Audiovisuel : pratiques individuelles, consommation collective
par Fabien Granjon , publié le 16.07.2009
Les pratiques de consommation audiovisuelle ne sauraient être réduites aux moments de visionnage de contenus. Elles se composent également d’un ensemble d’autres activités qui, variées, structurent des répertoires de pratiques plus ou moins complexes et singuliers.
Se tenir informé, découvrir, acquérir, discuter, échanger, partager, stocker, ranger, transférer, etc., sont autant d’actions qui sont la « monnaie courante » tant du consommateur « profane » que du fan ou de l’amateur « expert ». S’intéresser à ces agencements pratiques (et pas seulement au moment du visionnage) est sans doute une des manières les plus habiles de comprendre ce qu’est concrètement la consommation culturelle.
À l’évidence, la complexité de ces combinaisons variées d’activités est sensiblement renforcée par les nouvelles potentialités d’individualisation offertes par les équipements, les réseaux et les services audiovisuels. Pour autant, il ne faudrait pas oublier l’aspect collectif de la consommation audiovisuelle qui, si elle est une rencontre avec des contenus est aussi, la plupart du temps, un « rendez-vous » avec des personnes.
Les usages de la VoD ou du lecteur DVD/PVR sont ainsi souvent liés à des moments préparés et attendus (souvent le week-end), que ce soit avec le conjoint ou des amis. Les écrans (TV, PC et mobile), tout comme leurs activités connexes (informations, téléchargements, etc.) se partagent aussi bien souvent avec des pairs.
Le visionnage, ses à-côtés (e.g. les recommandations) et ses prolongements (e.g. les discussions) permettent par exemple de « se retrouver » avec un proche (ou combler son absence), transmettre des émotions, dire de soi, etc.
Les intérêts, les goûts, les critiques sont par ailleurs des ressources qui alimentent la sociabilité des individus et de leurs communautés électives (groupes de copains, forums, sites, etc.). Support avéré de l’échange conversationnel, la « culture audiovisuelle » (et plus largement « médiatique ») fait partie du stock de connaissances disponibles et supposées partagées par le plus grand nombre.
Et c’est précisément parce que cette forme culturelle permet de créer ou d’entretenir le lien social et repose fondamentalement sur des activités de communication que les TIC ont à l’évidence un rôle des plus importants à tenir dans ce processus.
Pour aller plus loin :
- Boullier (Dominique), La télévision telle qu’on la parle, Paris, L’Harmattan, 2004.
- Glevarec (Hervé), La Télévision est enfin un média : discussion à propos de La fin de la télévision de Jean-Louis Missika, IFRESI-CLERSE, 2007, http://www.lcp.cnrs.fr/pdf/glev-07c.pdf



