Pottermore ouvre ses portes pour 1 million de fans
par Ana Vasile, publié le 23.08.2011
Dès son lancement éclatant, nous vous avions parlé ici de Pottermore, la nouvelle brique de l’univers Harry Potter. Présenté dans les plus gros journaux comme le site qui réunira toute la communauté de fans du petit sorcier à lunettes, disséminée jusqu’ici sur des milliers de sites informels, Pottermore prend ses marques sous l’égide de J.K. Rowlings, la créatrice de l’univers fictionnel.
Après une action de marketing digital ouverte au monde entier, Pottermore ouvre ses portes, en avant-première, pour seulement un million de fans assidus qui ont gagné leur place virtuelle dans la communauté du site. Pendant 7 jours les internautes ont répondu à des énigmes publiées sur le site pour retrouver « la plume magique.» : l’objet virtuel qui leur ouvrira l’accès au portail internet.
À la recherche de la « plume magique »
Les énigmes restent ancrées dans l’univers du livre. Un élément qui souligne encore une fois la cible de cette opération : les initiés du monde d’Harry Potter. Voici par exemple la première question : « Combien d’espèces de hiboux figurent sur l’enseigne du magasin “Au royaume du Hibou” ? Multipliez ce nombre par 49 pour obtenir la solution… » Si vous pouvez répondre à cette question (sans tricher avec les moteurs de recherche) vous faites bien partie de la communauté du petit sorcier ! Nous pouvons donc supposer que le but de cette opération est d’identifier et de valoriser les membres le plus actifs de cette communauté mondiale.
La quête est maintenant finie ! Vous pouvez retracer le parcours sinueux des internautes pour gagner la « plume magique d’Harry Potter » sur le blog IDBOX. Les participants qui ont répondu correctement aux énigmes attendent un email de bienvenue, en clôturant ainsi cette première partie de jeu virtuel. Les organisateurs ont promis aux gagnants que leurs comptes seraient activés entre le 15 août et le 30 septembre.
Cette chasse à la plume magique semble continuer l’esprit jovial et énigmatique de l’ouverture du site, quand JK Rowling avait défié les internautes à retrouver les dix lettres du nom de son nouveau projet à travers un jeu d’indices publié sur son fil Twitter. Les lettres correspondaient à 10 coordonnés géographiques tirées de l’univers Harry Potter. Une fois intégrées dans le site Secret Street View elles donnaient le nom de son nouveau site.
Rowling soulignait dans une de ses déclarations l’importance des membres de sa communauté : « C’est la même histoire avec quelques ajouts essentiels. L’élément le plus important c’est toi. De la même manière que la lecture implique un travail commun entre l’imagination de l’auteur et du lecteur, Pottermore est en partie construit par toi, le lecteur. »
Pottermore et le PotterWar
Cette focalisation sur le rôle de l’internaute est un changement d’attitude de plus bénéfiques de la part des propriétaires de la marque Harry Potter! Deep Media nous rappelle le « PotterWar » d’il y a dix ans, quand la communauté de fans se voyait menacée par Warner Bros… Le studio voulait protéger l’intégrité de sa marque, mais les lecteurs étaient outragés par les menaces d’actions en justice pour avoir utilisé la marque « Harry Potter » dans leurs sites, justement créés pour prolonger et couvrir d’éloges l’histoire.
Henry Jenkins avait interviewé pour son livre Convergence Culture, le leader de cette bande de fans révoltés. Heather Lawver, à seulement 16 ans, répondait que Warner Bros. avait sous-estimé le fait que tous ces sites était interconnectés. Avant que le studio ait le temps de changer d’avis, l’opinion publique britannique était déjà offensée par ces menaces d’actions légales contre ces enfants passionnés par Harry Potter.
Aujourd’hui, de plus en plus de producteurs comprennent que l’UGC n’est pas une menace pour leur marque ou pour les contenus qu’ils commercialisent, mais une forte déclaration d’investissement envers le contenu. Les actions entourant aujourd’hui Pottermore confirment la place accordée à la communauté et sa promesse d’interactivité : la création de ce qui promet d’être un système de « gratification » des fans les plus actifs.

Jeff Gomez, le co-fondateur de Starlight Runner, décrivait pour Forbes l’importance du volet communautaire de Pottermore : « Il n’existe pas seulement pour vendre des livres, mais pour nourrir et finalement développer la force d’Harry Potter. C’est un moment historique ! »
Il souligne le fait que les producteurs du site créent « un moteur de storytelling participatif ». Le fait d’officialiser et rassembler dans un seul endroit une énorme base de fans leur permet de proposer des services adaptés à une communauté avide d’interaction et de participation.
La communauté de fans d’Harry Potter a montré pendant plus de dix ans une forte implication, avec d’innombrables UGC et des événements locaux organisés autour des livres. Les comptes Twitter et Facebook de Pottermore rassemblent déjà quasiment 400.000 fans. Peu d’autres marques auraient réussi à créer autant d’intérêt autour d’un site.
Les spéculations autour du projet Pottermore vont plus loin et rêvent d’un projet transmedia : un jeu MMO qui continuerait dans le monde réel. Le Times UK laissait comprendre que « ce nouveau site est un jeu en ligne sophistiqué dévoilant des indices pour découvrir des prix cachés dans le monde réel. Des baguettes magiques sont à trouver en Angleterre, en Amérique et potentiellement dans d’autres pays ».





