De la démocratisation des outils

CNA

par Jean-Yves Le Moine, publié le 9.09.2009

Aujourd’hui on peut faire un long-métrage dans sa salle de bain !

En effet les outils de création numérique se sont démocratisés et simplifiés. L’autre jour, j’étais à l’Apple store de Londres et une belle Anglaise d’une quarantaine d’années était au téléphone avec, son fils et lui disait, une boite de Final Cut Pro, le logiciel de montage, dans la main, «c’est la version professionnelle, tu es bien sur que c’est celle que tu veux ? » Visiblement, on acquiesça au bout du fil puisqu’elle se dirigea vers la caisse, sa boîte sous le bras.

Certes, le minimum de matériel pour tourner, monter et postproduire un film n’est pas encore pour toutes les bourses, mais son prix a certainement été divisé par 20 en 10 ans. Aujourd’hui, l’investissement pour pouvoir produire un long métrage en HD dans une qualité correcte tourne autour de 20 000 euros.

On peut également penser, à voir les technologies des appareils photos et même des téléphones portables qui commence à avoir des capacités HD en vidéo, que ce coût va encore se réduire de moitié dans les trois ans. Non seulement le potentiel, mais aussi l’ergonomie des outils s’améliorent. Le différentiel entre les outils vraiment pro et ceux amateurs s’estompe allégrement.

Cette démocratisation des outils de création accompagne les nouveaux usages où l’utilisateur devient plus actif. Mais attention, ne deviendra pas talentueux, auteur ou artiste, selon le nom qu’on lui donne, qui veut. Mais cette démocratisation permet dès aujourd’hui à certains  jeunes talents qui n’avaient pas forcément accès à ces outils par le passé de se faire connaître en ayant du succès avec un film de qualité, posté sur YouTube ou Dailymotion, un film réalisé et produit dans des conditions quasi professionnelles.

Cette démocratisation des outils est intrinsèquement liée au numérique, elle a commencé par la musique, s’est poursuivie par la vidéo et atteint maintenant le cinéma. Les coûts de production du cinéma numérique sont en train également de chuter, et l’on pourrait voir dans quelques années dans les salles l’avènement d’un nouvel UGC : le User Generated Cinema.

Ce phénomène ne peut que profiter au transmedia et à la culture participative en œuvrant à la qualité globale de l’univers transmedia.