Le producteur transmedia est plus que jamais au coeur d’un réseau de compétences élargies
par Marc Guidoni , publié le 10.09.2009
Producteurs, réjouissez vous…
Il me semble qu’une des raisons d’être de notre métier – pourtant par ailleurs si difficile – c’est le plaisir de travailler en interface avec toute une palette de talents, de personnalités, de compétences, de cultures…
Etre producteur, c’est avant tout se poser en artisan généraliste qui sait faire circuler une énergie créative entre des acteurs de mondes très différents : artistes, financiers, juristes, techniciens, communicants, et bien d’autres encore… Pour mener à bien cette ingénierie complexe qui est au cœur même de l’industrie des contenus, un producteur devra tricoter ensemble des fils qui n’étaient pas initialement faits pour se rencontrer. Pour reprendre un terme inventé par un ami producteur/distributeur qui se reconnaîtra, un producteur se doit finalement d’être un génial ‘mayonnaiseur’…
Avec l’émergence du transmedia, c’est une nouvelle fenêtre qui s’ouvre et de nouvelles connexions professionnelles qui se mettent nécessairement en place : avec des spécialistes de web 2.0, des web designers, des web masters, des experts en technologies numériques, des dessinateurs, des scénographes, des game-designers de jeux vidéos, des spécialistes de création et d’animation de communautés en ligne… Mais aussi avec des annonceurs, des parrains, des mécènes, qui souhaiteront apporter dés l’amont une visibilité et une présence intelligente dans des programmes qu’ils souhaiteront soutenir…

Soulignons au passage que c’est la principale ambition des pôles de compétitivité français qui se mettent en placent depuis 3 ans à Lyon avec Imaginove (www.imaginove.fr) et à Paris avec Cap Digital (www.capdigital.com), que de faire se rencontrer ces différentes sphères technologiques, économiques et artistiques, notamment par le pivot des producteurs/entrepreneurs.
Pour un producteur, le transmedia, c’est donc tout naturel… C’est élargir un peu plus loin son spectre habituel de travail en le rendant encore plus intéressant.
Mais au delà du seul plaisir d’un travail sans cesse plus passionnant, c’est aussi un réel investissement stratégique dans l’avenir. En effet, une directrice de programmes au sein d’une grande chaine hertzienne me confiait récemment que pour elle, avec le transmedia, ce sont les producteurs qui vont ressortir avec plus de cartes en main et une meilleure maîtrise de leurs projets. En effet, de ‘simples’ producteurs de contenus livrés aux diffuseurs, ils deviennent producteurs et gestionnaires d’univers qu’ils ont vocation à co-animer aux côtés des médias de diffusion.
Ainsi, les grands diffuseurs qui ont longtemps eu un pouvoir relativement sans partage sur l’industrie des contenus vont quelque peu rééquilibrer les relations d’affaires avec le monde de la production.
Et c’est tant mieux…




Merci pour ce post. Voilà résumé en quelques lignes tout ce que l’on peut souhaiter aux producteurs. Espérons que ces nouvelles situations permettront à chacun de voir que le difficile de la production ne réside pas dans la faiblesse de telle ou telle catégorie d’acteurs (prod / auteurs / diffuseurs…) mais bien du fait de devoir travailler tous ensemble plutôt que chacun dans son coin…
Oui, comme nous nous le sommes dit lors du barcamp, un projet transmédia commence par la nécessité d’être transmédia dans sa propre tête, dans sa manière de travailler, de construire des équipes, de faire des deals… Il faut décloisonner à tous les étages…