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Cap digital lance Think Transmedia !

Par christophe cluzel • 11 mar, 2010 • Catégorie: Evenements
 

thinktramsmedia

Le 25 février dernier lors d’un petit déjeuner sur le transmedia, organisé par la société Kidoma, Jeremy Sahel, chargé de mission chez Cap digital, nous annonçait l’ouverture d’un cycle de conférence autour de la problématique qui nous anime aujourd’hui : l’évolution du secteur audiovisuel et de ses contenus.

Cinq conférences seront organisées pour analyser les media d’aujourd’hui et leur évolution.

La première se tiendra le 16 mars et traitera de la thématique « Des nouvelles matières et de nouvelles techniques pour la création ».

Les intervenants sont :

Bruno Nahon (Zadig Productions) qui abordera l’expérience “Twenty Show”.un programme basé sur de l’User Generated Content.

Arnaud Dressen (Honkytonk) qui nous présentera le logiciel Klynt (montage et édition vidéo, boite à outils rendant autonome les réalisateurs)

Le Transmedia Lab se réjouit de cette excellente initiative et nous vous invitons à découvrir le blog du Think Transmedia.

Vous pouvez vous inscrire aux conférences ici.



En route pour le transmedia pendant Paris 2.0 !

Par Nicolas Bry • 7 mar, 2010 • Catégorie: Evenements
 

Nicolas Bry - Directeur du Transmedia Lab d'OrangeLe Transmedia Lab d’Orange a le plaisir d’avoir été convié à l’occasion de Paris 2.0 pour organiser une table ronde autour des problématiques du transmedia.

Cet événement se déroule mercredi 10 mars, de 10h à 13h, à l’espace Kiron : 10 Rue la Vacquerie 75011 Paris

Nous animerons un débat qui promet d’être riche grâce à un très beau plateau de professionnels de l’audiovisuel, du jeu, du monde numérique et de la communication.

Nous proposons trois grands thèmes :

1. L’univers transmedia : comment raconter une histoire transmedia ?

2. La participation et l’engagement des internautes (notamment au travers du jeu, de l’ARG)

3. Comment les marques peuvent-elles entrer dans le transmedia / brand content ?

Nous vous convions donc à nous rejoindre pour cette matinée qui sera riche d’enseignements. Vous pouvez retirer des entrées gratuitement sur le site de Paris 2.0 avec le code promo :  202010



Le transmedia et le linéaire, la TV et Internet

Par Nicolas Bry • 4 mar, 2010 • Catégorie: Technologies & Communautés 2.0, Usages
 

mediapredictionVoici quelques prédictions intéressantes sur 2010 réalisées par le cabinet Deloitte (Deloitte Media Predictions 2010)

Premier enseignement : la consommation linéaire à la télévision restera largement majoritaire par rapport à la consommation délinéarisée (20 à 30 heures par semaine vs 90′ à 2 heures) ; le contenu on-demand sur Internet est susceptible d’ailleurs d’augmenter la consommation du direct à la TV : le Transmedia Lab se tue à le dire ! ;-)

Linear’s got legs: the television and radio schedule stays supreme

“But for the mass market, the vast majority of content consumed is likely to be linear. In 2010, average weekly consumption of scheduled television is likely to run between 20 and 30 hours in major markets.1 This compares to an average of 90 minutes to two hours for all forms of nonlinear television, whether in the form of DVDs, DVRs, or video-on-demand. To put the contrast in perspective, US consumption of online full-program video would have to rise over 75-fold just to equal scheduled TV viewing.

Consumption of linear TV may also be encouraged by the availability and demise of on-demand sites. The availability of on-demand can increase overall demand for scheduled programming: content watched using online catch-up services can encourage consumers to watch the next episode or listen to a radio presenter’s next show live. The most popular content viewed online tends also to be the most popular watched via broadcast.And while new online video sites continue to be launched, there may also be a number of highprofile failures, largely resulting from the inability to make online advertising-funded video pay.

Further, comparisons of nonlinear to linear are often nonequivalent. Consumption of nonlinear may often appear greater as the numbers reported are larger.But a like-for-like comparison, based on viewing or listening hours, for example, would probably reveal a contrary picture. Broadcast is measured by viewers. Metrics for online video include page impressions, page views, unique users, and requests. Often, little distinction is made between a clip and a full program even though the commercial significance for each may vary considerably. The definition of an online “user” may remain vague, as well as the quantification of an online view.

It may be that in the long run, the majority of all audio and video consumed will be nonlinear. But in 2010, most consumers of content are likely to remain happily beholden to the schedule, rather than resentful of what some pundits have labeled the “tyranny of the schedule.” However, given that hundreds of millions of individuals may be spending at least 40 percent of their waking hours listening to television or radio, linear is likely to remain dominant not just in 2010 but for many years to come.” (Lire la suite…)



Le petit déjeuner du Media club autour du Transmedia Lab d’Orange

Par christophe cluzel • 23 fév, 2010 • Catégorie: Barcamp, Evenements
 

mediaclubLe MediaClub nous a conviés le mercredi 20 Janvier 2010 à un petit déjeuner atelier, voici son feedback de cette belle rencontre :

« Comment concevoir un projet réellement transmedia ? ».

Grâce à la participation de Nicolas Bry (Directeur du Transmedia Lab, Orange Vallée), de Marc Guidoni (Producteur, Fondivina) et Jean Yves Le Moine (expert de la convergence entre la technologie, les contenus et les usages) nous avons pu échanger autour des méthodes et de l’expérience du Transmedia Lab d’Orange.

Une belle initiative et excellente occasion de découvrir le Transmedia Lab, initié par Orange pour favoriser l’émergence d’histoires transmedias, accompagnant les nouveaux usages des spectateurs sur la combinaison d’écrans à leur disposition. Cette structure se présente comme un atelier d’exploration ouvert à tous les acteurs du monde de l’audiovisuel, du jeu vidéo et des nouvelles technologies. Vous avez été très nombreux à participer à ce débat sur un sujet incontournable pour l’avenir de l’audiovisuel et des médias.

Nous tenons particulièrement à remercier le cabinet KGA pour son accueil lors de cet événement.

Vous pouvez retrouver les photos de ce petit déjeuner ici« 



CLEM La première fiction « connectée »

Par Damien Rety • 12 fév, 2010 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

CLEM, c’est l’héroïne de la nouvelle série de TF1. A l’occasion de la diffusion du pilote, TF1 vous propose de la suivre au delà de votre télévision et de l’accompagner dans son univers de jeune fille grâce au web et au mobile …

Cette première fiction cross-média a pour pierre angulaire sa diffusion antenne. Autour, viennent se greffer les autres médias : la narration débute sur le web et le mobile, continue sur ces 2 écrans et la télévision avec la diffusion du téléfilm, et se poursuit sur internet
et le mobile.

En 3 temps et 3 écrans, voici un petit résumé du dispositif pour les lecteurs du TransMediaLab. (Lire la suite…)



3D2+ développe le premier jeu télévisé crossmédia TV-Internet sur THD de Cap Digital

Par Stephane Gaultier • 8 fév, 2010 • Catégorie: Technologies & Communautés 2.0
 

SlA13D2+ a été retenue par Cap Digital et OSEO pour expérimenter sur la plate-forme THD (Très Haut Débit), la première émission de jeu TV crossmédia. Dans cette émission, tous les participants sont les avatars des téléspectateurs connectés sur leur ordinateur chez eux. Un animateur bien réel, immergé dans un univers en 3D fera jouer les avatars à un jeu télévisé comme vous en connaissez plein. Inédit !

C’est le premier jeu télévisé massivement multi-joueurs à proposer une participation active simultanée au téléspectateur-acteur. C’est une expérience réellement crossmédia pour le téléspectateur puisque le studio virtuel dans lequel se déroule le jeu télévisé sera accessible en temps réel au téléspectateur via son ordinateur connecté à Internet. Si vous avez la chance d’être filmé par la caméra virtuelle du studio (enfin votre avatar !), vous vous verrez sur l’écran de télévision de face en train de dialoguer avec l’animateur alors que sur votre ordinateur, vous serez en caméra subjective présent dans le studio face à l’animateur. (Lire la suite…)



Jeffrey Jacob Abrams

Par David Tomaszewski • 8 fév, 2010 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

jjabramsJeffrey Jacob Abrams, 43 ans, véritable génie de la communication, est un créateur multitask, scénariste, réalisateur, et producteur de cinema et de télévision, aujourd’hui mondialement reconnu. Fils de producteurs de télévision, passant sa jeunesse dans les studios et démarrant très jeune une brillante carrière de scénariste (on lui doit notamment les scripts de Forever Young, À Propos d’Henry, ou encore Armageddon), JJ Abrams est devenu ce que l’on peut considérer l’un des pionniers du transmedia, et probablement même le chef de file, car il est aujourd’hui celui dont la création sur multi-support est la plus visible aux yeux du plus grand nombre.

Après les séries à succès Felicity, et Alias, dont il est le créateur, Abrams donne naissance à un ambitieux nouveau projet: LOST, proposant un vaste univers aux multiples contenus viraux. Tout d’abord sur internet, avec un forum officiel, où les spectateurs peuvent confronter leur point de vue, le forum devenant une véritable mine d’or pour les scénaristes. Sont par ailleurs mis en place de multiples jeux de pistes sur le site fictif d’OCEANIC AIRLINES, compagnie aérienne de l’avion du vol Sidney-Los Angeles, point de départ de la série télévisée.

L’univers de LOST propose par la suite, à l’issue de la quatrième saison, une série de 13 mobisodes intitulés Missing Pieces, diffusés uniquement sur les téléphones portables aux États-Unis, à une fréquence d’un épisode par semaine pendant treize semaines avant le début de la saison.

Abrams prône une certaine écriture à l’instinct, privilégiant le plaisir de surprendre, parfois au détriment de la cohérence globale.

« Ce n’est pas la fin qui compte, mais l’expérience que l’on vit. Quand des fans de Lost me demandent comment ça se termine, je leur dis  : “Vous voulez vraiment savoir ? OK, je vais vous raconter.” Et aussitôt, ils se mettent à hurler pour que je ne leur gâche pas leur plaisir », dit-til.

LOST s’assume donc pleinement comme une œuvre inachevée en perpétuelle mutation, auquel l’interprétation du spectateur constitue un important élément de l’écriture. (Lire la suite…)



Place au « Transmedia Planning » ?? (crossmedia + brand content ?)

Par Morgan Bouchet • 8 fév, 2010 • Catégorie: Marketing & Economie
 

transmedia planningJe savais mes amis des agences intéressés par cette culture narrative que propose le Transmedia de Henry Jenkins, mais pas jusqu’au point d’imaginer un planner Transmedia (beau métier :-))

Mais au fait parlons-nous bien du « Transmedia » ? ou d’un amalgame à l’image du brand  et branded content ?
En tous cas ca va dans le bon sens !

Très bon éclaircissement ici




Le Media Club invite vos projets au MIPTV

Par christophe cluzel • 3 fév, 2010 • Catégorie: Evenements
 

mediaclubLe Media Club s’associe une nouvelle fois à Content 360, la compétition internationale sur les projets cross-média organisée lors du MIPTV. Ce concours à pour objectif de développer l’audience sur les plateformes numériques.

Lors d’une séance les projets auront l’opportunité de pitcher leur dossier devant des professionnels de l’industrie des media et peut-être d’accéder à un financement exceptionnel. Selon les différentes catégories développées ci-dessous certain projets recevront un financement depuis un fonds d’aide au développement.

Les finalistes de ce concours seront invités, à défendre leur projet à l’occasion du MIPTV.

Les projets sont invités, gratuitement, avant le 15 février, à présenter leur dossier au media club selon les catégories suivantes:

  • Catégorie MIPTV / Contenu 360° : «Prix du concept (contenu/technique) dans l’implication d’une audience de masse »
  • Commission Européenne : «Prix de la vidéo combinant archives -vidéo en ligne- et contenu généré par l’utilisateur (UGC)»
  • Korea Communication : «Prix du contenu transmedia à destination des enfants, à savoir l’usage combiné de la télévision et d’internet»
  • National Film Board of Canada : «Meilleure interface de présentation d’une offre vidéo en ligne»
  • TF1 publicité : «Meilleur formats publicitaire dans le contexte des nouveaux supports»

Suivez ce lien pour vous inscrire http://www.miptv.com/content360

Bonne chance à tous

The Media Club invites your projects to the MIPTV

By Christophe Cluzel. Feb 3rd 2010. Category: Events

The Media Club is renewing its association with Content 360 and the international competition on cross-media organized by MIPTV. This contest’s goal is to develop audiences for digital platforms.

During a session, the candidates will have the opportunity of pitching their projects in front of media industry professionals and maybe even getting access to exceptional financing. Depending on the different categories mentioned below, some projects will receive financing from a development help fund.

The finalists will be invited to defend their project during the MIPTV.

The candidates are invited to present their projects for free before February 15th to the Media Club in the following categories:

- MIPTV Category/ 360 Content: “Concept Prize (content/technical) for the implication of a mass audience”

- European Commission: “Prize for a video combining archives – online video- and user generated content (UGC)”

- Korea Communication: “Transmedia content prize for children, combining the use of television and the Internet”

- National Film Board of Canada: “Best Interface for presenting an online video offer”

- TF1 Advertising: “Best advertising format in the context of the new media”.

You can follow this link to register: http://www.miptv.com/content360

Good luck to all



Derniers jours pour participer aux ateliers Orange de la création

Par Olivier Godest • 2 fév, 2010 • Catégorie: Production et évènements
 

ateliers-ptDerniers jours pour participer aux ateliers orange de la créationPetit rappel pour tous nos amis producteurs, vous avez jusqu’au 07 février pour déposer vos dossiers et participer aux ateliers orange de la création.

Ce concours destiné à tous les entrepreneurs, débutants ou confirmés, a pour but de favoriser la création Transmedia, une belle initiative complémentaire des champs d’investigation du Transmedia Lab.
Pour être éligible votre concept doit être basé sur un contenu déclinable sur au moins deux médias (dont le mobile et le web), pour ces deux médias il sera nécessaire de développer des formats courts inférieurs à 4 minutes. (Lire la suite…)


La « nouvelle vague » transmedia 2010

Par Nicolas Bry • 30 jan, 2010 • Catégorie: Production et évènements, Technologies & Communautés 2.0, Usages
 

oeilC’est le dernier jour pour vous souhaiter à tous une superbe année 2010, sous le signe de la transversalité et du transmedia !

2009 aura vu de nouvelles modifications du paysage numérique, voici quelques notes non exhaustives :

  • l’émergence de la 3D avec le succès mondial d’Avatar et l’omniprésence des équipements 3D au CES de Las Vegas
  • l’évolution extrêmement rapide de l’Internet mobile avec plus de 3 milliards d’applications iphone téléchargées en 18 mois : une croissance d’usage sans précédent que la compétition d’Android et du Google Nexus One ne devrait que renforcer
  • l’avènement de l’Internet sur la Télévision avec les offres nombreuses de TV connectés (dont Orange et LG) et les décodeurs de nouvelle génération mixant Internet et Télévision comme l’Orange box
  • l’explosion du trafic vidéo sur Internet : la vidéo est devenue la première source de trafic; la bande passante n’est pas gratuite pour les sites de vidéo en ligne qui se positionnent sur des services payants (Youtube et Hulu)
  • l’augmentation des dépenses de publicité sur Internet : le UK est le premier pays à avoir vu Internet dépasser la Télévision avec la somme record de 1,75 milliard de £ sur S1 2009; Dominique Delport d’Havas Digital l’affirme : « Internet est devenu la colonne vertébrale de toute stratégie media et non un silôt à part « 
  • la fréquentation en croissance de 5% des salles de cinéma françaises soit plus de 200 millions d’entrées et ce en dépit du piratage; le box office américain a atteint les 10,6 miliards de $, un record, grâce à Avatar et la 3D qui amène une augmentation du ticket d’environ 2 €; 600 films ont été produits aux USA ce qui proportionnellement aux 200 films français produits est une reconnaissance de l’activité de création française
  • quelques chiffres stupéfiants en provenance d’Asie : il s’ouvre un multiplex par jour en Inde et en Chine, la fréquentation atteint les 5 miliards d’entrée en Chine pour 1,5 milliard aux USA …
  • le prix de 10 000 € pour une caméra HD qui permet de tourner un film projetable en salle (Lire la suite…)


Convergence culturelle Partie 3

Par David Peyron • 26 jan, 2010 • Catégorie: Usages
 

essaiTroisième partie : Transmedia et cross media

On peut faire quasiment les mêmes reproches à une autre expression très à la mode aujourd’hui, celle de « cross-media ». Cela désigne les croisements entre supports qui permettent de suivre des univers de manière multimédiatique. C’est ce que Jenkins nomme le « world making » dans le domaine de la fiction. Cette notion est encore plus biaisée que la précédente pour deux raisons.

Tout d’abord cross-media, est une expression qui renvoie uniquement à la dispersion des informations (publicitaires, fictionnelles), mais dans le cadre du concept de convergence, cette pratique n’est que la partie émergée de l’iceberg de la convergence. Comme , cela exclut le public, mais est évacué aussi tout le système référentiel dont fourmille la culture de masse et qui ne passe pas forcément par des développements multimédiatiques d’objets. Cela n’est pas du cross-media, mais sans ces liens, ces sillons creusés et entretenus, ce dernier n’aurait pas été possible. (Lire la suite…)



Convergence culturelle Partie 2

Par David Peyron • 19 jan, 2010 • Catégorie: Usages
 

deuxième partie :  Transmedia et declinaison

Médiamorphoses hors série séries téléviséesD’autres concepts sont utilisés pour caractériser ce phénomène, mais à mon sens ils n’en rendent compte que partiellement. Certains parlent ainsi d’intermédialité, c’est le cas par exemple de Stefanelli et Maigret[1]. Ils analysent le lien croissant entre certaines séries télévisées et les comics, notamment Lost et Heroes, comme une preuve de l’intermédialité croissante de l’industrie culturelle. Pour eux, comme pour Jenkins, si ce processus est né dans certaines branches sous-culturelles des mass medias, il se renforce chaque jour un peu plus.

Ce concept rend donc bien compte de la construction actuelle de certains objets culturels. Et en effet, comment juger autrement l’inspiration narrative flagrante des comic books américains sur une série comme Lost ? Et la manière dont elle est déclinée sur de multiples médias en fait un exemple de « world making » réussi.

Cependant, le concept d’intermédialité, s’il est opératoire sur le plan de l’analyse narrative, et s’il met bien en exergue le double mouvement d’intertextualité transmédiatique et de récits eux-mêmes dispersés sur plusieurs supports[2], oblitère le deuxième volet du concept. En effet, nous sommes là dans une perspective interne, or l’avantage du concept de Jenkins est qu’il contient un volet social, celui du public, depuis le grand public qui n’accèdera qu’à un des volets de l’œuvre au fan assidu qui collectionnera toutes les extensions et en repérera  l’intertextualité. (Lire la suite…)



Brand(ed) Content et financement de projets Transmedia

Par Olivier Godest • 13 jan, 2010 • Catégorie: Marketing & Economie
 

serie Laura_Elite

Le Transmedia est un format innovant qui nous transporte vers de nombreux horizons à explorer : nouveaux formats, nouvelles façons de raconter des histoires, nouvelles façon de consommer les médias, nouvelles relations entre les acteurs de l’audiovisuel…

Le financement de ces projets multi-écrans est aussi un sujet d’avenir important, qui trouvera peut-être, tout ou partie de sa solution dans le Brand ou le Branded Content. Quelle est la différence entre Brand et Branded Content ? Pour reprendre les définitions de Daniel Bô  dans son livre « Brand Content »

-       Le Brand Content est « un contenu éditorial crée ou largement influencé par une marque. La marque est éditeur, finance, et fabrique le contenu à partir de son propre fonds »

-       Le Branded Content est un « contenu éditorial parrainé ou soutenu par une marque. Le contenu peut exister sans la marque »

Longtemps l’association d’un projet audiovisuel avec une marque a pu susciter des interrogations, ou des inquiétudes, notamment concernant la perte de liberté des auteurs dans leurs processus de création. Mais finalement, ne serait-il pas pertinent pour les créateurs de contenus transmedia, pour les marques, pour les agences de communication, et pour l’ensemble des acteurs du secteur de travailler ensemble ? Chacun a à y gagner, circulation des audiences et multiplicité des leviers marketing pour l’annonceur, nouvelles sources d’opérations media et hors-média pour les agences,  financement de la création pour les auteurs et les producteurs, programmes plus économiques pour les diffuseurs, émerveillement de l’expérience transmedia les spectateurs. (Lire la suite…)



Raconter une histoire est un acte de nature magique.

Par Nowis Ankara • 7 jan, 2010 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

magic_bookTout récit produit un effet sur son public. Qu’une audience écoute, et voilà son univers mental reconfiguré, et par ricochet, son action sur le monde modifiée.

Au commencement était le verbe. Le monde n’est plus le même dès qu’on commence à le raconter. Tout conteur impulse ainsi nécessairement un processus de transformation au sein de la réalité. On parle bien là d’un phénomène d’ordre magique: l’action de l’esprit sur la matière: Une histoire racontée est comme une pierre lancée dans un plan d’eau: elle génère des ondes de surface. Les techniques de storytelling visent en fait à acquérir une parfaite maîtrise de ces ondes. L’humanité est un grand tissu solidaire qu’il s’agit d’apprendre à faire vibrer. Aujourd’hui, la démultiplication des écrans et des espaces narratifs est à l’origine d’un bombardement constant de la surface de notre réalité. D’innombrables ondes d’intensités et de longueurs variables entrent en sympathie pour créer des vagues plus grosses et des creux plus importants, d’autres encore viennent à s’annuler. Mais de manière générale, l’environnement médiatique bruisse. Et le conteur doit dépenser beaucoup d’énergie pour se prémunir des interférences et acquérir une résonance significative. Mission de plus en plus compliquée. De cet état chaotique, seul le conteur transmédia peut aujourd’hui véritablement tirer partie. Les énormes quantités d’énergie narrative qu’il se retrouve à manier peuvent être agencées, articulées pour donner aux univers transmédias une puissance phénoménale, une capacité à accomplir l’impensable: rien de moins que prendre vie.

(Lire la suite…)



Le business model du transmedia

Par Nicolas Bry • 21 déc, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie, Production et évènements
 

businessLe business model du transmedia se dessine en France en 2009.

Pourquoi en France ? Parce qu’aux Etats-Unis,  la conviction est devenue réalité :

  • les exemples cités dans nos posts, Matrix, Heroes, Dark Knight, Lost sont des productions américaines
  • HBO la chaînes payante aux contenus recherchés, dispose déjà d’une entité transmedia travaillant en amont sur le développement des histoires
  • les productions d’Hollywood remontent dans le poste amont de la production le budget cross media qui était auparavant affecté au marketing nous dit Jeff Gomez
  • le MIT crée un centre de la narration du futur doté de 25 m$ (Center for Future Storytelling)
  • Avatar la nouvelle production de James Cameron dont l’enjeu est majeur car représentant une étape décisive pour le film en 3D, s’inscrit dans un univers transmedia dont l’opus jeu vidéo conçu par Ubisoft, aussi impliqué dans les effets spéciaux du film,  est sorti quelques semaines avant le film
  • et le transmedia atteint à présent la TV réalité avec If I can dream : « 19 Entertainment propose une émission diffusée sur Internet dont les candidats seront choisis sur Myspace, il s’agira de cinq artistes en herbes désireux de percer à Hollywood, les internautes pourront interagir en temps réel à l’aide de Myspace, Twitter, Facebook, mais aussi par SMS et par l’intermédiaire de blogs; la plate-forme vidéo Hulu diffusera une émission hebdomadaire récapitulant les évènements de la semaine. »

Il faut dire que la TV réalité se prête particulièrement bien à la participation et touche une cible familière du multi-écrans. Transmedia et TV réalité, le prochain modèle gagnant ? (Lire la suite…)



Convergence culturelle

Par David Peyron • 16 déc, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia, Usages
 

Première partie : Transmedia et création univers

Je vais présenter ici le processus de convergence culturelle, concept forgé par le chercheur américain Henry Jenkins[1], ses conséquences pour l’industrie culturelle et plus particulièrement comment on le retrouve dans le domaine du jeu vidéo.

Commençons donc par une première définition du concept. La convergence culturelle est un processus d’évolution industriel et social qui désigne des liens grandissants entre les médias et la capacité grandissante des consommateurs à appréhender ces interactions multimédiatiques. Ce concept est donc divisé en deux grands volets selon une dichotomie classique des réflexions sociologiques sur la culture : production et réception.

matrix2Le premier, est le fait que les producteurs d’œuvres, les industries culturelles et les auteurs eux-mêmes facilitent le passage entre médias, entre supports. Ceci en créant des oeuvres très référencées, transtextuelles, en s’inspirant des modes de narration, des thèmes et de la forme d’autres médias, et en envisageant souvent leur création comme un tout, un monde multimédiatique. L’exemple le plus fort est celui de Matrix qui n’a pas été conçu comme un film mais comme un monde fantastique transmédiatique, saturé de références à l’histoire du genre et dans lequel le jeu vidéo apporte autant d’éléments à l’histoire que les films, que la série de comics, ou que les courts métrages d’animation sortis à la suite. Ce sous phénomène d’œuvres multimédiatiques, conçues ainsi dès le départ est nommé par Jenkins « world making ». Le contexte de production de l’œuvre est donc assez spécifique et cela va influer sur celui de la réception.

En effet, le second volet interdépendant et symétrique est que pour appréhender, et saisir pleinement ce phénomène, il faut un public particulier, un public attentif, méticuleux, bref des fans qui ont un rapport de culte avec les œuvres. Dans le cadre de la convergence culturelle, le grand public peut avoir accès, comme c’est le cas pour Matrix, à tous les éléments mais, seul le fan multimédiatique assidu s’échinera à tous les rassembler et saisira toute l’intertextualité transmédiatique présente. C’est aussi la culture du public de niche, des diverses lectures et interprétations d’une même œuvre en fonction du fait de déceler ou non à quelle intertextualité elle fait appel et d’aller vers ses éventuelles déclinaisons. La culture de la convergence c’est aussi, on le verra, un public de plus en plus participatif et dont le rapport à l’œuvre sera aussi déterminé par le degré d’engagement vis-à-vis de l’objet. (Lire la suite…)



Quand les œuvres deviennent des Univers !

Par Jean-Yves Le Moine • 11 déc, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

superman

De nombreuses œuvres notamment hollywoodiennes sont des œuvres très référencées, qui s’inspirent des modes de narrations, des thèmes, des personnages d’autres medias. Ces référencements croisés transcendent le film, le livre, la série TV en un monde, un univers sémantique, que nous avons appelé dans un autre post le metaverse.

Une œuvre transmedia, par sa forme littéralement « multi » media, par la nouvelle relation qu’elle induit avec un spectateur, appelé à être plus actif, par son déroulement dans le temps et dans l’espace, doit déployer un univers avec des règles propres, claires et définies. Un tel univers, à l’image du nôtre, permettra au spectateur de vivre, mais de vivre avec d’autres règles d’autres références, d’autres idéaux. Si cet univers fait appel à des références suffisamment fortes et connues pour fédérer une communauté, alors ce groupe de fans, enrichira cet univers, le mettant en expansion, et le rendant ainsi visible au plus grand nombre.

(Lire la suite…)



L’art et la manière

Par Jean-Yves Le Moine • 9 déc, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

orson-wellesLa conception d’une histoire transmedia démarre d’abord à partir d’une histoire, d’une bonne histoire. Mais il n’y a pas que l’histoire, il y a l’univers, il y a aussi la manière dont l’histoire va se développer dans le temps et dans les medias, « contrôlée » ou pas par le créateur.

Avec la même histoire, un merveilleux conteur peut vous tenir en haleine une heure entière quand votre meilleur ami vous endormira en cinq minutes.

Quand on conçoit une histoire transmedia, la manière de la raconter, la mise en scène de l’histoire dans le temps et dans l’espace font partie intégrante de l’histoire. L’utilisation de tel ou tel support pour raconter telle partie de l’histoire, le résultat des contributions du public  réintégré dans telle partie de l’émission TV, l’ARG, partie intégrante du film, il y a moult manières de faire, mais cette monstration de l’histoire en est un élément constitutif.

De la même façon, quand on raconte une histoire au cinéma, la position de la caméra, l’écriture, le montage font partie de l’histoire. D’un Orson Welles à un Max Pecas, la manière de raconter les histoires mais aussi les thèmes abordés et leurs profondeurs varient.

Une histoire transmedia comporte d’autres éléments structurants qu’une caméra et qu’un art du montage consommé ; la façon dont le spectateur va appréhender le contenu, sur quels medias, à quelle heure, dans quelles conditions, tous ces éléments entrent en compte. Certains sont contrôlables dans une certaine mesure par le créateur transmedia, d’autre non. (Lire la suite…)



Le narrativium partie 2: structure moléculaire

Par Anne Larroque • 2 déc, 2009 • Catégorie: Usages
 

world_warcraftObservons un instant la structure moléculaire du narrativium. Par nature et de tout temps, il est resté fini et linéraire. Ça signifie qu’il a un début et une fin. Les jargonneurs à plume (ou à clavier) appellent ça l’incident déclencheur et la résolution, mais ça revient au même: un début et une fin. Il y a bien quelques formes qui essayent d’escamoter l’un ou l’autre (voire les deux), mais ça ne prend pas bien et ça pousse mal, l’amateur de narrativium se sent floué. Entre les deux, entre le début et la fin, il y a une autre truc nébuleux qu’on appelle l’enjeu. C’est lui qui maintient le fil tendu, et surtout qui maintient l’amateur (le « VUP »: viewer/user/player en jargon dans le texte*) en équilibre sur le fil, ou accroché au fil, c’est comme il veut. L’Enjeu est donc fondamental, sans lui, le VUP lâche et c’est fâcheux.

De quoi est fait l’enjeu? Principalement (et toujours pour résumer) de questions: quoi? qui? où? comment? quand? pourquoi? comment? pour quoi? pour aller où? comment? avec qui? et encore comment? etc. De questions qui appellent des réponses bien sûr, sinon c’est pas la peine de les poser, le VUP le fait très bien tout seul; si on l’embarque sur un bateau, il veut qu’on l’emmène quelque part le VUP, tourner en rond il sait faire et n’a pas besoin de nous pour ça, merci. L’enjeu, c’est, comment dire?, comme un sorte de nuage d’électrons dont toute l’énergie gravite autour d’un noyau: le personnage, voire mieux encore, toute une famille de personnages, toute une société de personnages!.. Et il se trouve que ces personnages ressemblent étrangement au VUP, sous divers déguisements ou apparences, qu’il s’agisse de l’ours ou l’éléphant de « Earth » (Fothergill & Linfield), de la reine des Aliens ou des mages et autres guerriers de WOW. (Lire la suite…)



Heroes

Par Jean-Yves Le Moine • 25 nov, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

heroes serieHeroes est bien plus qu’une simple série télé. Selon Jesse Alexander, son producteur exécutif, mais aussi celui d’Alias et de Lost, : « Heroes a toujours été pensé comme un concept transmedia. Cette série fait partie intégrante du paysage transmedia et les techniques scénaristiques utilisées sont très proches de celle du jeu vidéo. »

Aujourd’hui, Heroes est non seulement une série TV, mais aussi deux ARG, une version web interactive, des BD en print, online et sur iPhone, un site de fans officiel et un site non officiel, un site autour de la société mystérieuse au centre de l’histoire : Pinehearst, et un site promouvant la campagne pour les sénatoriales de Nathan Petrelli, et… bien d’autres choses encore développées par tous les fans.

graficnovelheroesLe concept d’Heroes a été incarné par  son concepteur Tim Kring, il a su et pu développer librement ses idées sans subir aucune contrainte de la part de NBC. Le network s’est rendu à son enthousiasme, partagé par toute son équipe. Heroes est écrit par une équipe d’une douzaine de scénaristes, c’est une vraie création collective, chaque histoire, chaque épisode est écrit de manière collaborative. Par contre chaque personnage est développé par un auteur défini sur plusieurs épisodes. Lors de la mise en commun de toutes ces micro-histoires se forme collectivement l’épisode, finalisé selon un mode itératif. Selon les producteurs exécutifs de Heroes, ce mode opératoire est bien plus performant pour une série, qu’un mode à un auteur par épisode, où chacun suivrait la bible du créateur de la série. Cela permet en outre une réactivité sans égale, bien pratique pour éviter les impasses dont une équipe « traditionnelle » met souvent longtemps à sortir. (Lire la suite…)



Workshop Transmedia, une première !

Par Nicolas Bry • 19 nov, 2009 • Catégorie: Evenements
 

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Le premier workshop d’accompagnement des 5 lauréats de l’appel d’air transmedia a eu lieu le 4 Novembre. Y participaient les équipes des cinq projets lauréats, des intervenants experts invités par le TM Lab, des transmediaphiles de la première heure (producteurs, scénaristes, chaînes TV, agence web, … ayant déjà suivi le barcamp), curieux d’approfondir et prêts à apporter leur soutien aux projets.

Article presse

De l’avis de tous, ce fût un succès, un temps fort dans notre développement. A la fois dans la qualité des projets et des interventions, dans la liberté de ton, l’esprit créatif et l’envie de construire ensemble qui se sont imposés. Bénédicte Lesage de Mascaret nous écrit à ce propos ce mot qui vaut toutes les récompenses: « Merci encore pour la qualité de la journée d’hier où étaient réunis la créativité, la compétence, et l’appétence dans les programmes transmédias. Une superbe opportunité pour nous tous de réinventer de nouvelles manières de raconter les histoires, d’autres histoires. »

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Après un échange le matin entre les 5 projets au travers d’un pitch et d’une série de questions réponses, qui a permis à chaque projet de s’enrichir du regard des autres, l’après-midi a été consacrée à une immersion transmedia avec les interventions suivantes :

- Sociologie des usages audiovisuels (Fabien Granjon, Orange Lab)

- ARG (Michel Reilhac, Arte; Julien Aubert, Fais moi jouer)

- Storytelling transmedia (Transmedia Lab)

- Transmedia Web : zoom sur un site Web, Gaza Sderot (Upian)

- Transmedia Mobile : opportunités Mobile pour du transmedia (Esther Adler, Orange Lab)

- Développement d’une communauté numérique autour d’un contenu (Charles Liebert, Orange Vallée) (Lire la suite…)



Evenement Pixel au Forum des Images !

Par Nicolas Bry • 17 nov, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

pixel

L’arrivée de l’ère numérique bouleverse la création artistique  et  les modes de consommation des spectateurs. Les professionnels  peuvent tirer parti de nouveaux médias et technologies  en se plaçant dans la perspective  d’ usages  qui évoluent, de générations qui modifient leurs comportements  et de nouvelles problématiques  pour conquérir les audiences .

Arte, afin répondre à ces nouveaux enjeux, organise le Jeudi 3 décembre 2009 au Forum des Images, un cycle de conférence intitulé PIXEL, en écho à la manifestation anglaise Power to the Pixel dont le succès croît d’année en année. Cette journée sera l’occasion d’entendre des professionnels venus du monde entier parler des nouveaux modèles qu’ils ont mis en œuvre  pour leurs productions (création et distribution) .  L’ensemble de la profession et les nouveaux acteurs du marché pourront réfléchir à de nouvelles voies d’inspiration innovantes.

Pour plus d’information vous pouvez consulter le programme à l’adresse suivante : www.arte.tv/pixel



Le narrativium partie 1: le propre du singe-conteur

Par Anne Larroque • 16 nov, 2009 • Catégorie: Usages
 

AfricanStorytellerLe célèbre paléontologue Stephen Jay Gould définissait l’homme comme « le primate qui raconte des histoires ». Terry Pratchett, l’humoriste anglais inventeur de l’irrésistible « disque-monde », estime que le terme « homo sapiens » est une sur-promesse (la sagesse n’étant pas notre caractéristique la plus manifeste!) et qu’en réalité l’homme est un « pan narrans »  - un « singe conteur ».

science-disque-monde

Sur le Disque-Monde de Pratchett où les concepts sont « réifiés » (ainsi il y a un petit dieu des trous dans les chaussettes et un autre des tiroirs qui se coincent, qui assurément ne sévissent pas que sur le Disque-Monde), il existe une substance élémentaire qui s’appelle le « narrativium ». Le « narrativium » préside à l’histoire de l’homme comme la carbone préside à la vie. Pour prendre un exemple concret, si nous sommes allés sur la lune en 69 à bord d’un obus évidé lancé depuis la Floride, c’est parce que nous nous racontions des histoires sur la Lune depuis des millénaires et que Jules Vernes nous a fort aimablement suggéré de tirer un obus évidé depuis la Floride. Sinon, pourquoi diable serions-nous allés nous baguenauder sur ce caillou désert qu’on voit aussi bien d’ici ? Les auteurs de SF nous l’avaient bien dit, il n’y avait pas de Martiens sur la Lune de toute façon. Sans le narrativium donc, pas de grand pas pour l’humanité ni de petit pas pour l’homme. (Lire la suite…)



De l’éclectisme

Par Fabien Granjon • 8 nov, 2009 • Catégorie: Usages
 

olivier donnatLe butinage que nous évoquions dans notre dernier post est sans doute à mettre en regard d’un autre phénomène, celui de l’éclectisme culturel. La thèse de l’éclectisme culturel peut être considérée comme la déclinaison française des analyses nord-américaines conduisant à l’identification de l’omnivorisme. Pour Richard Peterson, à qui l’on doit sans doute les premières analyses importantes du phénomène, l’omnivorisme se réfère au passage du « snobisme intellectuel [qui] repose sur la glorification des arts et le dédain des divertissements populaires, [à un] capital culturel qui apparaît de plus en plus comme une aptitude à apprécier l’esthétisme différent d’une vaste gamme de formes culturelles variées qui englobent non seulement les arts, mais aussi tout un éventail d’expressions populaires et folkloriques ». En France, ce sont les analyses de l’enquête sur les pratiques culturelles des Français menées par Olivier Donnat (les résultats de la dernière vague d’enquêtes devraient nous être livrés sous peu) qui on souligné, dès le début des années 90, cette tendance à l’hybridation des espaces culturels individuels. La notion entend alors qualifier des pratiques où s’observent des formes d’intrication entre certains contenus bénéficiant d’une forte légitimité dans les hiérarchies culturelles « dominantes » et d’autres qui en sont a priori dépourvus.

Si un vaste ensemble de travaux atteste aujourd’hui du phénomène, il existe toutefois deux lignes d’analyse qui tendent à s’opposer quant à la mesure de son étendue. Selon la première, il est considéré que, grosso modo, le panachage des répertoires culturels est surtout le fait des classes dominantes et cultivées (la tolérance esthétique comme nouvelle norme de bon goût), tandis que les fractions sociales inférieures et moins diplômées resteraient enfermées dans des répertoires plus circonscrits et homogènes, marqués par des goûts consonants peu légitimes. Dans cette perspective, Olivier Donnat, affirme que cette mise sous tension du modèle de la « haute culture » et le renouvellement des mécanismes de consécration et de légitimation qui lui sont liés résulterait en grande partie du développement de la culture de masse et plus spécifiquement de la « culture des écrans ». (Lire la suite…)



Comment devenir le réalisateur d’un blockbuster !

Par Christophe Cluzel & Olivier Godest • 2 nov, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

guerre«Soyez Sympa Rembobinez» le film de Michel Gondry annonçait la couleur. Maintenant c’est à nous spectateur de passer derrière la caméra.

Voici une initiative  inédite  proposée par Casey Pugh – un technologistioner, movie maker de Vimeo -  à tous les fans de l’univers galactique. Cet internaute a mis en place une plate-forme collaborative intitulée Star Wars Uncut sur laquelle l’objectif est de re visiter  les scènes d’un film culte : Star Wars : La guerre des Etoiles et de les filmer de façon réaliste ou totalement déjantée.

Le principe est simple : le film  épisode IV de Star Wars  est découpé en 2036 scènes de 15 secondes, n’importe qui peut choisir entre une et trois scènes  à retravailler. Une fois choisies, le nouveau metteur en scène a carte blanche pour offrir une nouvelle approche cinématographique de l’instant choisi. Une fois remontées et uploadées  toutes les  nouvelles scènes re-filmées, c’est  un nouveau film entièrement crée par une communauté de fans  qui  verra le jour  sur le site Star Wars Uncut . (Lire la suite…)



Transmedia, le buzz word de 2010 ?

Par Nicolas Bry • 1 nov, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

C’est le titre d’un post de Sven Larsen sur le blog Frombogotawithlove.com, un blog de réflexion à découvrir sur l’innovation numérique : il a été créé par Zemoga une société avant-gardiste dans la création de nouvelles expériences interactives immersives.

Après avoir rappelé la définition du transmedia au travers de celle donnée par Henri Jenkins (« storytelling across multiple forms of media with each element making distinctive contributions to a viewer/user/player’s understanding of the story world »), Sven exprime sa conviction : si le transmédia a commencé par le monde du divertissement (entertainement), il touchera dans les prochaines années tous les aspects du marketing et de la publicité.

Car les multiples plates-formes de communication entrainent une démultiplication des messages pour toucher les gens là où ils sont (« soyez présents là où sont les gens, soyez transmedia !» écrivions nous récemment). Et si la communication de marque est la narration d’une histoire (storytelling), alors c’est une question de bon sens que d’utiliser les techniques les plus récentes comme la narration transmedia (transmedia storytelling).

Dans la démarche transmedia, Sven nous rappelle l’importance de la « bible » transmedia chère à Jeff Gomez dont nous avons précédemment évoqué le travail de pionnier dans le transmedia (transmedia future of the business) : il s’agit d’une bible qui rassemble les différents actifs de l’univers et ses lois,  et permet à des  créateurs de développer des ramifications sur de nouveaux médias sans détériorer l’identité de l’histoire. Sven Larsen compare cette bible au travail qui est fait sur l’identité et le territoire d’une marque (brand guidelines), la définition de sa légitimité. (Lire la suite…)



Fidéliser, alerter, immerger !

Par Fabien Granjon • 28 oct, 2009 • Catégorie: Usages
 

Dans un récent article, Dominique Boullier fait l’hypothèse de l’émergence d’un nouveau mode de production de l’attention qui, nous dit-il, « est en voie de prendre une place considérable dans notre Marioculture ». Ce nouveau régime de mobilisation des individus dans des pratiques médiatiques trouverait son expression la plus évidente dans les jeux vidéo qui sont aujourd’hui les seuls dispositifs en mesure de générer des durées d’attention particulièrement longues tout en arrivant à maintenir une intensité d’expérience exceptionnelle élevée. Ce nouveau format sémiotique, il le qualifie d’immersif. Sa caractéristique principale serait de coupler les deux modèles d’attachement aux médias jusqu’alors en vigueur dans un nouveau cadre de perception ayant comme ressort à la fois la durée et l’intensité. (Lire la suite…)



Transmedia Lab choisit ses cinq projets lauréats de l’appel d’air transmédia

Par Nicolas Bry • 26 oct, 2009 • Catégorie: Evenements
 

victoire

Le 22 octobre 2009 a eu lieu la sélection finale de l’appel à projets transmédias initié par le Transmedia Lab d’Orange Vallée et consacrant l’émergence d’une nouvelle forme de créativité audiovisuelle, le transmédia. Cette première édition révèle un cru créatif d’une très grande qualité et d’une remarquable diversité.

article ecran copieLes 11 équipes sélectionnées sont venues « pitcher » leur projet devant un jury* diversifié de professionnels de l’audiovisuel et de l’internet. Nous remercions toutes les équipes pour la qualité de leur présentation et de leur préparation à cet exercice délicat. A l’issue de la journée, le jury a délibéré pour désigner cinq projets lauréats qui se verront accompagnés dans leur démarche de développement.

Cette sélection clôt l’appel d’air transmédia lancé début Juillet par le Transmedia Lab d’Orange. «Les usages du public et des consommateurs changent. Passant naturellement d’un média à un autre, ils suivent leurs univers de contenus favoris sur tous les écrans. Orange souhaite accompagner cette évolution et donner une impulsion pour l’élaboration de programmes nativement transmédias » écrivait Xavier Couture pour lancer cet appel. La participation et les technologies sont sources de nouvelles formes de créations pour les auteurs : « Tenez-vous prêts les technologues, les créatifs sont de retour ! ». Transmedia Lab a cette vocation et l’objectif était de créer l’étincelle créatrice avec l’appel à projets transmédias. (Lire la suite…)



Transmédia et Radio !

Par Marc Guidoni • 25 oct, 2009 • Catégorie: Usages
 

radioDire quelques mots du média radio… Le transmédia y a aussi sa place, depuis 1938…

La radio… Un média envoutant, démoniaque… Souvent capable de nous faire décoller de notre réalité mieux que les médias véhiculant des images ‘prétextes’… La radio sait nous transporter dans des univers tellement réels qu’on en est souvent troublés… Soyons honnêtes : qui enfant n’a pas caché son petit récepteur (de mon temps on disait transistor…) sous son oreiller pour écouter un programme dans le noir à l’insu de ses parents… Si ce n’est pas de l’immersif ça…

Exagération ?… Certainement pas…

Souvenons-nous de ‘La guerre des mondes’ mise en ondes par le Mercury Theater in The Air d’Orson Welles en octobre 1938 (http://www.mercurytheatre.info)…

Célébrissime moment dans l’histoire de la radio, des médias en général, mais au delà, de

l’Histoire du XXème siècle. Est-il besoin de rappeler ce qui s’est passé ?… (Lire la suite…)



Quelques réflexions sur les jeunes et les contenus transmedia

Par Marc Guidoni • 21 oct, 2009 • Catégorie: Usages
 

Il me semble intéressant de se pencher sur une étude publiée début juillet par Morgan Stanley. Merci à la journaliste du Monde Cécile Ducourtieux d’avoir attiré notre attention sur cette étude dans ses papiers du 4/8 dernier : « Traitant de la consommation des médias par les adolescents, elle a été en grande partie rédigée par un garçon de 15 ans à partir de ses propres habitudes et de celles de ses copains. L’étude a fait le tour du monde et la banque a reçu un déluge de courriels d’investisseurs, ravis d’en savoir plus sur une population qui n’a pas souvent la parole, mais constitue l’avant-garde de la révolution technologique. »

Elle est téléchargeable ici

Une telle photographie, même si elle ne ressort pas d’un échantillon statistique conventionnel mais de la perception d’un seul adolescent de 15 ans est particulièrement enrichissante pour se projeter dans l’avenir de la consommation des contenus et notamment transmedia.

teenager_media_consumption

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Pourquoi le cube me fait tourner en rond (HBO Le Cube)

Par Nicolas Bry • 15 oct, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie, Storytelling Transmédia
 

cube

Evidemment, si je tourne en rond, c’est de plaisir ! Remercions HBO pour la créativité de ses équipes.

HBO Le Cube, ce n’est pas du transmédia, c’est cependant une forme de narration qu’il est intéressant de regarder de plus près : les histoires transmédia pourraient s’approprier avec bonheur certains de ses concepts.

Voici en quelques lignes pourquoi j’aime HBO le Cube :

- pour la richesse des points de vue : le procédé rappelle Queneau (Exercices de style où l’auteur se contraint à écrire 99 fois la même histoire) ou le Quatuor d’Alexandrie (évoqué par Marc dans les commentaires de son post sur Time Code); une même histoire racontée par des personnes différentes devient plusieurs histoires; c’est aussi le résultat lorsqu’on demande un portrait robot à 3 personnes : on obtient trois visages différents ! Avec Le Cube, il s’agit uniquement d’angles de vue différents, la caméra n’est pas subjective … encore que : elle n’est pas sans intention. C’est un concept tout à fait réutilisable pour changer de points de vue entre l’histoire sur le média TV, celle sur le média Web ou sur le média Mobile.

- pour la possibilité de parcours différents : en s’éloignant du cube, on découvre une ramification étendue de parcours possibles; au sein de chaque parcours un ordre logique est proposé, pour le reste, chacun choisit son point d’entrée dans l’histoire. C’est particulièrement réussi ici et adapté au contexte d’usage, on se souvient des différents parcours remarquablement mis en scène de Gaza Sderot

- parce que l’image est le principal véhicule de l’histoire : au sein d’un player immense, avec une quasi absence de dialogues, c’est une histoire « muette » qui se déroule sous nos yeux, seules les images parlent, dans un langage universel

- parce que bien sûr, c’est « quand je veux », avec des formats courts, que je peux cumuler « comme je veux »; en ce moment c’est chaque soir un nouveau rendez-vous avec le Cube ! (Lire la suite…)



L’innovation dans les industries de l’immatériel

Par Marc Guidoni • 14 oct, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Les talents actuels de la création et de la production de contenus ont aujourd’hui besoin d’un signal et de soutiens. Il est en effet extrêmement difficile pour les producteurs indépendants de financer seuls le développement de contenus innovants.

Ceci est malheureusement bien connu de l’ensemble des professionnels tant en France qu’à l’international, et ce quels que soient les médias pour lesquels ils destinent leurs créations : cinéma, télévision, univers ludiques interactifs…

clafornicationLes grands acheteurs et éditeurs de contenus, notamment les chaines de télévision, réclament de l’audace et de l’innovation mais elles donnent peu de moyen pour cela (en ce qui concerne les nouvelles chaînes de la TNT, « France 4 va produire sa première fiction d’ici la fin de l’année et d’autres chaînes comme NRJ12 souhaitent en faire de même d’ici l’année prochaine » nous indique le dernier CR du Club Galiélée du 17 Juin 2009), et  lorsqu’un producteur prend les risques s’autofinancer un gros travail amont d’écriture en espérant qu’un diffuseur l’accompagnera à un moment ou à un autre de cette phase de R&D, bien souvent plus rien ne se passe… (Lire la suite…)



Appel à projets « MEDIA » : Créatifs, à vos crayons !

Par christophe cluzel • 13 oct, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Le 26 septembre dernier MEDIA, un programme de l’Union Européenne destiné à renforcer Sans titre-1et développer en Europe l’industrie cinématographique et audiovisuelle ainsi que les œuvres interactives,  a lancé ses appels à proposition.

Parmi ces appels, le soutien aux œuvres interactives  (REF AAP 21/2009) s’adresse à deux types de projets :

  • Des œuvres interactives pour ordinateur, internet, téléphonie portable, console de jeux et console portable présentant un caractère marqué d’interactivité, de scénarisation et d’innovation.
  • Des nouveaux concepts de formats destinés à la télévision numérique, à l’Internet ou aux terminaux portables dont l’interactivité et les éléments narratifs sont significatifs.

Le montant du soutien est compris entre 10 000 et 60 000 euros (100 000 euros pour les maquettes de jeux pour console et ordinateur) limité à 50 % des coûts de développement.

Les dates limites de soumission des dossiers sont fixées au 27 novembre 2009 pour la 1ère session et au 12 avril 2010 pour la dernière session.

Les informations complètes sur : www.mediafrance.eu/pdf



Dan Hon : le futur du web et de la télévision.

Par Julien Aubert • 13 oct, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Dans le dernier article sur la conférence Game That People publié sur le blog du Transmedia Lab le nom de Dan Hon a été cité plusieurs fois. Le patron de chez Six To Start a sorti récemment sa dernière expérience ludique interactive : Smoke Screen. Cette opération a déjà un grand succès chez les professionnels de l’audiovisuels. On pouvait comprendre que d’autres opérations de ce genre seraient développées dans les prochains mois par des créateurs présents au festival Picnic.

Dan et son frère, Adrian, fondateurs de Sixt To Start, ont de par leur participation au projet Perplex City, jugé comme fondateur de ce genre participé au développement des Jeux en Réalité Alternée. Pourtant, ils n’ont pas choisi de développer des expériences qui respectent les codes des ARG. On a été surpris par la sortie de We Tell Stories pour l’éditeur Pinguin qui innovait en demandant à 6 auteurs d’utiliser des technologies 2.0 (Google Maps, Twitter, blog, livre interactive…) pour raconter des histoires. Plus tard, en découvrant Liberty News pour la série télévisée Spooke 9, on observait que Dan et ses amis souhaitaient développer des expériences qui interagissent avec la télévision.

Il était donc très naturel que lors de notre rencontre à l’entrée de Picnic, nous demandions à Dan sa vision du futur des jeux et des relations entre la télévision et le web.

Dan Hon : la télévision et Internet par Fais Moi Jouer.

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Fais Moi Jouer est le blog de référence sur les ARG (jeux en réalité alternée pour Alternate Reality Games). Il a été créé par Julien Aubert et Thomas Maillioux en 2009 afin de rassembler les joueurs et les créateurs d’expériences nouvelles de jeu dans le but de faire bouger les choses. Nous aimons tout ce qui joue avec les histoires, les lieux ou les nouvelles technologies. Contributeurs, auteurs, réalisateurs, organisateurs d’événements, tout le monde est bienvenu dans l’équipe.



Métaverse (réel / virtuel) et transmédia

Par Jean-Yves Le Moine • 12 oct, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

Le métaverse est un terme complexe, né sous la plume de Neil Stephenson dans son roman «Snow Crash» un des romans cyberpunkinspirateurs avec celui de William Gibson « The Neuromancer » de l’univers des frères Wachowski : « Matrix ». Pour Stephenson, en 1992, le métaverse est un environnement immersif, un monde virtuel en 3 D qui interfère avec le monde réel. Pour ces deux écrivains fondateurs de la littérature cyberpunk, ils existent toute une série de passages entre le monde réel et le monde virtuel, grâce à des objets médiateurs qu’ils soient des ordinateurs, des cyber-prothèses, ou des objets intelligents que Bruce sterling, un autre écrivain cyberpunk nomme aujourd’hui des « spimes ». Pour ces auteurs, une action sur le réel peut modifier le monde virtuel et une action dans le mode virtuel peut modifier notre monde réel.

Depuis, la technologie se déployant, les ponts entre réalité et virtualité n’ont cessé de se multiplier. Aujourd’hui la définition la plus communément admise du métaverse est la convergence entre le monde réel virtuellement augmenté et le monde virtuel physiquement persistant. L’on peut aussi simplement dire que le métaverse englobe ce que nous appelons monde réel et monde virtuel, tout en effaçant toute dualité entre virtuel et réel. On ne peut plus opposer les deux, les rencontres se font aussi bien sur Facebook, qu’au bistrot du coin, on peut travailler avec un collègue situé à l’autre bout du monde. Notre réalité s’est enrichie, on pourrait dire que nous sommes passés d’une schizophrénie dualiste : réel, virtuel, à une monalité plus orientale.

Ce métaverse est le cadre de notre imaginaire aujourd’hui, il sera naturellement le cadre du transmédia. Un cadre qui abolit les dualités, conteur/auditeur, imaginaire/réel, fantasme/réalité, nous/le monde, un cadre qui nous ouvre à l’Autre, en nous et en l’autre. (Lire la suite…)



11 projets en finale de l’appel d’air transmédia !

Par Nicolas Bry • 9 oct, 2009 • Catégorie: Evenements
 

Le 22 octobre 2009 aura lieu la sélection finale de l’appel à projets transmédias initié par le Transmedia Lab d’Orange Vallée. Les 11 équipes viendront présenter leurs projets devant un jury de professionnels de l’audiovisuel et de l’internet. A l’issue de cette journée, jusqu’à cinq projets lauréats se verront accompagnés dans leur démarche de développement.

11 en finale

Revenons un instant sur le contexte de l’appel d’air transmédia lancé début Juillet. «Les usages du public et des consommateurs changent. Passant naturellement d’un média à un autre, ils suivent leurs univers de contenus favoris sur tous les écrans. Orange souhaite accompagner cette évolution et donner une impulsion pour l’élaboration de programmes nativement transmédias » écrit Xavier Couture dans ses posts sur notre blog. La participation et les technologies sont sources de nouvelles formes de créations pour les auteurs : « Tenez-vous prêts les technologues, les créatifs sont de retour ! » . Transmedia Lab a cette vocation et notre objectif était de créer l’étincelle créatrice avec l’appel à projets transmédias.

Le feu s’est allumé, car si j’écrivais 69 au départ, c’est en réalité 72 dossiers qui nous sont parvenus. Si l’on considère les équipes pluridisciplinaires qui se sont formées de 3-4 personnes, c’est au total près de 300 professionnels de la création qui se sont mobilisés sur l’appel d’air transmédia ! Au-delà des chiffres, nous souhaitions partager deux points de satisfaction :
- La qualité des dossiers reçus confirme que le transmédia est source de créativité pour les auteurs. Ceux-ci ont souvent été accompagnés de réalisateurs, producteurs, d’acteurs du web (agences, designers) et du jeu vidéo en équipes pluridisciplinaires. Merci à toutes les équipes pour les projets transmis dans une période estivale délicate.
- Les projets ont couvert une grande diversité de domaines : fiction, documentaire, jeu, évènementiel, pour des cibles d’audiences très variées… avec une mixité des dispositifs : web, mobile, tv, cinéma, jeu vidéo etc prouvant l’ouverture du transmédia à des contextes multiples. (Lire la suite…)



Résumé de la conférence Games That People Play

Par Julien Aubert • 7 oct, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Picnic est un festival qui réunit l’innovation technologique et la création sur un site où fourmillent les expériences et autres installations. Il en résulte une ambiance propice aux bonnes rencontres. Le 24 septembre 2009 à Picnic, la conférence Games That People Play a réuni quatre game-designers d’un autre genre. Flirtant avec la réalité alternée et l’interactivité, les initiatives ci-dessous décrivent en partie le champ des possibles du transmedia.

La conférence commence par quelques citations: «Games are TV Time» et «les jeux nous apprennent que perdre n’est pas si grave et nous initient à la collaboration» (Henry Jenkins).

kevinKevin Slavin,
Nous jouons de plus en plus et la manière dont nous jouons a radicalement changé. Maintenant, les jeux utilisent la ville, des objets mobiles connectés. On joue à des jeux vidéo qui s ‘étendent dans la vraie vie (Rock Band, Wii). Enfin, on joue en mouvement (à pied, à vélo, parc de cabines téléphoniques d’une ville).

Mobzombies, Upside Down On Demand
Mardi Gras est une grande fête à la Nouvelle Orléans. On dit souvent que tout y devient sens dessus dessous (upside down) et un peu apocalyptique, même. Dans Mobzombies, vous êtes poursuivis par des zombies comme pendant Mardi Gras, sauf que tout reste virtuel. Une sorte de Pacman géant. (Lire la suite…)



Festival des 4 Ecrans

Par Marc Guidoni • 5 oct, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Festivla des 4 écrans

Quelques mots sur un autre événement qui plonge ses racines au coeur des mêmes réflexions que celles que nous développons autour du transmédia : il s’agit du Festival Européen des 4 écrans, qui va vivre son édition 2009 du 18 au 29 novembre prochains.

Ce festival célèbre les films européens axés sur le documentaire, qu’ils soient réalisés pour le cinéma, la télévision, le web ou le téléphone mobile. De fait, la substance même de l’évènement est de rapprocher des écrans qui étaient jusqu’alors disjoints et de ne pas faire de différence a priori entre minis, petits, moyens ou grands écrans… Cette ‘non-ségrégation’, première marche du transmédia, mérite d’être saluée… (Lire la suite…)



Baptême de plongée, Time Code

Par Marc Guidoni • 2 oct, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

Quand on tente d’expliquer autour de soi ce qu’est le transmedia, on est généralement titillé par la secrète frustration de ne pas pouvoir dire : regardez tel programme diffusé sur tels médias et vous allez tout de suite comprendre…

Time Code

Time Code

Quand on parle de cinéma en relief, il suffit de conseiller d’aller voir ‘Coraline’…L’expérience est là, seulement éloignée du spectateur d’un ticket de cinéma et d’une paire de lunettes polarisantes…
Le transmedia est d’abord une immersion dans un univers de contenus. C’est aussi difficile à décrire que la plongée sous-marine et la sensation de respiration sous l’eau à quelqu’un qui n’a pas au moins une fois essayé.

Pourtant, un long-métrage existe qui permet de s’approcher de cette sensation immersive. Il s’agit de ‘Time Code’, de Mike Figgis ici.
Le procédé est d’une simplicité biblique : l’écran est séparé horizontalement et verticalement, donnant naissance à 4 sous-écrans de mêmes tailles. Et le spectacle commence… Ce sont alors 4 films en plan-séquence qui se déroulent devant nos yeux. Décor commun : Los Angeles. 4 bandes sons les accompagnent, que l’on entend simultanément.

Ce qui est fascinant, c’est qu’il suffit de quelques minutes pour oublier totalement le dispositif technique et être embarqué dans l’histoire, les 4 histoires en fait, mais dont on comprend très rapidement qu’elles n’en font qu’une. En effet, une légère secousse sismique comme il s’en produit souvent en Californie vient à un moment précis perturber les 4 scènes. Et l’on perçoit alors en une fraction de seconde que tout cet univers narratif est synchronisé… Et petit à petit, des personnages partis d’un quart d’écran vont passer dans les autres, se croiser… (Lire la suite…)



Durée des vidéo et audience Web: questions à 5 Giga et quelques Mo pour ceux qui en savent plus que moi…

Par Anne Larroque • 29 sep, 2009 • Catégorie: Technologies & Communautés 2.0, Usages
 

Je me pose une question toute bête sur les formats vidéo consultés sur le Web et n’arrive pas vraiment à trouver de réponse consensuelle. Si certains d’entre vous ont des réponses ou des chiffres fiables, je les remercie d’avance de bien vouloir m’éclairer…player

J’ai entendu certains dire au barcamp que les seuls formats vidéo efficaces sur le Web sont de très courtes durées, 2 à 3 minutes, 8 à 10 maximum. C’est aussi l’idée que je me faisais jusqu’ici sans me poser plus de questions. Mais j’en suis un peu moins sûre aujourd’hui.
(Lire la suite…)



Pour la fiction française, du transmédia en urgence ?

Par Nicolas Bry • 25 sep, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

Le récent festival de fiction de La Rochelle permet à Bertille OSSEY-WOISARD (AFP) de dresser un constat clair et alarmant : « la moitié du public de la fiction française est âgé de plus de 60 ans et seulement 15% de moins de 35 ans ! » (source NPA). Il y a urgence à « réconcilier le public de moins de 40 ans avec la fiction française. »

Ce n’est pas une fatalité liée au genre fictionnel, car « à l’inverse, la fiction américaine attire beaucoup plus de jeunes (32%) ».festivallarochelle

Les chaînes françaises se mobilisent pour trouver des solutions, : élargissement des genres (fantastique, thriller, aventure), recours au format « séries », séries autres que les classiques polars, raccourcissement à 26′, « voire à quelques minutes pour le web, pour s’adapter aux nouveaux styles de vie, selon les chaînes. » « Mais pour les 15-24 ans, la comédie reste le genre le plus attractif, selon NPA. La diffusion de séries sur internet (web-séries) s’avère essentielle pour attirer certains publics qui ne regardent plus la télévision, estiment Arte et Canal+. »

Le focus n’est mis que sur le web,  en oubliant le mobile, les ARG, le jeu vidéo, la participation et la communauté, … pour toucher les moins de 35 ans, mais c’est déjà un premier pas vers le transmédia.

Avec 69 dossiers déposés à l’appel d’air transmédia,  les auteurs & producteurs sont clairement forces de proposition et ont déjà des choses à dire. Le transmédia leur permet une créativité renforcée, en combinant différents médias, les technologies et les usages propres à chaque média. Il  s’impose aussi au travers d’un constat tout simple : si l’on veut toucher les jeunes générations, il faut être présent sur les médias qu’elles utilisent.

Si les créateurs l’ont compris, si les diffuseurs le perçoivent, il ne reste plus qu’à entraîner les annonceurs et leurs marques : pour être vu, entendu, consommé, soyez présents là où sont les gens, soyez transmédia !

Ramenez les jeunes à la fiction de Bertille Ossey-Woisard



TRUE BLOOD

Par David Tomaszewski • 23 sep, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

La série télévisée TRUE BLOOD, dont la seconde saison se termine ces jours-ci, est une adaptation télévisée d’une série de romans écrite par Charlaine Harris intitulée La Communauté du Sud (Sookie Stackhouse, en anglais, le nom de l’héroïne), par le scénariste oscarisé Alan Ball, la plume derrière American Beauty, et la série télévisée Six Feet Under, monument du petit écran qui a connu 5 saisons magistrales sur HBO, la chaine qui diffuse TRUE BLOOD.

Bien que TRUE BLOOD soit initialement conçue comme une pure série télévisée, elle en est petit à petit venue à proposer d’intéressants contenus sur internet, en en faisant un veritable environnement transmedia, allant bien au-delà du pur marketing viral.

truebloodDans un premier temps, on voit apparaître sur la toile des publicités vendant une nouveau produit sur le marché appelé TRU BLOOD (sans le « E »), une boisson à base de sang synthétique. Le breuvage est d’ailleurs disponible dans tous les groupes sanguins. Bien évidemment, la boisson n’est disponible à la vente que dans l’univers de la série. Faisant figure de bandes annonces, et véritables petit bijoux créatifs, ces mini films publicitaires nous font très vite comprendre qu’il s’agit de vampires, et que la boisson TRU BLOOD est essentiellement destinée à calmer une grande partie de cette population, ces derniers étant jusqu’ici obligés de s’abreuver du sang de pauvres et innocentes victimes en les mordant à leur cou. Ils ont désormais une alternative: (Lire la suite…)



Ramener les jeunes devant la télévision

Par Jean-Yves Le Moine • 22 sep, 2009 • Catégorie: Usages
 

Une des grandes problématiques actuelles de la télévision consiste dans le vieillissement de son audience. Certains de ses détracteurs disent même qu’elle mourra avec ses derniers téléspectateurs. Certes, de nombreux jeunes regardent encore beaucoup la télévision, voire encore trop, aux yeux de certains parents, mais force est de constater que ceux que l’on appelle les « digitale natives » la délaissent de plus en plus. De même les moins de 40 ans ne la regardent absolument pas de la même façon qu’il y a quelques annéesnotv.

Pour les diffuseurs TV, la meilleure manière sinon la seule de s’adapter à ses nouveaux usages a consisté en une offre de catch up TV ! Mais cette seule offre ne peut répondre que très imparfaitement à la désaffection des jeunes classes.

Le transmedia peut être une opportunité importante pour la télévision aujourd’hui. Le web et le mobile sont des medias plus présents dans les usages des jeunes. (Lire la suite…)



Financer les programmes transmedias, et les autres… la situation demain matin

Par Marc Guidoni & Nicolas Bry • 15 sep, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

Volume 1 : la situation aujourd’hui

Volume 2 : la situation demain matin…

Développer et produire des contenus transmedia, ça coûte…

dollarDe la même manière que quand dans le cinéma on est passé du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur, du son stéréo au son 5.1, ou aujourd’hui de l’image traditionnelle au relief, les coûts de fabrication des films augmentent… Ainsi, quand un producteur souhaite développer puis mettre en fabrication un univers nativement transmedia, il devra engager plus de dépenses de R&D que pour un programme classiquement ‘mono-média’ et sans composante participative. (Lire la suite…)



Le griot et la clé à molette

Par Anne Larroque • 14 sep, 2009 • Catégorie: Production et évènements, Storytelling Transmédia
 

asterixTransmedia implique pluridisciplinarité et transversalité, nous dit Jean-Yves Le Moine dans son dernier post. Tout à fait d’accord sur cette nécessité de pluridisciplinarité – donc assurément de curiosité, d’ouverture et de souplesse de la part des futurs acteurs du transmedia, tout autant que de professionnalisme et d’expertise. Agir et penser à la fois en profondeur et en largeur en quelque sorte… Ouch?
Mieux encore: technologues et créatifs doivent œuvrer la main dans la main, ajoute Xavier Couture avec raison. L’alliance improbable du griot et de la clé à molette, du magicien et du technicien, du barde et du forgeron… On se figure Assurancetourix formant un team de choc avec Cétautomatix et l’on sourit déjà, devinant quelque joyeuse confrontation… « épix »! Et pourtant… un créatif peut-il l’être vraiment s’il ne maîtrise pas ses médias, s’il n’est pas un peu technologue? Et un technologue peut-il vraiment aller au bout de sa vision s’il ne la transforme pas, s’il n’est pas un peu créatif? (Lire la suite…)



69 projets candidats à l’appel d’air transmédia !

Par Nicolas Bry • 14 sep, 2009 • Catégorie: Evenements
 

69 la belle année dirait Gainsbourg !

Pour nous, cela restera le chiffre symbolique de votre désir de transmédia. Nous avons reçu 69 dossiers : sans dévoiler quoi que ce soit, les domaines couverts sont riches, fiction, documentaire, jeu, etc et d’autres créations que je ne saurais résumer par un mot de par leur originalité . La messagerie de transmedialab.org n’a pas explosé même si certains dossiers  pèsent lourds au sens propre : la consolidation « appel d’air » fait plusiers Go…

dossier69Mais ce ne sont pas tant ces éléments quantitatifs qui nous frappent mais bien l’enthousiasme qui a animé ces équipes et qui se ressent dans nos échanges. Nous en sommes touchés, merci. Il semble que le post de Xavier « battre Moore » ait été pris au mot !

La confiance que vous mettez en nous nous responsabilise , dans notre respect de la confidentialité des dossiers et dans le processus de sélection qui démarre. Choisir ne va pas être la tâche la plus facile de notre jury, nous voulons la mener avec le plus grand professionnalisme et nous avons souhaité pour cela constituer un jury alliant compétences, diversité et bien sûr intérêt pour le transmédia.

Nous préparons en parallèle l’étape suivante de co-développement avec les projets. Notre intention est de fournir un accompagnement efficace et un cadre permettant à la créativité  de s’exprimer et à l’histoire transmédia de s’envoler. C’est un pari ambitieux que de revisiter le cadre créatif et de construire une proposition de feuille de route que nous pourrions suivre pendant les 3-4 mois de travail avec les projets : ce qui nous nourrit c’est déjà la pluridisciplinarité qui traverse notre équipe et qui est source de créativité.



Financer les programmes transmedias, et les autres… la situation aujourd’hui

Par Marc Guidoni • 11 sep, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

Volume 1 : la situation aujourd’hui…

On l’a vu, l’arrivée du transmedia dans le domaine des contenus est avant tout un moyen d’inventer des univers narratifs innovants, susceptibles de mieux coller aux attentes des jeunes publics. Mais c’est aussi l’opportunité de collecter et mutualiser de nouvelles sources de financements pour l’industrie des programmes.

dollarOn constate en effet depuis la fin des années 90 les difficultés croissantes rencontrées par les producteurs pour amorcer, monter et boucler des levées de fonds afin de financer des projets, que ceux-ci soient destinés au cinéma ou à la télévision. Ceci touche tous les pays, y compris ceux comme la France, où le cadre réglementaire et les obligations d’investissements des chaînes sont pourtant réputés favorables aux industries de l’image.

D’une manière générale, l’essentiel des financements des films provient de grands groupes de communication et de médias ayant leur coeur de métier soit dans la télévision (TF1, C+, ARTE, HBO,…), soit dans le cinéma (Warner, Fox, Gaumont, Pathé, MK2…). Par ailleurs, des réseaux de distribution et de vente internationale bien structurés contribuent – avec les éditeurs DVD – au préfinancement des films par l’apport de minima garantis. (Lire la suite…)



Le producteur transmédia est plus que jamais au coeur d’un réseau de compétences élargies

Par Marc Guidoni • 10 sep, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Producteurs, réjouissez vous…

Il me semble qu’une des raisons d’être de notre métier – pourtant par ailleurs si difficile – c’est le plaisir de travailler en interface avec toute une palette de talents, de personnalités, de compétences, de cultures…

actionEtre producteur, c’est avant tout se poser en artisan généraliste qui sait faire circuler une énergie créative entre des acteurs de mondes très différents : artistes, financiers, juristes, techniciens, communicants, et bien d’autres encore… Pour mener à bien cette ingénierie complexe qui est au cœur même de l’industrie des contenus, un producteur devra tricoter ensemble des fils qui n’étaient pas initialement faits pour se rencontrer. Pour reprendre un terme inventé par un ami producteur/distributeur qui se reconnaîtra, un producteur se doit finalement d’être un génial ‘mayonnaiseur’… (Lire la suite…)



De la démocratisation des outils

Par Jean-Yves Le Moine • 9 sep, 2009 • Catégorie: Usages
 
Stage Filmer avec son portable CNA

Stage Filmer avec son portable CNA

Aujourd’hui on peut faire un long-métrage dans sa salle de bain !

En effet les outils de création numérique se sont démocratisés et simplifiés. L’autre jour, j’étais à l’Apple store de Londres et une belle Anglaise d’une quarantaine d’années était au téléphone avec, son fils et lui disait, une boite de Final Cut Pro, le logiciel de montage, dans la main, «c’est la version professionnelle, tu es bien sur que c’est celle que tu veux ? » Visiblement, on acquiesça au bout du fil puisqu’elle se dirigea vers la caisse, sa boîte sous le bras.

Certes, le minimum de matériel pour tourner, monter et postproduire un film n’est pas encore pour toutes les bourses, mais son prix a certainement été divisé par 20 en 10 ans. Aujourd’hui, l’investissement pour pouvoir produire un long métrage en HD dans une qualité correcte tourne autour de 20 000 euros. (Lire la suite…)



Lire Michel Reilhac et comprendre que le transmedia, c’est aussi le cinéma…

Par Marc Guidoni • 8 sep, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Quelques mots pour dire combien on se régale en lisant  « Plaidoyer pour l’avenir du cinéma d’auteur », le dernier livre d’entretiens de Michel Reilhac publié aux Editions Klincksieck.mchel

Quel bonheur de voir énoncé avec autant de clarté et de pédagogie l’engagement militant d’une vie pour la création en général et le cinéma en particulier.

Michel Reilhac (blog) a été Directeur du Forum des Images, producteur et réalisateur. Ses propos et réflexions dans l’ouvrage dépassent le cadre de ses activités actuelles à ARTE où il est Directeur du Cinéma. A ces nombreux titres, c’est l’un des meilleurs connaisseurs engagés dans la fabrication et le financement du cinéma indépendant dans le monde entier. Il s’entretient avec Frédéric Sojcher, cinéaste et responsable du Master en scénario, réalisation et production de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Ce qui est particulièrement réjouissant dans les thèses développées, c’est de voir que loin de s’arc-bouter sur une conception historique, sacrée, intouchable, de la manière dont les longs-métrages de cinéma se conçoivent et se fabriquent, Michel ne cesse de développer que le cinéma n’a jamais cessé de s’imbiber de l’air de son temps, et qu’à notre époque de globalisation numérique, cela est plus que jamais d’actualité. (Lire la suite…)



Compte rendu Atelier : Enjeux et difficultés d’un projet Transmédia

Par Sophie Davidas • 7 sep, 2009 • Catégorie: Barcamp
 

Contexte
Aujourd’hui le comportement du spectateur est devenu “versatile” (dans le sens anglais du terme). En fonction de son désir, de son intérêt et de son temps, son degré d’immersion dans l’histoire change.
Les éléments d’un projet transmedia
L’écriture transmédia consiste à créer un univers à plusieurs points d’entrée dans lequel le spectateur s’immerge et peut interagir. Ces différents points d’entrée peuvent mixer réalité et fiction et jouent avec la complémentarité des différents supports/médias tels que les sites internet, les blogs, le mobile, les mini-jeux, les séries TV, les ARG (Altered Reality Game). L’objectif est de faire participer le spectateur, de l’immerger dans l’univers créé dans lequel il tombe pour in fine en devenir un des acteurs  (concept du Rabbit Hole).
Enjeux et difficultés
Les difficultés d’un projet transmedia sont alors de maitriser le processus de production, les coûts de production et la conception narrative. (Lire la suite…)



Compte rendu Atelier : Marketing & Production

Par Marc Guidoni • 7 sep, 2009 • Catégorie: Barcamp
 

Think different…

Etre d’abord transmédia dans sa tête, dans sa manière de travailler, de construire des équipes, de faire des deals… Il faut décloisonner à tous les étages…

• Les montages financiers vont se complexifier

Le modèle économique classique d’un producteur de contenus repose sur des préfinancements apportés par différents supports en échange de l’attribution d’une exclusivité. Or les habitudes de la vie numérique @ 2.0 sont exactement à l’opposé… Avec le transmédia, pour conserver ses droits, le producteur doit avoir un grand nombre de micro-financements. Les producteurs de doc savent déjà monter des financements compliqués.

Exemple de ‘The end of the line’ sur Channel 4 : Trailer. Il s’agit d’un financement très complexe avec de l’argent totalement hors TV : sponsoring, branding, ONG, etc… theendoftheline

Exemple de ‘Home’ également avec 80% de financement en mécénat.

• Une compétence inventer…

Aggrégateur de financements… Qui va acquérir cette compétence en premier? Les producteurs? Les diffuseurs? Les annonceurs? Les agences? De nouveaux entrants inconnus à ce jour?… Si ils ne veulent pas laisser passer cette opportunité de rééquilibrer les relations avec le reste des acteurs économiques, les producteurs doivent trouver les bons modèles les premiers… Pourrait-on imaginer qu’ils s’associent pour créer ex nihilo une compétence à partager : exemple de univercine pour la VOD (Lire la suite…)



Compte rendu de l’atelier : Comment les jeunes consomment les médias ?

Par Stephane Gaultier Eleanor Coleman • 4 sep, 2009 • Catégorie: Barcamp
 

S. Gaultier : 80% des 8-14 ans regardent la télévision et surfent sur Internet en même temps (source ABC+/3D2+ juillet 2008). Les nouvelles générations consomment les médias en simultané, ils sont multi-écrans. Quel doit-être l’offre de programmes pour cette nouvelle génération. Le Transmedia propose une consommation combinée des médias mais pas forcément simultanée. Le crossmédia propose une consommation multi-écrans d’un programme conçu soit média par média, soit simultanément. 3D2+ développe des mondes virtuels dans lesquels il est possible de réaliser des émissions de télévision. Ce que voit le spectateur, est ce qui se passe dans le monde virtuel…auquel il participe peut-être !telejeune

E. Coleman : Les enfants raffolent de ce que consomment les « grands ». Ils zappent tout le temps. Ils sont attachés à un contenu et pas à une chaîne. La télé reste leur média de préférence, puis le jeu vidéo et Internet. Ils ont une structuration très forte de leur activité dans la journée (lever, école, gouter, devoirs, détente…) et donc souvent un temps de loisir limité (intervention des parents)  mais une consommation très « libre » des médias (tous supports confondus). Sur Internet, ils sont très présents sur les réseaux Sociaux tels MSN ou Facebook. Que cela peut-il signifier pour la création de programmes Transmedia quel présence des réseaux sociaux dans la création audiovisuelle ? (Lire la suite…)



Compte rendu de l’atelier ARG/ERG

Par Michel Reilhac • 4 sep, 2009 • Catégorie: Barcamp
 

Présentation concrète de ce qu’est un ARG/ERG à travers les cas de Breathe (projet de Yomi Ayeni Londres) et de deux projets de Caroline Gerdolle.

Réalité et fiction
Questions sur le jeu entre réalité et fiction et l’importance d’entretenir le trouble entre les deux dimensions pour maintenir l’effet permanent de surprise et d’ambigüité. Il s’agit de générer quelque chose qui est vrai tout en tant faux.

Engagement contextuel et progressif des spectateurs
Questions sur comment gérer les attentes des joueurs qui risquent de se sentir grugés lorsqu’ils se rendent compte qu’ils sont embarqués dans une fiction qu’ils ne soupçonnaient pas. Notion de jeu et d’enjeu, de profondeur, de l’engagement des spectateurs et des auteurs : contrairement à la situation figée de la relation, une histoire linaire (un long métrage), l’implication dans un ARG peut varier en profondeur d’implication en fonction du moment et de la disponibilité du spectateur /acteur. Est-ce que ce sont réellement des fictions ? Y a-t-il une réelle latitude d’écriture, de fiction ? Quel est le statut de l’auteur?

ARG Breathe

ARG Breathe

Notion de Rabbit hole
L »ARG comporte des trous dans lesquels il est proposé de s’engouffrer comme dans « Alice au Pays des Merveilles » pour basculer dans une nouvelle dimension ou ce qui est faux est accepté comme vrai. Parallèle avec une nouvelle dimension du jeu de rôle. Les spectateurs sont devenus experts de la connaissance des images, sont très exigeants sur la qualité dramatique et surprenante de ce qui leur est proposé. Le passage de la réalité la fiction doit être fluide.

Un code de la route de l’ARG ?
La part d’improvisation est importante, c’est la garantie de qualité.  Soyons attentifs cependant à : (Lire la suite…)



L’ARG, l’enfant de la rencontre entre le cinéma et la communauté 2.0

Par Caroline Gerdolle • 3 sep, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

Les excellents résultats du box office l’année dernière aux Etats Unis en dépit d’une  campagne électorale historique, de la crise économique et d’un record de téléchargements illégaux non moins historique, laissent à penser que la guerre des écrans ne se situe pas tout à fait là où l’on le croyait.

Si le téléchargement illégal n’a pas suppléé la demande accrue de films – ce « voyage » à moindre frais loin des réalités quotidiennes- alors que son prix défie toute concurrence, on pourrait en déduire que le prix du cinéma n’est pas son véritable handicap, et donc la gratuité, pas le véritable ennemi. La coexistence est donc sans aucun doute possible et sera même souhaitée par tous si l’on arrive à objectiver l’association synergique du multimédia et du cinéma pour développer l’audience autour d’un monde imaginaire.

BATMANDans le contexte multi-écrans de nos vies, les principaux handicaps d’un film de cinéma seraient plutôt son isolation et sa brièveté : l’espace et le temps dédiés à une fiction, ainsi que le retour du public, sont cruciaux pour construire l’audience qu’elle mérite. Les concepteurs de séries télévisées aux Etats Unis et en Grande Bretagne l’ont compris très tôt, et ces programmes aux audiences internationales sont soumis à de nombreux screen tests mais tirent également parti de leur temps d’exposition bien supérieur au long métrage. Alimentée d’un retour spécifique du public pour qui l’accès est plus ou moins gratuit, la création sur le multimédia pourrait marcher dans les pas de cette télévision qui, avec plus d’espace et de temps, peut s’autoriser à ratisser moins large et à prendre des risques : la télévision américaine n’abrite-elle pas aujourd’hui plus que son cinéma, les héros subversifs et l’écriture audacieuse qui nous surprennent, nous emballent et nous fidélisent ? (Lire la suite…)



Transmédia = pluridisciplinarité

Par Jean-Yves Le Moine • 2 sep, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Le contenu, la technologie et les usages sont les piliers du transmédia. Les contenus pour rencontrer les usages des spectateurs doivent être tissés avec la technologie.

Cette transversalité est nécessaire, elle nécessite une nouvelle culture pluridisciplinaire, où le contenu, la technologie et les usages forment un système complexe au sens mathématique du mot. Un système qu’on ne peut découper en partie, car chacune interagit avec l’autre et où toutes interagissent avec l’environnement, avec le monde. On ne peut appréhender ce système complexe que globalement, par toutes les entrées à la fois. Cela demande une culture non seulement de spécialistes pour répondre à la spécificité des composantes mais aussi une culture transversale forte pour atteindre pleinement le coté « trans » du transmédia.

Ce système complexe en contient un autre caché en son sein, dans la diversité des médias. On ne peut appréhender chacun des media séparément, TV, Web, Mobile, Jeu vidéo, Cinéma, il faut également les appréhender globalement. Les histoires complémentaires se nourrissent l’une l’autre et enrichissent globalement le métaverse du transmédia.

Dispositif Dark Knight

Dispositif Dark Knight

Les compétences transversales sont des richesses qu’il faut développer, élargir ; chacun doit devenir un spécialiste qui comprend et travaille avec l’autre. Chaque spécialiste doit apprendre de l’autre et pratiquer la réentrance, c’est à dire intégrer dans son propre cursus les résultats des travaux de l’autre spécialiste pour enrichir son travail.

Il faut développer cette culture de la transversalité, favoriser notamment chez les jeunes une curiosité une appétence d’un apprentissage diversifié.

Le transmédia est un carrefour pour cette création transversale le lieu de la convergence entre les contenus la technologie et les usages.



90 au premier Transmedia Lab !

Par Nicolas Bry • 30 aoû, 2009 • Catégorie: Barcamp
 

Il s’est passé quelque chose le samedi 29 août …

Nous sommes venus et nous avons réalisé que nous n’étions pas les seuls à avoir des envies de création transmédia dans la tête : il y en avait 90 autres, un samedi, en cette fin de mois d’Août, à ce premier Transmedia Lab !

Venus d’horizons multiples, nous avons incarné le carrefour qu’est le transmédia entre créateurs de disciplines différentes, analystes de pratiques d’usage variées, passant d’une envie de voir à une envie de participer, selon le terminal et le contexte, acteurs des technologies, vues sous l’angle du plaisir et des opportunités d’interaction et de diffusion qu’elles créent, producteurs, diffuseurs, etc …

Photographie Olivier Godest

Photographie Olivier Godest

En racontant son histoire (allant du serial killer au prince charmant, en passant par le documentaire, jeu vidéo, ARG …),  en s’interrogeant sur les évolutions narratives, les parcours non linéaires à offrir au spectateur, l’inclusion du jeu et de la participation, les savoir-faire complémentaires à agréger, en analysant les impacts sur la chaîne de filière, en partageant ses expériences, ses émotions, en écoutant, chacun a pu voir qu’un réseau compétent, bienveillant et actif se créait qui pourra contribuer à l’élaboration de réponses. Mash-up, lâcher prise, incertitudes, le transmédia est riche de sa complexité !

Je salue à nouveau le travail de nos animateurs. Complété par l’implication de chacun, cela donne un bel exemple d’intelligence collective et cela promet pour le travail coopératif sur les projets de l’appel d’air !

Téléchargez l’appel à projet

Restons en éveil, multiplions les échanges, sachons capter le vent qui portera les différents navires transmédias. Profitons du voyage qui vaut autant que sa destination.  Chacun tracera sa route et nous n’aurons pas tous le même cap mais le Transmedia Lab s’engage à créer de prochains points d’étapes pour nous retrouver.

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Audience transmédia et marques

Par Jean Yves Le Moine & Nicolas Bry • 28 aoû, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

Une histoire transmedia est une histoire avec plusieurs points d’entrée : je peux suivre un buzz sur le web, qui va me renvoyer sur la série que je vais suivre à la TV, je vais en savoir plus sur mes personnages préférés sur le mobile, je peux jouer avec la communauté à un ARG (Alternate Reality Game), et tout revoir en volonté en VOD sur mon ordi ou ma TV. Ces histoires se prolongent si le contenu peut être modifié sur le web. Cette circulation et ce développement d’audience est une opportunité pour les marques !

Les histoires sur les différents média peuvent être en « mode marketing » au bénéfice du média principal, par exemple le cinéma dans le cas de Dark Knight ou la série TV dans le cas de Lost. Mais le plus grand intérêt est sûrement de permettre la circulation des audiences d’un média vers l’autre en travaillant de manière pertinente le passage du linéaire au délinéaire (VOD). Les usagers veulent Film Home aujourd’hui consommer leurs images où ils veulent et quand ils veulent. Dans la création transmedia, la notion de mise en scène dans le temps et dans l’espace est donc primordiale, chaque contenu sur chaque média étant à la fois accessible séparément et à n’importe quel moment, et renvoyant vers l’autre.

Les annonceurs peuvent être, classiquement, associés aux différents medias comme cela se pratique aujourd’hui pour la TV, le mobile et le web. Mais on peut réfléchir à une manière de les inclure plus étroitement dans un projet transmédia sous une forme de sponsoring à réinventer, si le contenu du programme coïncide avec le territoire de la marque, sa cible et ses valeurs. Pour la marque, le bénéfice est immense : il s’agit non seulement d’une exposition intense de la marque sur différents médias (selon l’exemple de Home présent simultanément en TV, Cinéma, affichage et web) mais d’une longévité plus forte de l’exposition, de par l’enrichissement continu des internautes. (Lire la suite…)



Clara Sheller en colocation transmedia !

Par Harold Valentin • 28 aoû, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 
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Saison 2 de Clara Sheller

A France 2, une des premières expériences cross media tentées en fiction de prime time a concerné le lancement, avec une agence spécialisée, de la deuxième saison de Clara Sheller,  qui arrivait avec un double handicap : trois ans d’écart avec la première saison et un casting complètement renouvelé. Le dispositif était essentiellement fondé sur la promotion mais plutôt ludique : soirée de lancement pour les blogueurs quatre mois avant la diffusion – avec six épisodes de 19h à 2h du matin dans les magnifiques locaux construits par Renzo Piano pour EMI, éditeur de la BO ; mise en ligne d’un site avec interviews d’anonymes sur les personnages de la première saison ; jeu autour de « on est tous Clara Sheller » et composition d’un mur numérique avec les visages de celles (et ceux ?!) qui avaient répondu ; jeu pour une sushi dinner-party avec la comédienne qui reprenait le rôle-titre, Zoé Félix, etc … jusqu’à la mise en ligne gratuite 8 jours avant la diffusion des deux premiers épisodes (environ 30 000 visionnages). Six mois plus tard, pour le lancement de « Fais pas ci, fais pas ça », nous avions l’intention de lancer un webisode par semaine pendant deux mois avant la diffusion … mais hélas, les auteurs ont été pris par le temps …; comme ABC avait acheté les droits, on a quand même tenté – avec un succès relatif – un buzz autour du lancement de la série aux US, avec des extraits en anglais, les comédiens se doublant eux-mêmes … so french ! (Lire la suite…)



Cycles courts, cycles longs de production

Par Marc Guidoni • 26 aoû, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

La fiction française sur nos chaînes est en difficulté depuis le début des années 2000. Les audiences semblent en chute libre… Pourtant les moyens sont là : 600M€/an pour les hertziennes. Mais la comparaison avec les séries originales nord-américaines fait mal.

Le processus industriel de fabrication de séries utilisé en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) est assez fondamentalement différent du nôtre. Sans chercher à l’idéaliser, il est intéressant de comprendre comment il fonctionne.

L’écriture n’est pas faite une fois pour toutes en amont, mais elle se fabrique au fil de l’eau. Pour le dire autrement, quand la diffusion d’une saison de 24 épisodes commence, seuls les 4 ou 5 premiers sont écrits. On part sans filet… Les autres s’écriront en continu, ce qui du coup permet de faire évoluer l’écriture et les arcs dramatiques en fonction des retours du public, et aussi de l’actualité : aucune difficulté pour insérer dans un épisode un événement type ‘résultat d’élection’ ou ‘victoire sportive’ car l’épisode s’écrit quelques semaines seulement avant sa diffusion. En France, à quelques rares exceptions près (« plus belle la vie » dont nous reparlerons), tout est écrit, puis tourné des mois et des mois avant la diffusion.

photographie Patrick Nosetto

photographie Patrick Nosetto

Le mode de fabrication américain est donc fondamentalement ‘transmedia ready’ car il est construit autour d’un cycle nativement itératif impliquant le spectateur :

écriture/production/diffusion/enrichissement par les retours/écriture/production/diffusion etc… (Lire la suite…)



Une culture du butinage

Par Fabien Granjon • 25 aoû, 2009 • Catégorie: Usages
 

L’offre culturelle, de loisir et de divertissement est aujourd’hui pour le moins abondante et les « univers culturels » des individus épousent des formes de plus en plus hybrides, mixant des domaines de pratiques panachés : cinéma, TV, jeux vidéo, musique, livres, actualité, etc. Face à ces invites toujours plus variées et foisonnantes, la question des arbitrages devient de plus en plus aiguë : « c’est difficile de choisir, on n’a pas assez de temps pour tout faire ».

Les potentialités en termes de choix sont ainsi sous-mobilisées et la consommation audiovisuelle n’échappe pas à la règle. Même chez lescuture2 plus passionnés, les usages sont assez largement bridés et butent sur l’incapacité structurelle des individus à distribuer leur attention sur autant de contenus qu’ils le souhaiteraient. Mais quelle que soit l’intensité de leur pratique, les amateurs se concoctent le plus souvent des formes de consommation qui entrelacent à minima plusieurs types de pratiques. À cette diversité des répertoires de pratiques répond une autre forme de variété qui est celle des contenus mobilisés. (Lire la suite…)



Zones d’ombre et indices, ingrédients pour pimenter une recette transmédia ! (d’après G. Long)

Par Nicolas Bry • 24 aoû, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

Voici quelques éléments pour épicer une histoire transmédia, ils sont tirés de la thèse de G long que je vous invite à lire : ici

Negative capability ou zones d’ombre

La « Negative capability » remonte à une lettre de John Keats de 1817, qui parlait de la « capacité d’un homme à être dans l’incertain, le mystère, le doute sans chercher obstinément les faits et la raison ».

Appliqué à la narration, cette faculté serait une sorte d’envers du décor, l’art de laisser des trous pour évoquer le mystère, laisser planer le doute. Ces trous ou zones d’ombre, le spectateur les comble avec son imagination, tout en ayant envie de continuer à trouver de nouveaux indices. « Et ainsi de suite, le plaisir narratif se nourrit de l’envie de savoir ce qui va arriver, de voir l’espace s’ouvrir et se refermer jusqu’à la résolution de l’histoire» nous disent la professeure Mary Beth Haralovich et le mathématicien Michael W.Trosset, cités par Henri Jenkins dans son livre Convergence Culture.

starwarsJanet Murray développe ce point en indiquant « qu’en entrant dans le monde de la fiction, nous ne suspendons pas seulement notre sens critique, nous exerçons aussi notre capacité créative, ce n’est pas tant que nous cessions d’être incrédules, c’est que nous nous formons activement une croyance. Notre désir d’être immergé dans l’expérience nous amène à utiliser notre intelligence pour renforcer plutôt que mettre en doute la réalité de l’expérience». En bref, il en faut peu pour que notre imagination ne parte au galop ! (Lire la suite…)



Participation transmédia et propagation

Par Jean-Yves Le Moine • 21 aoû, 2009 • Catégorie: Technologies & Communautés 2.0
 

On dit souvent que le succès sur le web vient du viral. Mais on ne maîtrise pas la diffusion du viral. Le transmédia doit au contraire se baser sur une diffusion maîtrisée des contenus.

Si le viral est un contenu fini, non modifiable, diffusé par mail ou par lien uniquement, le transmédia propose des contenus modifiables et diffusables grâce à des outils qui facilitent sa propagation.

Dans un programme transmédia, les contenus se propagent grâce à des outils technologiques et des techniques scénaristiques qui facilitent la participation et la collaboration prodiguant ainsi une expérience immersive au spectateur. Par expérience immersive, nous entendons une expérience intense qui dure plus que l’effet d’un buzz et donne envie au spectateur non seulement de partager mais de participer à l’élaboration des contenus. Le transmedia crée un métaverse, un univers mélangeant virtuel et réel, dans lequel baigne les spectateurs, un univers participatif.

Cette intelligence collective ainsi créée est soumise à des règles. La participation des spectateurs se traduit par différents rôles et niveaux d’engagement.

Nous avons décelé 4 catégories principales de participation des spectateurs :

Sans titre-2 (Lire la suite…)



Passage de cycle long à cycle court, « Plus belle la vie » au microscope transmédia

Par Amaury Boulanger • 20 aoû, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

plusbellelavieJ’ai assisté à une conférence passionnante réalisée par Laurence CORROY, maître de conférences en SIC à l’Université Paris III-Sorbonne Nouvelle, en Juin à la Cantine :  voici quelques clés pour comprendre le succès de la série « Plus belle la vie ». Plus belle la vie, une série qui a été lancée fin 2004 sur FR3, est un record d’audience avec 6 millions de téléspectateurs chaque soir, de longévité et de médiatisation . 1/4 des revenus annuels pub de FR3 proviennent de la série (avant la suppression de la pub) . La série cartonne auprès des jeunes de 25 ans et les séniors paradoxalement, les 12/18 ans sont le cœur de cible et pourtant le produit initialement n’avait pas été pensé pour les jeunes !!! (Lire la suite…)



Ma vie une série transmédia ?

Par Jean-Yves Le Moine • 19 aoû, 2009 • Catégorie: Usages
 
Illustration by Jason Lee

Illustration by Jason Lee

Nos vies sont de plus en plus fragmentées. Un petit-déjeuner, vite avalé, avec sa compagne et/ou ses enfants, accompagner les enfants à l’école, et la journée de boulot débute en général par du transport. Occasion s’il se pratique en commun, de visionnage ou d‘écoute de musique et/ou de programmes plus ou moins court sur son mobile ou son iPod. Au boulot entre les réunions internes, les rendez-vous, les mille choses à gérer, les mails professionnels, ceux d’amis qui nous incitent à voir telle ou telle vidéo virale, les coups de fils à son mari ou à sa femme, la fragmentation se multiplie. Et c’est le retour chez soi, la course pour coucher les enfants, enfin, un peu de temps à soi et l’occasion de se faire un cinéma. Oh non pas ressortir, plutôt de la VOD sur sa télé ou un film sur son PC.

Mais le soir cela prend du temps de se poser ! On préfère zapper, télé, ordi, mobile. En fait zapper n’est plus le bon mot, il faudrait dire butiner. Nous sommes devenus des abeilles qui travaillons à la pollinisation du monde. Ce nouvel usage est aujourd’hui notre quotidien, les histoires, ces histoires que nous avons redécouvertes avec les séries américaines, doivent rencontrer ces usages. Nous savons naturellement dans nos vies « recoller » les morceaux de cette délinéarisation. (Lire la suite…)



Transmédia, la nouvelle frontière

Par Marc Guidoni • 17 aoû, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

screenshot2Jamais nous n’aurons eu à notre disposition et consommé autant de contenus, et notamment d’images, qu’en ce début de 21ème siècle. Les récepteurs sont partout : dans nos poches, sur nos bureaux, accrochés sur les murs de nos salons et de plus en plus dans les lieux publics. Du poste de télévision, écran unique de la famille et autour duquel on se réunissait religieusement comme autrefois autour du poste de radio TSF, nous sommes passés à souvent plus d’une dizaine d’écrans de toutes tailles disséminés dans les foyers.

Ces écrans se complètent, s’enrichissent mutuellement, renvoient les uns aux autres sans se cannibaliser. De la même façon que le cinéma n’a pas été tué par la télévision, celle-ci n’est pas supplantée par les ordinateurs, qui eux-mêmes s’accommodent de l’arrivée des consoles de jeux ou autres Smartphones. A chaque fois, l’expérience émotionnelle vécue dans ces bains de contenus change, s’enrichit, se diversifie. (Lire la suite…)



L’ultime challenge transmedia

Par Stephane Mot • 16 aoû, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

watchmenCoupures de presse, notes griffonnées, extraits d’ouvrages, interviews, bande son composée de tubes obsédants, radio, télévision, bande dessinée… le tout se mélant à l’intrigue d’une graphic novel absolument inclassable : avec la complicité de Dave Gibbons, Alan Moore a composé la première oeuvre transmédia 2D au milieu des années 80.

Une oeuvre de son propre aveu inadaptable au cinéma… et de fait, le génial horloger a logiquement refusé de reconnaitre la caricature de film sortie au printemps dernier sur grand écran. Certes, Zack Snyder a su quelque part recréer les codes visuels de « Watchmen », mais sa production de chair et d’effets spéciaux ne reflète pas toute la richesse d’un chef d’oeuvre de papier bien plus riche en sens et en dimensions.
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L’ARG (Alternate Reality Game) définition et rôle social

Par Jean-Yves Le Moine • 13 aoû, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 
ARG Metacortechs inspiré de Matrix

ARG Metacortechs inspiré de Matrix

L’Alternate Reality Game, est un jeu qui brouille les pistes entre réalité et virtuel. Entre ce que l’on appelle la réalité et le virtuel … Il préfigure ce qu’est le jeu dans un monde hybride où la réalité est augmentée par la virtualité et où la virtualité est consolidée par le réel. Il n’y a pas à proprement parler de définition de l’ARG, et l’on range souvent dans cette catégorie tout jeu qui ne trouve pas sa place dans un cadre préétabli.

L’ARG se présente comme un jeu de piste qui se déroule sur la toile et dans la vrai vie, souvent augmenté par des technologies issues des mobiles et des objets intelligents.

C’est aussi une sorte de jeux de rôle avec un maître du jeu, mais où les joueurs sont maîtres de leur destin. Les participants agissent sur le jeu, et l’on peut voir émerger des formes ou des actions non prévues que le maître du jeu doit prendre en compte sous peine de perdre sa communauté !

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Histoires en série

Par Jean-Yves Le Moine • 10 aoû, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

heroes site fictifLes bonnes histoires sont sérielles, c’est à dire qu’elles se développent sous forme d’épisodes qui peuvent se suivre linéairement ou non et qu’elles se répètent ou plutôt se renouvellent sans cesse. Tout le monde connaît ces séries américaines, 24H, Lost, Heroes, etc..Elles s’arrêtent sur un suspens si fort qu’on attend la suite avec une telle impatience.

On l’invente même le lendemain devant et avec ses collègues ou ses amis. Ces histoires incitent ainsi à la participation de tous. Le prochain épisode, grâce à l’histoire collective ainsi créée, qu’il la confirme ou l’infirme, viendra activer plus profondément encore notre mémoire sémantique.

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Le joli nom d’Ubisoft pour le transmédia ? “Confluence”

Par Nicolas Bry • 5 aoû, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

ubisoftIl n’y a pas que les Lyonnais qui ont leur Confluence, cet endroit en mouvement où se rejoignent le Rhône et la Saône : Ubisoft parle aussi de Confluence. Écoutez ces interviews, réalisés par BFM, de début et fin Juin 2009 de Geoffroy Sardin,directeur général d’Ubisoft : (Lire la suite…)



Dark Knight

Par Jean-Yves Le Moine • 3 aoû, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 
darkknightdiagramme

source boredom is your fault

Le deuxième opus des débuts de Batman n’a pas été seulement l’un des plus gros succès du box office. Il a bénéficié comme toute méga production hollywoodienne d’un plan marketing qui dépasse largement le budget des plus gros films français. Il a aussi été développé en tant que concept transmédia et une partie non négligeable de son budget marketing a été consacré au développement de composants transmédia conçus comme éléments publicitaires et aussi comme paries intégrantes de l’histoire

Un ARG (Alternate Reality Game, jeu mélangeant réel et virtuel) a été créé avec un premier indice : quelques cartes laissées par le Joker (dans divers magasins de comics de la côte Ouest, avec l’énigmatique inscription « I believe in Harvey Dent too ». Ce slogan s’est révélé plus tard être l’adresse du premier site web consacré à cette gigantesque course au trésor, qui n’a cessé de s’enrichir de nouveaux évènements depuis. Pas moins d’une quarantaine de sites web et un wiki dédié, et des sites de fans ont été créés.

Au cours des derniers mois avant la sortie du film, les plus perspicaces ont pu avoir accès aux dernières bandes-annonces en avant première, en se rendant dans certains endroits précis de quelques grandes villes des USA, après avoir déchiffré des énigmes laissées par le Joker sur divers sites web. Sans oublier les fausses campagnes électorales pour Harvey Dent, un autre personnage du film. Ou encore les kits de presse envoyés à certains journalistes par le Joker himself sous la forme d’un gâteau, renfermant un véritable téléphone portable avec un numéro à appeler pour avoir d’autres infos exclusives.

Autant d’éléments qui ont fait de  the Dark Knight le film a voir de l’été 2008 et qui l’ont propulsé à la quatrième place du box office de tous les temps.

On a ici affaire à du marketing transmédia, mais du marketing bien fait qui s’appuie sur des contenus complémentaires au film. Les nombreux trailers et sites web autour de Gotham City et de la candidature de Harvey Dent aux élections ont su convaincre, non seulement les fans mais aussi les autres, de la qualité du film.



Un beau roman, une belle histoire

Par Jean-Yves Le Moine • 31 jui, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

livreLes bonnes histoires nous touchent. On peut être touché dans son corps et dans ses sens. Une bonne histoire nous touche au corps parce qu’elle nous révèle Autre, irréductible justement à ce corps que nous mettons souvent en avant ou en retrait. Nous nous reconnaissons alors tout à fait nous-mêmes et tout à fait Autre.

Une bonne histoire nous touche dans nos sens, quand elle nous émeut, nous fait nous mouvoir, nous met en mouvement, intérieurement et/ou extérieurement. Nous devons pour faire corps avec cette histoire, nous mettre dans la bonne posture, qui nous engage corporellement et émotionnellement. Dans notre fauteuil, dans le métro, ou dans la rue avec nos amis.

Le mouvement intérieur n’est possible que si nous sommes prêt, si nous n’avons pas peur de notre peur. Une bonne histoire doit nous rassurer, nous donner confiance. Le mouvement extérieur est toujours un mouvement vers les autres. Quand l’histoire est bonne, j’ai envie de la vivre, de la partager avec d’autres. Une bonne histoire résonne socialement en nous, individuellement et collectivement.

Mais pourquoi et comment une histoire nous touche-elle ? Nous nous identifions à une histoire. L’histoire doit résonner en nous. Quelque chose de cette histoire active notre mémoire la plus enfouie, la mémoire sémantique. Cette activation nous aide à « reconnaître » cette histoire. Elle est racontée là devant nous, mais elle était déjà là en nous, depuis bien longtemps dans nos vies. Elle fait écho à quelque chose en moi, quelque chose de semblable et de différent. Quelque chose que je reconnais et qui m’échappe à la fois.

Je la fais mienne, je veux la raconter à mon tour à d’autres. Mais ce n’est plus l’histoire que l’on m’a raconté que je vais dire, c’est mon histoire. Et comme elle a su toucher l’Autre en moi, je sais qu’elle va pouvoir en toucher d’Autres. Cette appropriation de l’histoire n’est alors pas seulement personnelle, mais aussi collective car les bonnes histoires véhiculent toujours un sens archétypique qui nous touche collectivement.



Goûts et consommations télévisuelles

Par Fabien Granjon • 30 jui, 2009 • Catégorie: Usages
 

ecranIl est important de comprendre que les consommations télévisuelles ne reposent pas nécessairement sur un choix préférentiel positif. Les individus mobilisent des contenus (surtout des programmes, mais c’est aussi vrai de certains contenus délinéarisés), non seulement qu’ils n’estiment pas « légitimes » (« Les jeux télé, bah oui, je sais, c’est pas très malin »), mais qu’ils peuvent aussi ne pas apprécier du tout (« Parfois c’est tellement peu intéressant que de regarder par épisode ça le rend supportable »). Les mesures d’audience ne sont donc ni le baromètre d’une demande de la part des téléspectateurs, ni nécessairement le signe de goûts avérés, mais bien une évaluation de leur réaction à une offre. De fait, les individus se trouvent relativement souvent dans une logique du « moins mauvais choix possible » concernant la sélection d’un programme, « Car au final, il faut bien regarder quelque-chose ». Pour autant, ces choix « en creux » ne sont pas nécessairement toujours déceptifs. Ils offrent par exemple la possibilité d’une « attention oblique » permettant la multi-activité et l’engagement dans d’autres actions (travailler, manger, discuter, etc.) et notamment dans des pratiques de communication très prisées des plus jeunes : téléphoner, tchater sur IM, lire un SMS, etc. : « Généralement je regarde les séries qu’on a déjà tous vues, celles qui passent à 20 heures (rires), comme ça on peut regarder sans regarder puisqu’on les a déjà vues ». Par ailleurs, le panachage des consommations permet de rester « à la page » quant aux contenus à la mode qu’il faut connaître a minima (e.g. pour en discuter avec ses proches) ou encore de se distinguer en étant capable de parler et/ou de recommander des contenus plus rares. La représentation d’un public exigeant et sélectif qui ne regarde que des émissions « haut de gamme » qui s’opposerait à un « grand public » fasciné consommant sans discernement est donc un leurre. Ceux qui consomment peu de télévision ne sont pas forcément plus sélectifs et pointus dans leur choix de programmes et, à l’inverse, les gros consommateurs de TV peuvent aussi compter parmi les publics d’émissions plus spécialisées ou « confidentielles ». Pour aller plus loin : Macé (Éric). « Le conformisme provisoire de la programmation », Hermès, n° 37, 2003, pp. 127-135, (pdf) Fabien Granjon est sociologue au sein du laboratoire Sociology and Economics of Networks and Services (SENSE) à Orange Labs



Lost

Par Jean-Yves Le Moine • 29 jui, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

lostTout le monde connaît Lost et ses héros Robinson des temps modernes, rescapés sur une île. Ce que l’on sait moins c’est que JJ Abrams a développé un concept transmédia tout autour de la série TV.

Dès les premiers épisodes, il a lui même animé un forum où tous les fans de la série s’en donnaient à cœur joie. Et de commenter, d’inventer des suites, et surtout d’inventer des passés à chacun des personnages, un passé d’avant le crash. Dans les premiers épisodes de la « Saison 1 », ces flashbacks étaient très peu développés, mais devant l’intérêt suscité dans les forums, JJ Abrams a décidé de développer beaucoup plus cet aspect dans les épisodes suivants qui n’étaient pas encore tournés. Il a simplement eu à demander à ses scénaristes de s’inspirer des écrits des fans sur le forum.

Lost s’est également développé au travers de courts-métrages diffusés sur le web : l’un des protagonistes trouve sur la plage une caméra et filme avec ses congénères. Ses petits films courts ne seront visibles que sur le web. Sur le mobile, d’autres programmes courts décrivent des personnages peu développés dans la série TV.

Mais ce qui amuse vraiment JJ Abrams c’est de brouiller les cartes entre la fiction et la réalité. Et quoi de mieux qu’un Alternate Reality Game (ARG jeu mélangeant réel et virtuel) pour cela ! Les scénaristes ont alors laissé des indices dans la série TV pendant qu’une rumeur se déclenchait sur Internet : la production de Lost était financée par une secte, qui apparaissait même comme étant une des résolutions des mystères sur l’île. Cette double rumeur a été l’occasion, pour les fans, d’une chasse sauvage aux indices dans les épisodes. Puis elle a été orchestrée par la production entre les Saisons 3 et 4 pour relancer l’audience de la série qui s’essoufflait.

Ce jeu a été suivi par des centaines de milliers d’américains. Ce jeu couplé à une bien meilleure facture a permis de multiplier les audiences ! Un très bon concept transmédia a plus que besoin d’une bonne histoire, et d’abord d’une bonne histoire pour être un succès …



Contenu social et transmédia

Par Jean-Yves Le Moine • 28 jui, 2009 • Catégorie: Usages
 

tagAu moyen-âge, l’homme pensait que la terre était plate. La perspective marque le début de la renaissance, le début de la modernité : l’homme sait que la terre est ronde et il a adopté un point de vue. Il regarde le monde. Plus tard l’homme est allé sur la Lune, il a vu la terre depuis le ciel, il a découvert qu’il n’y avait pas le monde et l’homme, mais un monde global auquel appartient l’homme. Longtemps après la révolution industrielle et le taylorisme, les technologies se sont mises à créer les usages ; Apple et Nokia les premiers ont mis l’homme au centre de la technologie. Les expériences de type « user centric », les living labs se sont multipliés. La technologie a alors évolué. Les entreprises se sont mises à vendre de plus en plus de services. Google a alors pensé non pas à vendre des services, mais à proposer gratuitement de nouveaux types de services qui permettent de créer de la valeur ajoutée sur lequel l’entreprise se rémunère. L’économie 2.0 était créée.

Nous avons assisté ces tous derniers mois à un nouveau changement de paradigme, ce ne sont plus les technologies qui créent les usages, mais les usages qui appellent les évolutions technologiques, qui les personnifient. Twitter en est la preuve vivante. L’homme est toujours au centre, mais il est devenu acteur. Il interagit avec d’autres sur son environnement.

L’usage des contenus s’inscrit dans cette logique ; l’homme est non seulement au centre du contenu, mais il veut pouvoir interagir avec l’histoire. La consommation audiovisuelle ne se réduit pas au visionnage de contenus, elle se compose d’un ensemble d’autres activités autour des contenus audiovisuels

•           visionner

•           s’informer/découvrir

•           acquérir

•           discuter

•           échanger/redistribuer

•           stocker/ranger

•           transférer

Le contenu est devenu social, même si les usages individuels perdurent, même si on regarde toujours autant ou presque sa télévision, on fait de plus en plus autre chose en même temps, ou après, ou avant la diffusion ! Les jeunes sont devenus de plus en plus multitaskers, ils échangent du contenu, en parlent de plus en plus. Cette fragmentation nous atteint de plein fouet.

Le transmédia est en phase avec ces usages : au travers des points d’entrée multiples,  il donne accès à un univers-contenu fragmenté dans lequel nous pouvons nous promener seul ou en groupe. Il peut devenir à l’instar du cinéma ce qui ressemble le plus à la vie…



“Attention : L’appel à projets de Power to the Pixel est ouvert ! – Découvrez aussi les projets transmédia Him, Dark Fibre & Breathe”

Par liz rosenthal • 27 jui, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

PixelPitch_banner-1En deux ans, le forum du film crossmédia Power to the Pixel est devenu un évènement majeur dans le calendrier de l’industrie du film : il connecte les créateurs numériques clés, des pionniers qui développent de nouveaux modèles de narration (storytelling), de financement et de distribution au travers de multiples plates-formes. Le forum a lieu cette année à l’ouverture du festival du film de Londres du 14 au 16 Octobre à BFI, Southbank.

Le Pixel Pitch est une nouveauté de notre programme cette année, une compétition Internationale entre films crossmédia à l’issue de laquelle nous remettrons au meilleur projet crossmédia le prix Babelgum Pixel Pitch d’un montant de 6 000 Livres. La date de remise des dossiers est le 14 août. Vous pouvez trouver les renseignements ici

Nous recherchons des projets qui tirent parti de la multiplication des nouveaux outils, services et terminaux pour développer  de nouvelles manières de raconter les histoires, pour favoriser l’engagement des spectateurs et l’interaction au travers de plusieurs plates-formes. Les projets peuvent être en développement, en cours de production ou proche de la finalisation. Un point important est que tous doivent avoir prévu une sortie au cinéma, sous une forme ou une autre, ou inclure l’organisation d’un évènement en direct.

Jusqu’à 10 projets seront sélectionnés pour être présentés à une sélection de financiers, commissaires, entreprises technologiques et médias, portails Internet, devant une audience publique le 15 Octobre 2009 à Power to the Pixel.

PttPLOGO_PixelPitch_strap

L’édition 2008 a vu 4 réalisateurs présenter leur projet crossmédia à des représentants de Babelgum, Sony Computer Entertainment, BBC, YouTube, MySpace, Amazon, Channel 4, UK Film Council, Arts Council of England, Tribeca Film Institute. Tous les réalisateurs bénéficièrent grandement des mises en relation et de la publicité, pour conclure des partenariats financiers et internationaux.

Après avoir présenté son projet HIM au lancement de 2008, Lance Weiler fût sélectionné pour participer au festival du film de Rotterdam Cinemart où il remporta le prix prestigieux d’Arte France Cinéma de 10 000 €. HIM utilise la technologie interactive pour raconter l’histoire d’une petite ville atteinte d’un virus dormant qui infecte toutes les personnes de plus de 21 ans. L’univers immersif de HIM se déploie sur plusieurs plates-formes et terminaux avec des épisodes de 4 à 6 minutes, des micro narrations d’1 minute, des jeux « casual » en ligne et sur mobile, un ARG online et offline pendant l’élaboration du film. Lance décrit son projet comme « une nouvelle forme d’expérience de divertissement social qui fusionne la narration et le jeu en permettant aux spectateurs de collaborer à l’univers de l’histoire »

Le projet de Jamie King’s Dark Fibre a terminé son tournage à Bangalore (Inde) et est en montage. Le film mêle délibérément documentaire et fiction, saisissant la vie réelle de câblo-opérateurs TV dans le monde dérégulé des réseaux indiens, juxtaposant le rêve de Bangalore d’être une Silicon Valley indienne avec la vie quotidienne du quart monde dans la ville. Dark Fibre sera distribué en réseaux P2P par parties, chaque partie correspondant à une pièce du puzzle (NdT : on parle alors de transfiction). Le final ne sera accessible qu’à ceux ayant vu tous les éléments précédents.

Breathe est le nouveau projet d’Expanding Universe, une entreprise de « divertissement social » dirigé par Yomi Ayeni and Carmel Landy. Le projet raconte l’histoire mystérieuse d’un meurtre qui se déroule dans le monde « underground » de la nuit londonienne, dans un night club construit dans une pièce sous vide où les gens doivent danser pour remplir le club d’oxygène. Breathe mélange film, évènements online, évènements réels et performance d’acteurs pour raconter son histoire, encourageant la participation des spectateurs au travers de nuits en club et un final en direct.

Les équipes sélectionnées pour le Pixel Pitch de 2009 auront aussi accès aux autres évènements du forum Power to the Pixel. Du 14 au 16 Octobre, nous accueillerions une conférence pointue, des workshops, des rendez-vous d’affaires individuels, des projections,

Liz-Rosenthal

des réceptions et un groupe de d’échanges « think tank ».

Dès à présent, présentez-vous pour concourir au prix Babelgum Pixel Pitch ou bien notez le rendez-vous pour venir voir comment

les films se connectent au monde crossmédia !

Pour en savoir plus : powertothepixel.com

Liz Rosenthal est Fondatrice et Directrice de Power to the Pixel



Les Creative Commons et la Culture du Remix

Par Fabrice Epelbouin • 27 jui, 2009 • Catégorie: Technologies & Communautés 2.0
 

creative_commons_copyleftLe collage, qui fut naguère une activité artistique rangée aux cotés du macramé et de la poterie, connaît, avec l’ubiquité des outils numériques, un plébiscite au sein de la génération des ‘digital natives’. La maxime de Lavoisier, “rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”, prend, à l’époque de Photoshop, d’iMovie et du web 2.0, une résonnance mondiale au sein de cette première génération globale, au point de constituer une très large part des fameuses contributions utilisateurs, dont raffolent les média sociaux.

Cette dynamique a pourtant un frein, et pas des moindres. Le copyright, parfaitement compatible – à travers la doctrine du ‘fair use’ – avec le collage de nos parents, se heurte violemment à celui des enfants du XXIe siècle. Il s’est transformé en une arme de contrôle et de répression de la créativité de toute une génération.

Pour libérer ce potentiel créatif, lutter contre la mainmise du copyright sur une Culture devenue, en à peine un siècle, la chasse gardée des quelques industriels, n’était pas suffisant. Lawrence Lessig a imaginé une alternative, une licence juridique permettant d’assurer aux créateurs une protection efficace de leurs œuvres, tout en les laissant choisir avec précision la façon dont celles-ci peuvent participer à cette dynamique du collage, à cette Culture du Remix.

En choisissant de protéger son œuvre avec une licence Creative Commons, les créateurs peuvent non seulement se laisser la possibilité d’en tirer des profits commerciaux, mais ils peuvent décider de la façon dont celle ci peut être utilisée, remixée, et diffusée. En se libérant de l’aspect mono dimensionnel du copyright, naguère parfaitement adapté au monde de l’analogique, les Creative Commons permettent d’initier et de catalyser la Culture du Remix, assurant à celui qui les utilisent une visibilité accrue, sans les couper d’éventuelles sources de revenus.

Pour découvrir le contexte historique qui a mené à cette invention, et prendre pleinement conscience de la dimension culturelle des Creative Commons, je ne saurai trop vous recommander de lire « Culture Libre » de Lawrence Lessig (disclaimer : je suis l’éditeur de la version Française, disponible gratuitement en téléchargement)  ainsi que « Remix » du même auteur (qui n’est disponible qu’en anglais ici )  , et si vous voulez découvrir les différentes dimensions d’une licence Creative Commons, ce slideshow est fait pour vous.

Fabrice Epelbouin, est éditeur et directeur de publication de readwriteweb France, http://fr.readwriteweb.com/readwriteweb_logo



Purefold, « Blade Runner transmédia », une première mondiale

Par Jean-Yves Le Moine • 24 jui, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie, Storytelling Transmédia
 

bits_bladerunner.1Ridley Scott le réalisateur entre autres d’Alien, Blade Runner, Thelma et Louise, Gladiateur, Hannibal, American Gangster, etc.., vient d’annoncer qu’il prépare une série de films courts pour le web et la télévision autour de l’univers de Blade Runner, le film tiré du roman de Philip K. Dick : « Les androïdes rêvent ils de moutons électriques ? ». bits.blogs.nytimes.com

Ce projet nommé Purefold est développé par Ridley Scott, son frère , Tony et son fils Luke en association avec la société anglaise AG8 dirigée par un des créateurs d’une des premières séries à succès anglaise sur le web « where are the Joneses ? ». AG8 est un studio dont le but est de développer plateforme et contenus collaboratifs du futur.

Leur projet commun se nomme Purefold.  Le thème central n’en est rien moins que la signification de l’être humain. Le projet autour de l’univers de Blade Runner sera centré sur l’empathie.

Purefold sera ouvert à tous, aux internautes et aux créateurs de tous bords bien sûr, mais aussi aux marques et aux annonceurs. Car il s’agit également avec ce projet de réfléchir aux formes de partenariat et de placement de produits de demain.

Mais la plus grande originalité de Purefold est une vraie révolution en matière de droits d’auteur. Elle réside dans l’engagement, d’un grand nom d’Hollywood dans une forme de culture libre. Les films réalisés dans le cadre de ce projet, seront proposés avec une licence de droits d’auteurs de type Creative common licence 3 : sous réserve de mentionner le nom du projet Purefold, tout internaute pourra , dans un cadre non commercial, partager ces images et même les modifier à sa guise .

C’est la première fois qu’une expérience de ce genre, parfaitement en phase avec la culture participative, la free culture (ce qui ne veut pas forcément dire gratuit) sera lancée à cette échelle et avec la participation d’une star comme Ridley Scott.

Nul doute qu’elle saura rencontrer les nouveaux usages et que l’expérience menée avec les annonceurs en terme de business modèle sera riche d’enseignement. En tout cas, c’est un projet que, même s’il n’est pas complètement transmedia, nous suivrons avec attention sur transmedialab.org.



« Le transmédia est le futur du business »

Par Nicolas Bry • 24 jui, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

TheTransmediaSphere_1Ce n’est pas moi qui l’écrit, c’est Peter Caranicas dans un article daté du 26 Juin dans le très célèbre Variety !. www.variety.com

Peter Caranicas explique pourquoi, « avec l’émergence des franchises, Hollywood est à la recherche de nouveaux outils pour étendre les territoires du film et de la télévision vers des plates-formes multiples. L’écriture transmédia permet cette expansion cohérente sur différentes plates-formes, en repartant du concept de la bible, bien connu de l’audiovisuel, qui fournit les informations essentielles pour la construction des personnages et de l’intrigue. » Georges Lucas est cité comme un des précurseurs du transmédia avec « Star wars ».

Jesse Alexander, le producteur co-eécitif de « Lost » et « Heroes », qui a grandi avec « Star wars », indique comment « ce procédé lui a permis de bâtir une base de fans, qui restent connectés à l’histoire en dehors des heures du « prime time », pendant et même avant la diffusion de la série, contribuant à bâtir la renommée de la franchise dès le lancement. »

Jeff Gomez co-fondateur de Starlight Runner, une société spécialisée dans l’approche transmédia, note que « son implication est passée d’aval en amont : les producteurs incluent les coûts du transmédia dans le budget de production, plutôt que de les laisser au marketing comme une sorte de coût d’après-vente. Nous travaillons à présent avec des écrivains, des producteurs, et des réalisateurs pour concevoir le transmédia dès le départ. Nous allons au-delà de la bible traditionnelle, en créant des méga-bibles et mythologies, qui permettent de donner vie aux personnages sur d’autres plates-formes sans trahir le média original ».

Cette attention à « conserver le caractère authentique pour ne pas décevoir les fans » est soulignée par Danny Bilson, qui crée des jeux vidéos simultanément portés au cinéma et sur Internet en s’appuyant sur la vision originale. Pour Jeff Gomez, « les franchises de Terminator et de Batman auraient été de plus grands succès si l’esprit d’origine avait été mieux respecté. La répartition des droits entre différents médias n’a pas contribué à maintenir une vision unifiée. »

En conclusion, Jesse Alexander revient sur « la recherche de revenus qui est l’objectif de toutes ces initiatives. Nous sommes tous challengés pour trouver de nouvelles sources de revenus et l’approche narrative cross plates-formes est une fantastique opportunité pour ceux qui savent l’utiliser avec talent ».

Une conclusion fort pragmatique, pour un article dont nous avons aussi apprécié qu’il insiste sur l’inclusion du transmédia dès la phase de l’écriture et sur le souci d’authenticité pour construire un univers réussi pour les consommateurs.

Ceux-ci semblent cependant quelque peu oubliés dans leur rôle de « participateurs » : en contribuant à véhiculer l’information sur l’histoire sur tous supports, à la commenter, à l’enrichir, ils sont au cœur de l’accroissement d’audience et de sa circulation entre les écrans.

P.S John Tranoff a vite réagi à l’article de Variety dans son blog du 30 juin: « Le point clé du transmédia, c’est l’interactivité ! ». narrativenow.org

Et de citer l’exemple de la série Purefold, inspirée de « Blade Runner », bits.blogs.nytimes.com dont le contenu sera créé Ridley e.t Tony Scott en coopération avec les Internautes sous une license « Creative Commons license » . A lire aussi les commentaires suivant l’article.

Gageons que le débat sur le « vrai » transmédia n’est pas terminé et réjouissons-nous tant qu’il profite au consommateur en faisant émerger de nouvelles formes de création de contenus !



Le Transmédia vu de belgique, interview donnée à Cluster Twist

Par Nicolas Georges • 24 jui, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 

img,fr,foc,100,049-logoTwistPlus personne ne peut le nier : le mode de consommation de l’audiovisuel n’a cessé d’évoluer. En passant dernièrement de 2 à 5 écrans, les consommateurs changent leurs habitudes et ont de nouvelles exigences. Avec l’objectif de « donner une impulsion pour l’élaboration de programmes nativement transmédia répondant à ces attentes », Orange a lancé depuis quelques semaines un blog en ligne : le Transmedia Lab. Nous avons rencontré Nicolas Bry, directeur chez Orange Valley (filiale d’Orange) afin de mieux comprendre leur démarche.

Quelle est la différence entre le crossmedia et le transmedia ?

Nicolas Bry : Nous parlons de transmédia quand  il s’agit d’une histoire qui se raconte sur différents médias (Internet, TV, mobile, Cinéma, …). Chaque chapitre de l’histoire est conçu spécifiquement pour le média et enrichit l’histoire. Les points d’entrée dans l’histoire sont multiples et l’histoire est participative : notamment sur Internet, les spectateurs peuvent commenter, partager, suggérer ou fabriquer des suites à l’histoire. Le dispositif transmedia est l’ensemble des chapitres qui composent l’histoire, leur chronologie et les outils 2.0 qui vont l’accompagner (plus d’informations ici). Le crossmedia est plus la déclinaison d’un même contenu sur différents supports.

Quels sont les principaux axes de développement du transmedia ?

N.B. : Tous les médias sont concernés, la créativité réside aussi dans la rencontre des créateurs issus d’univers différents, par exemple les créateurs du jeu et ceux du cinéma. Economiquement, l’exposition de l’histoire sur différents médias peut correspondre pour l’annonceur associé à l’histoire à une possibilité de mise en avant de sa marque plus subtile, intense et pérenne. L’enjeu pour les marques est majeur. Enfin, il y a l’axe développement autour du rapprochement des créateurs avec la communauté de fans qui pourront interagir avec l’histoire, la modifier, la propager, …

Le transmedia est une pratique américaine à la base, quels sont les contenus français qui ont adopté le crossmedia ?

N.B. : C’est une pratique émergente aux USA (Matrix, Dark Knight, Lost,…) et très très émergente en France : Arte a initié une série participative qui est transmédia, Ubisoft crée des jeux vidéos et emporte l’univers en bande dessinée (plus d’informations ici), etc …

Le transmedia est-il une vraie pratique créative en soi ou plutôt l’aboutissement d’une démarche de marketing ?

N.B. : L’un n’exclut pas l’autre, la démarche créative vise à créer plusieurs histoires, en travaillant selon la spécificité de chaque média : on peut créer une première histoire sur le web sous forme de jeu participatif, puis avoir une série hebdo à la TV et quotidienne sur le mobile (sur le mobile on trouvera par exemple des compléments à la série TV sur le passé des personnages) puis avoir une prolongation sur le web en faisant des appels à suite ou à suggestions pour la saison 2. On voit que la créativité est décuplée et en même temps l’audience est maintenue et multipliée via les circulations ou renvois entre les médias, c’est ce qu’on appelle un bon marketing !

Peut-on aujourd’hui se passer de transmedia quand on produit une œuvre média classique (série ou film) ?

N.B. : J’aimerais dire que d’ici un ou deux ans, on demande quasi systématiquement à propos d’une nouvelle fiction : « quel est son dispositif transmédia ? » article disponible en ligne : http://www.twist-cluster.com/



Tron revient en transmédia

Par Jean-Yves Le Moine • 24 jui, 2009 • Catégorie: Production et évènements, Storytelling Transmédia
 

Tron 2.0,  www.imdb.com dont la sortie est annoncé en 2011 est la suite du célèbre opus de Disney.

c’est Jeff Bridges qui jouera le rôle principal : Kevin Flynn. Et deux ans avant la sortie, l’ARG a déjà commencé. http://www.flynnlives.com/.

Si vous avez raté le clic, le prochain rendez-vous est sur : www.flynnlives.com



Transmédia et Festival Pocket Films Juin 2009

Par Marc Guidoni • 23 jui, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Festival pocket film

Et de cinq pour cet événement que beaucoup dans le landerneau de l’audiovisuel jugeaient gadget et anecdotique en 2004 lors de la première édition. Et pourtant…

Le choix d’alors de programmer en ouverture le film extraordinaire de Mike Figgis ‘Time Code’ était le signe que l’ambition était d’avancer vite et fort sur de nouvelles formes d’écriture audiovisuelle avec le formidable appel d’air créé par l’arrivée des caméras de poches embarquées à bord des portables dès la moyenne gamme… Le super 8 des années 2000…

Aujourd’hui, le Jury du Festival comprend des personnalités telles que Michel Reilhac (ARTE) ou Benoît Delépine (Canal+). C’est peu dire…

En parallèle d’une programmation avec compétition et Jury, le Festival proposait des rencontres professionnelles dont un riche atelier sur le transmédia. Diffuseurs et producteurs sont venus, parfois en binômes constitués, pour présenter leurs développements et réflexions.

Petit florilège d’idées échangées par Ariel Askenazi (Mascaret), Philippe Bony (M6), Sandrine Girbal et Mathieu Chereau (Happy Fannie), Jean-Marc Merriaux (France 5), Arnaud Dressen (Honkytonk) ou encore Pauline Augrain (CNC).

« Ne pas hésiter à aller chercher des auteurs venant de la BD ou du jeu vidéo pour secouer la créativité. Un des problèmes de la fiction française est qu’elle s’est coupée du public des jeunes et des jeunes adultes. Il faut que les histoires soient bonnes et la technologie peut aider à les enrichir et les renforcer. Il est important de rapidement faire évoluer les modes de narration pour séduire le public des jeunes qui a d’autres attentes. »

« Ne plus penser en termes de ‘programmes’ mais en terme d’univers. Par exemple, des indices sont disséminés à travers le web. Les gens vont apporter des indices, se faire enquêteurs. Objectif c’est que les spectateurs participent de manière plus active et plus créative au fur et à mesure. »

« Le mobile va apporter des fonctionnalités qui vont enrichir le contenu: typiquement, la géolocalisation permet d’interagir avec une logique narrative. La question à se poser pour un scénariste, c’est quelles sont les fonctionnalités spécifiquement liées aux mobiles et qui permettent de renforcer une écriture transmédia ? »

« Mener une réflexion avec les auteurs sur la durée : ne pas hésiter à proposer de la matière relativement brute au public d’aujourd’hui. Il est assez compétent pour relinéariser les choses pendant qu’il continue à s’immerger dans une histoire … »



Matrix

Par Jean-Yves Le Moine • 22 jui, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

matrixL’un des premiers exemples de transmédia est l’univers à la fois réel et virtuel Matrix des frères Wachowski. Tout le monde se souvient des trois films de cinéma, mais il y eut aussi des bandes dessinées sur le web et en « print », des films courts : les animatrix , un jeu vidéo et un jeu massivement multi joueurs en ligne.

Les frères Wachowski n’ont pas inventé le marketing d’une franchise avec ses produits dérivés, ils ont su le réinventer en créant un univers Matrix, où chaque media participait à l’histoire générale. Chaque histoire était un point d’entrée différent et adapté à chaque public, permettant à chacun de mieux rencontrer et de mieux s’identifier à Néo et à la fameuse matrice.

D’une histoire à l’autre, tous les personnages n’étaient pas présents et chaque histoire existait par elle-même.

Henry Jenkins l’explique clairement dans son livre «convergence culture », en soulignant le talent avec lequel furent positionnées et exécutées les différentes partitions :

« Les frères Wachowski ont joué le jeu du transmédia très habilement, en faisant d’abord sortir le film original pour stimuler de l’intérêt, en offrant quelques bandes dessinées sur le Web pour maintenir la soif de plus d’informations du fan « hardcore », en lançant le débat dans l’attente du deuxième film, en faisant sortir le jeu d’ordinateur parallèlement au film pour profiter de la publicité, en menant le cycle entier à sa conclusion avec le film Matrix Revolutions, et puis en confiant la mythologie entière aux joueurs du jeu massivement multi-joueurs en ligne. Chaque étape ajoutait une nouvelle pierre à l’édifice, tout en offrant de nouveaux points d’entrée. »

Chacune des pièces de l’œuvre des frères Wachowski, films, BD, courts métrage, jeu, MMORPG, peut être appréciée indépendamment mais la somme de toutes ces expériences crée un univers à valeur ajoutée pour le spectateur et plus particulièrement le fan : il peut ainsi goûter toutes les relations entre les média et se créer ainsi sa propre route dans le visionnage, un chemin qu’il pourra aussi partager et comparer avec d’autres.

L’un des premiers exemples de transmédia est l’univers à la fois réel et virtuel : Matrix des frères Wachowski. Tout le monde se souvient des trois films de cinéma, mais il y eut aussi des bandes dessinées sur le web et en « print », des films courts : les animatrix , un jeu vidéo et un jeu massivement multi joueurs en ligne.

Les frères Wachowski n’ont pas inventé le marketing d’une franchise avec ses produits dérivés, ils ont su le réinventer en créant un univers Matrix, où chaque media participait à l’histoire générale. Chaque histoire était un point d’entrée différent et adapté à chaque public, permettant à chacun de mieux rencontrer et de mieux s’identifier à Néo et à la fameuse matrice.

D’une histoire à l’autre, tous les personnages n’étaient pas présents et chaque histoire existait par elle-même.

Henry Jenkins l’explique clairement dans son livre «convergence culture », en soulignant le talent avec lequel furent positionnées et exécutées les différentes partitions :

« Les frères Wachowski ont joué le jeu du transmédia très habilement, en faisant d’abord sortir le film original pour stimuler de l’intérêt, en offrant quelques bandes dessinées sur le Web pour maintenir la soif de plus d’informations du fan « hardcore », en lançant le débat dans l’attente du deuxième film, en faisant sortir le jeu d’ordinateur parallèlement au film pour profiter de la publicité, en menant le cycle entier à sa conclusion avec le film Matrix Revolutions, et puis en confiant la mythologie entière aux joueurs du jeu massivement multi-joueurs en ligne. Chaque étape ajoutait une nouvelle pierre à l’édifice, tout en offrant de nouveaux points d’entrée. »

Chacune des pièces de l’œuvre des frères Wachowski, films, BD, courts métrage, jeu, MMORPG, peut être appréciée indépendamment mais la somme de toutes ces expériences crée un univers à valeur ajoutée pour le spectateur et plus particulièrement le fan : il peut ainsi goûter toutes les relations entre les média et se créer ainsi sa propre route dans le visionnage, un chemin qu’il pourra aussi partager et comparer avec d’autres.



Transmédia et Sunny Side of the doc 2009

Par Marc Guidoni • 21 jui, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

Ici aussi, comme à Annecy et Paris, le transmédia est à l’honneur…

Quelques mots encourageants de France Télévision pour démarrer :

Patrice Duhamel, DG du Groupe, en parlant aux producteurs de documentaires indique :

« • Les contenus, le transmédia, voilà sur quoi vous devez travailler.  Proposez-nous de nouveaux talents, de nouvelles écritures,…

• Notre problème, mais qui est commun à tous les grands médias historiques, c’est de faire revenir les moins de 35/40 ans vers la télévision alors qu’ils sont happés par les nouveaux médias’… »

Pierre Block de Friberg, Responsable Documentaires de France 5, toujours face aux producteurs affirme :

« • Nous pensons systématiquement dés le départ tous les documentaires sur dans cette approche global media et nous finançons le complément lié au global média.

• Nous avons créé un wikidoc pour entourer la diffusion du film. La consultation décolle. Par ailleurs, les opérations spéciales donnent lieu à des compléments, bonus, chat, programmes additionnels… »

Le Sunny Side 2009 avait également organisé une conférence professionnelle avec un panel d’intervenants internationaux sur la question du transmédia dans le domaine du documentaire.

Deux tendances perceptibles en guise de ‘rapport d’étonnement’ :

• La première forme transmédia qui semble émerger depuis quelques mois est le couplage d’un documentaire classique de télévision, avec un web-documentaire mis en ligne en parallèle, et parfois même en amont de la diffusion TV ‘classique’.

• Grâce à l’amélioration des réseaux, l’expérience que l’on vit devant un webdoc est très voisine de celle que l’on peut avoir avec un support distribué offline : du CD Rom des années 90 au DVD Serious Game d’aujourd’hui.

Quelques exemples :

- Univers Stanley and Livingstone : www.history.com/expedition/game

- Univers Waterlife : http://waterlife.nfb.ca/

- Outils de la BBC www.bbc.co.uk/iplayer/ et www.bbc.co.uk/bang/

- The challenge (Honkytonk Films et Canal+). Le webdoc s’arrête narrativement dans sa forme au moment où démarre le film télévision. Rappelons que Honkytonk est la structure qui a produit avec le journal ‘Le Monde’ le très beau ‘Monde du Charbon’, un web documentaire/reportage sur les mines de charbon en Chine…

Selon les intervenants présents, voici les questions essentielles à se poser pour concevoir des univers transmédia, notamment dans le monde documentaire :

- Qui est mon public, mon audience et avec quelles plateformes puis-je l’atteindre,

- Quelles actions simultanées est-il prêt à faire (exemple : regarder linear TV et être connecté sur @) ?

- Comment le faire participer, voire simplement lui donner le sentiment de participer ?

- Comment lui offrir une expérience résolument multi-écrans ?

- Comment le placer au cœur du processus de media design de l’univers transmédia ?

Retrouvez également l’intégralité du débat passionnant (en anglais) sur ce lien



Rendez-vous au Forum Blanc ! Animation et Cross-Media Conférences

Par Patrick Eveno • 20 jui, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

forum blanc

Le Marché International du Film d’Animation d’Annecy, qui a eu lieu en juin dernier, a vu la question du cross-média s’imposer à travers les conférences, les échanges entre professionnels et même lors de la conférence de presse de France Télévision durant laquelle Patrice Duhamel a exprimé la nécessité de « …reconquérir le public en réinventant l’offre jeunesse » et appelé à « un nouvel écosystème de diffusion ».

Dans le monde  des programmes TV d’animation, les développements cross média sont trop souvent évoqués de façon incantatoire. Leurre pour certains, solution inespérée aux problèmes de financement pour d’autres, ils restent une perspective probable, mais aussi insaisissable.

Pourtant, pour les créateurs de contenus, les perspectives ouvertes par les avancées technologiques au service d’une mutation des usages, par le phénomène contradictoire de convergence et de multiplication des formes de narration, sont immenses. Elles permettent d’envisager un déformatage salutaire, particulièrement dans le domaine de l’animation. L’époque des média-acteurs s’ouvre. Il faut nous en emparer.

Conscient du champ créatif ainsi ouvert, mais aussi de la difficulté qu’éprouvent les professionnels européens à se situer face à ce qui apparaît comme un enjeu stratégique crucial, CITIA organisera, les 13, 14 et 15 janvier prochain, dans la station du Grand Bornand, le Forum Blanc – Animation et Cross-Media Conferences.  www.forumblanc.org

L’ambition de cette manifestation est de proposer, aux acteurs des secteurs de l’animation, du jeu vidéo, du broadcast, des nouveaux services interactifs et de la téléphonie mobile, une vision complète, à 360°, des problématiques liées aux développements cross-média, à travers conférences, key note, études de cas et débats.

Favoriser l’émergence des projets, accompagner les créateurs, les producteurs et les diffuseurs, stimuler anticipation et innovation sont des lignes de force que CITIA et le pôle de compétitivité IMAGINOVE, partenaire du Forum Blanc, souhaitent partager avec les blogueurs de Transmedia Lab, en janvier prochain.

Le Forum Blanc est un évènement soutenu par le CNC, la Région Rhône-Alpes, la DRIRE Rhône-Alpes et le Département de la Haute-Savoie.

Patrick Eveno est Directeur de CITIA, Cité de l’image en mouvement d’Annecy – www.citia.info



Le MIT crée un centre pour la narration du futur

Par Nicolas Bry • 20 jui, 2009 • Catégorie: Marketing & Economie
 
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source : transmediabroadcasting

Bien sûr quand nous avions baptisé notre atelier d’écriture Transmedia Lab, c’était en hommage au Media Lab du MIT et à Henri Jenkins, inventeur du concept transmédia et ancien co-directeur du Comparative Media Studies program. Un peu comme si le Media Lab avait pris un trans-Atlantique pour planter notre jeune pousse !

Pour autant je n’imaginais pas que nous soyons autant dans leur lignée avant d’avoir lu l’article du Monde « L’histoire vouée à la casse ? » du 12 décembre 2008 que m’a transmis hier un éminent collègue dans le domaine télévisuel, lorsque j’évoquais notre initiative Transmédia Lab   basé sur un article du New York Times du 17 novembre 2008.

En substance, l’article de Christian Salmon indique la création d’un centre pour la narration du futur au sein du MIT. Ce centre, baptisé Center for Future Storytelling, vise à inventer un nouveau modèle d’écriture, prenant en compte. »l’explosion de la communication numérique, l’apparition de médias interactifs (téléphones, iPhones, micro-ordinateurs), la multiplication d’univers immersifs nouveaux (jeux vidéo, Second Life, « reality shows »…) et l’apparition de nouveaux formats de narration (hypertextes, multimédias) ». « Les histoires doivent être plus attractives, plus ouvertes, interactives et adaptées aux nouveaux réseaux sociaux ».

Un axe de recherche serait, grâce aux technologies du MIT, «  de passer d’un film achevé, enfermé dans un livre ou un film, à des formes ouvertes de narration dans lesquelles des acteurs virtuels et des projecteurs « morphables » peuvent changer en temps réel l’apparence physique d’une scène. .. »

« L’audience se détournerait de plus en plus des longs tunnels narratifs de la production hollywoodienne pour se consacrer à d’autres formes et supports de lectures et d’écritures, comme les écrans et les téléphones portables. . La capacité d’Hollywood à raconter une histoire serait progressivement grignotée par l’expansion des messages et des microrécits dans la médiasphère. ». On ne saurait mieux faire écho à notre approche du transmédia qui part des usages multi écrans pour revisiter l’écriture des histoires.

Pour le MIT et Hollywood, il est donc temps de réconcilier les usages et les histoires et le centre pour la narration du futur va s’y employer … dès 2010. En effet, le centre n’ouvrira ses portes à Plymouth qu’en 2010, mais avec une belle dotation de 25 millions de $ de David Kirkpatrick, président de Plymouth Rock Studios et ancien président de Paramount : de quoi patienter …

Le Transmedia Lab est ouvert depuis le 7 Juillet 2009 ! Nous n’avons pas les 25 m$, mais nous avons l’énergie de nos convictions et l’espoir que notre esprit d’ouverture fera fonctionner une forte intelligence collective dans les projets de l’atelier !



Nouveaux formats pour l’animation à Annecy 2009

Par Marc Guidoni • 17 jui, 2009 • Catégorie: Production et évènements
 

annecy09

Cette année fût encore un grand cru à Annecy où le Festival International et le Marché du film d’animation ont battu les records d’affluence. Et ce malgré une crise économique dont il semble bien qu’elle frappe moins durement le secteur des industries de l’image…
Les éléments de bilan des organisateurs sont disponibles sur cette page

Quelques mots sur les nouveaux formats et les nouvelles écritures, puisqu’un focus particulier leur était consacré lors d’une conférence professionnelle en présence notamment de :

  • Tom Mc Gillis (Fresh TV – Toronto)
  • Jerry Hibbert (HRA – Londres),
  • Hervé Tardif (3Dclic – Paris),
  • Franck Ekinci (Studio JSBC – Paris).

Pointons quelques réflexions conclusives de Pierre Siracusa, un des principaux responsables des programmes d’animation pour France Télévisions.
« France Télévisons commandait des 26*26’ jusqu’au début des années 2000 et ils s’en sont progressivement écartés pour aller vers du 52*13 ou du 78*7. Depuis quelques années, FTV prône ainsi le déformatage : il s’agir de recourir de plus en plus à des formats courts (environ 50 épisodes de 1’ à 3’30). En 2006, France Télévision a fait un appel du pied à l’ensemble de la profession sur ces formats très courts. Leur surprise a été de constater que leurs partenaires classiques, gros studios d’animation, étaient peu enclins à répondre… » Comme quoi la théorie selon laquelle l’innovation a besoin de venir ‘d’ailleurs’ semble se confirmer un fois de plus…
« La première série qui les a séduits a été produite par Studio Hari, jeune studio qui leur a présenté plusieurs pilotes, dont ‘la chouette’ et ‘Léon’. Il s’agit d’une merveille d’humour noir, de petits courts-métrages incroyablement talentueux signés par des auteurs qui réussissent à se renouveler en permanence à partir d’une forme on ne peut plus simple. » Il est intéressant de noter que sur les trois associés du studio Hari, deux viennent du jeu vidéo et un de la pub…
Force est de constater que ce studio a réussi à faire exister une forme assez universelle car un distributeur a pris le programme ‘la chouette’ et l’a vendu dans 200 pays …
Pour FTV, « ces formats de séries courtes ont une vocation de R&D, permettant à des producteurs classiques de faire monter certains graphistes à de la réalisation, avec possibilité de développer un format plus long par la suite. »
Porte d’entrée à des nouveaux acteurs, producteurs, auteurs, nouveaux propos… Allez vers des projets plus audacieux, assumez…



Audiovisuel : pratiques individuelles, consommation collective

Par Fabien Granjon • 16 jui, 2009 • Catégorie: Usages
 

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Les pratiques de consommation audiovisuelle ne sauraient être réduites aux moments de visionnage de contenus. Elles se composent également d’un ensemble d’autres activités qui, variées, structurent des répertoires de pratiques plus ou moins complexes et singuliers.

Se tenir informé, découvrir, acquérir, discuter, échanger, partager, stocker, ranger, transférer, etc., sont autant d’actions qui sont la « monnaie courante » tant du consommateur « profane » que du fan ou de l’amateur « expert ». S’intéresser à ces agencements pratiques (et pas seulement au moment du visionnage) est sans doute une des manières les plus habiles de comprendre ce qu’est concrètement la consommation culturelle.

À l’évidence, la complexité de ces combinaisons variées d’activités est sensiblement renforcée par les nouvelles potentialités d’individualisation offertes par les équipements, les réseaux et les services audiovisuels. Pour autant, il ne faudrait pas oublier l’aspect collectif de la consommation audiovisuelle qui, si elle est une rencontre avec des contenus est aussi, la plupart du temps, un « rendez-vous » avec des personnes.

Les usages de la VoD ou du lecteur DVD/PVR sont ainsi souvent liés à des moments préparés et attendus (souvent le week-end), que ce soit avec le conjoint ou des amis. Les écrans (TV, PC et mobile), tout comme leurs activités connexes (informations, téléchargements, etc.) se partagent aussi bien souvent avec des pairs.

Le visionnage, ses à-côtés (e.g. les recommandations) et ses prolongements (e.g. les discussions) permettent par exemple de « se retrouver » avec un proche (ou combler son absence), transmettre des émotions, dire de soi, etc.

Les intérêts, les goûts, les critiques sont par ailleurs des ressources qui alimentent la sociabilité des individus et de leurs communautés électives (groupes de copains, forums, sites, etc.). Support avéré de l’échange conversationnel, la « culture audiovisuelle » (et plus largement « médiatique ») fait partie du stock de connaissances disponibles et supposées partagées par le plus grand nombre.

Et c’est précisément parce que cette forme culturelle permet de créer ou d’entretenir le lien social et repose fondamentalement sur des activités de communication que les TIC ont à l’évidence un rôle des plus importants à tenir dans ce processus.

Pour aller plus loin :

- Boullier (Dominique), La télévision telle qu’on la parle, Paris, L’Harmattan, 2004.

- Glevarec (Hervé), La Télévision est enfin un média : discussion à propos de La fin de la télévision de Jean-Louis Missika, IFRESI-CLERSE, 2007, http://www.lcp.cnrs.fr/pdf/glev-07c.pdf

Fabien Granjon est sociologue au sein du laboratoire Sociology and Economics of Networks and Services (SENSE) à Orange Labs



Brève histoire du transmédia

Par Jean-Yves Le Moine • 15 jui, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

Le mot transmédia a été popularisé par Henry Jenkins directeur de recherches media au MIT lab, dans un de ses livres « Convergence Culture ». Selon lui, le transmédia ce sont des histoires complémentaires racontées sur plusieurs media. Il oppose le transmédia au crossmédia ou au plurimédia où un contenu est décliné sur plusieurs média. Il illustre son concept dans son livre avec des exemples tels que Matrix, Lost and Survivor.

Faris Yakob, planneur stratégique chez Naked london, a popularisé ce concept dans le milieu de la pub en déclarant que le transmédia allait plus loin que le concept du 360. Il a produit pour le démontrer deux schémas simples.


Sample1

L’un pour le 360, où l’on voit bien qu’un même contenu est décliné sur tous les medias.


Sample2
L’autre pour le transmédia, où l’on voit bien également, que différent contenus complémentaires créent une marque communautaire sujette à la participation du plus grand nombre.


A l’issue des discussions engendrées dans les milieux créatifs, Henry Jenkins a affiné son concept en le couplant avec son travail sur la culture participative et la culture des fans : « le transmédia ce sont des histoires se déroulant sur plusieurs media, qui créent un univers-contenu dans lequel les spectateurs participent. »

Ici des informations supplémentaires sur la problématique du transmediaplanning



Evenements

Par Amaury Boulanger • 9 jui, 2009 • Catégorie: Evenements
 

L’appel d’air

Transmedia lab organise un appel d’air à la rencontre des professionnels de la création pour sélectionner jusqu’à 5 projets afin de mettre en œuvre des projets d’écriture transmédia Calendrier :

  • - Présentation du projet à la presse et aux professionnels : 07/07/09
  • - Date limite pour remise des projets écrits : 09/09/09
  • - Séances de pitch des projets présélectionnés : dans la semaine du 19 au 23/10/09
  • - Fin du processus de sélection incluant les séances de pitchs et le choix des projets lauréats : 23/10/09

Envoi du dossier et questions sont à adresser par email à contact ‘at’ transmedialab.org

Téléchargez l’appel d’air pdf

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Le barcamp

Transmedia lab organise un barcamp le samedi 29 aout à la Cartonnerie de Paris située au 159 rue Saint Maur 75011 Paris. Inscrivez vous sur contact ‘at’ transmedialab.org ou http://barcamp.org



Participer pour exister

Par Jean-Yves Le Moine • 9 jui, 2009 • Catégorie: Usages
 

Le monde bouge de plus en plus vite ! selon Ray Kurzweil, un futurologue américain : « Nous doublons tous les dix ans la vitesse à laquelle nous changeons de paradigme. Ce qui veut dire que l’ensemble du XXe siècle n’équivaut qu’à 20 ans de progrès à notre rythme actuel ! »

Le consommateur ne veut plus rester passif, il veut devenir un utilisateur actif. Descartes disait « je pense donc je suis ». Aujourd’hui l’internaute dit : « je suis donc je communique, je twitte, je facebook, je myspace, je partage ». Il faut lui donner les moyens, tous les moyens, d’inventer, de créer. Les histoires ne peuvent plus être imposées, elle doivent être offertes au plus grand nombre, pour que tous se les approprient, les modifient et les racontent à leurs amis.

La participation augmente, et même si elle est encore réservée à une minorité d’actifs les usages progressent. De plus en plus d’internautes génèrent du contexte. Ils parlent, chatent, commentent, un film, un livre, une vidéo postée sur le web. La création de ce contexte crée de la valeur, non seulement du point de vue du contenu lui-même, mais, aussi, pour tous les internautes. Elle doit être suscitée, favorisée au maximum par tous ceux qui veulent raconter des histoires au plus grand nombre.

La vidéo va très vite devenir comme le texte aujourd’hui, au centre de l’échange entre les individus. Les individus vont se raconter et raconter des histoires en vidéo. la vidéo va devenir conversation, comme le dit le sociologue Dominique Cardon de la photo (« La photo comme conversation »).

Les medias sont consommés en simultané notamment par les 13-25 ans. La génération des « digital natives » est fortement « multitasker ». Les jeunes ont une consommation des medias plus large que les adultes. Le peer to peer a été un accélérateur de la consommation des images, une incitation à partager un film ou une musique que l’on aime. Même Hollywood, investit de plus en plus sur d’autres medias que le cinéma (mobile, web, BD, jeux vidéo…)

La participation (plus passive) et la collaboration (plus active) sont devenus les deux pôles de l’appropriation par l’utilisateur des services et des usages. À plusieurs on a moins peur et on devient plus intelligent. L’internaute en fait tous les jours l’expérience. L’intelligence collective est aujourd’hui à l’œuvre sur Internet.

Cette culture participative transforme le contenu en un contenu social, elle permet l’appropriation et la reconnaissance de chacun dans une communauté de plus en plus communicante

Ce post est une nouvelle version d’un texte écrit sur le blog du vide poche



Mot d’ouverture de Xavier Couture

Par Xavier Couture • 7 jui, 2009 • Catégorie: Usages
 

xavier-couture

Les usages du public et des consommateurs changent. Passant naturellement d’un média à un autre, ils suivent leurs univers de contenus favoris sur tous les écrans : cinéma, TV (linéaire ou catch up), mobile, web, jeu vidéo,…
Sur certains médias, ces spectateurs pénétrés de culture 2.0 développent également un mode de participation actif, s’appropriant les histoires, naviguant d’un écran à l’autre, démultipliant l’audience et devenant de plus en plus acteurs de leurs propres histoires..

Orange souhaite accompagner cette évolution et donner une impulsion pour l’élaboration de programmes nativement transmédia répondant à ces attentes. C’est en quelque sorte le véritable « mariage du contenu et du réseau » !

La première initiative consiste en la création de ce blog, baptisé Transmedialab. Ouvert à tous les professionnels, ce blog permettra d’initier et de consolider les réflexions, d’annoncer les évènements, d’être un carrefour entre les différentes initiatives.

Xavier Couture est directeur des Contenus d’Orange



Le transmédia « décodé »

Par Nicolas Bry • 7 jui, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia
 

En repartant de la thèse (eh oui, il y a des thèses sur la transmédia !) de G A. Long, « Transmedia Storytelling, May 2007 », on peut s’essayer à une définition d’un contenu transmédia selon les caractéristiques suivantes :
- une histoire dont les chapitres sont diffusés sur différents médias (TV, Cinéma, Web, Mobile, …)
- chaque chapitre est conçu spécifiquement pour le media qui le diffuse (d’où la prise en compte de la participation quand on écrit le contenu pour le web)
- des points d’entrée multiples dans l’histoire sont proposés au spectateur
- chaque chapitre apporte un complément au précédent : ce n’est pas une répétition narrative de l’histoire d’origine mais une extension
- il est « canonique », c’est-à-dire qu’il se lit indépendamment de l’histoire d’origine

=> le tout pour créer une expérience unifiée entre médias qui donne le sentiment d’entrer dans un univers !

On voit alors la distinction entre transmédia et transfiction : dans la transfiction, les histoires sont diffusées sur différents médias mais chaque texte, chaque site web n’est pas autonome, l’histoire est dépendante de chacune des pièces du puzzle, on ne peut la comprendre qu’en ayant suivi tous les chapitres. Ainsi des émissions de télévision où l’on ne peut participer qu’en ayant répondu à un quizz sur le web ou sur mobile.

De même, le transmédia diffère de l’adaptation qui correspond au passage d’une histoire d’un média à un autre : ainsi l’adaptation du roman de Tolkien au cinéma par Peter Jackson.

Bref, la définition du transmédia induit certes une exigence, mais ce n’est que pour libérer des possibilités de création d’autant plus vastes !



Des usages « multi-écrans » aux usages « trans-médias »

Par Fabien Granjon • 7 jui, 2009 • Catégorie: Usages
 

Ces dernières années, le secteur audiovisuel s’est vu bouleversé par l’émergence des technologies, des réseaux et des services numériques. En amont, ils déplacent l’organisation du marché des industries culturelles et, en aval, ils recomposent la structuration des pratiques de consommation.

Le numérique préside ainsi à un ensemble de transformations en matière de pratiques culturelles. Il offre par exemple des conditions d’accès fortement accrues aux œuvres : multiplication des services de diffusion, développement du peer-to-peer, etc.). Il multiplie aussi les temps et les espaces d’exposition, notamment du fait de la prolifération des offres d’équipement et de service : ordinateurs, baladeurs, vodcast, VoD, pay-per-view, etc.

Aux écrans de télévision se sont ajoutés ceux des ordinateurs et des différents objets communicants (téléphone mobile, Pocket PC, etc.). Aujourd’hui largement présents dans les foyers, les espaces publics et la sphère professionnelle, interconnectables/opérables et reliés à l’Internet, les outils communicants s’imposent comme de nouveaux vecteurs de nature à la fois culturelle et communicationnelle. Les usages qui en sont faits modifient de plus en plus sensiblement les relations aux contenus audiovisuels (besoins, attentes, goûts, etc.) et la manière de les consommer en les combinant dans des répertoires complexes et hétérogènes.

Si dans le domaine de l’audiovisuel, le modèle de diffusion broadcastée de programmes consommés sur un écran TV reste encore la pratique la plus courante, l’on constate toutefois le déport de plus en plus fréquent de certaines activités sur les écrans de l’ordinateur ou du téléphone portable. Ces usages complémentaires (UGC, catch-up TV, etc.) sont plus particulièrement prisés par les jeunes publics (digital natives) pour lesquels le « trans-média » est une potentialité qu’ils actualisent quotidiennement. Le multi-écran, la délinéarisation et les réseaux sociaux concourent ainsi à redessiner l’écologie des pratiques de consommation audiovisuelle, les rendant tout à la fois plus individualisées et plus partagées.

Pour aller plus loin : séminaire MELODI (Medias & Loisirs audiovisuels) : ici

Fabien Granjon est sociologue au sein du laboratoire Sociology and Economics of Networks and Services (SENSE) à Orange Labs