hebdomadaire.

 

Anarchy

 

L’internaute devient ainsi créateur actionnaire de la série. Il peut soumettre ses propositions sur le sort d’un des 5 personnages principaux qu’on voit dans la série, et chaque semaine, l’équipe de scénariste en sélectionne une pour l’intégrer au scénario. Il peut créer ses propres personnages  sur un réseau social fictif et inventer leur histoire, personnages qui pourront même être intégrés à la série. Enfin, il a la possibilité d’envoyer photos et vidéos et de répondre à des appels à témoignages sur la page d’actu, alimentée en temps réel par une newsroom de journalistes, un JT quotidien et un flux live.

 

Anarchy

 

Que transmédia soit, et Anarchy fut

Cette fiction, d’une ampleur inédite, a mis plus de 6 ans à voir le jour. Rappelez-vous, en 2012, c’est Anarchy que le jury du MipCube avait sélectionné dans la catégorie « New transmedia concepts in fiction ». Présenté alors par Benjamin Faivre de Telfrance, le projet est le fruit d’une partie du programme de recherche piloté par Orange (notamment par Morgan Bouchet, directeur du Transmédialab).

La série est donc une coproduction de Telfrance série, France 4, France TV nouvelles écritures dirigée par Boris Razon et l’INA, et produite par Hubert Besson et Benjamin Faivre.

 

Anarchy en chiffres

Aujourd’hui, 1 100 personnages ont été inventés et il y a désormais 2 200 auteurs sur le site. Les 8 épisodes de 26 minutes, programmés jusqu’à la mi-décembre, vont réunir une quinzaine de journalistes dans la newsroom de 7h à 22h. Quant à la série, elle nécessite 2 jours de tournage par épisode.

 

Les fictions participatives : une mode à succès ?

Depuis plus de 3 semaines, des centaines de personnes se sont prêtées au jeu, alimentant l’histoire de ces personnages qui évoluent dans une France au bord de la faillite. Les multiples points d’entrées sur le site semblent fonctionner puisqu’on se laisse facilement immerger dans l’histoire de cette France en crise, le concept semble donc être largement fédérateur.

Sur la création de contenus, Anarchy est une série participative mais pas une wikisérie. Les données créées par les internautes sont sélectionnées par la team de rédacteurs. On n’est pas encore au stade d’une série  participative basée sur des licences creative commons, sur le modèle de Wikipédia, qui reste tout de même compliqué à réaliser si l’équipe de réalisation tourne en flux tendu.

Anarchy suit le chemin des séries participatives françaises bâties sur des concepts transmédia, comme Mission Braquo, qui a réuni 15 000 fans dont 60% de joueurs actifs inscrits avec leurs mobiles. En attendant de connaître les audiences de la série, espérons qu’Anarchy ne subisse pas le même sort que What ze Teuf, diffusée sur D8 en décembre 2013. La série produite du jour pour le lendemain, qui avait rassemblé 700 000 spectateurs pour le premier numéro, a perdu plus de 60% de son audimat.

 

Anarchy

Pour l’instant, Anarchy fait le buzz avec son concept inédit. La fiction politique d’anticipation sera-t-elle le nouveau genre chéri des spectateurs ? Réponse le 18 décembre.

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