Clara Sheller en colocation transmedia !
par Harold Valentin , publié le 28.08.2009
A France 2, une des premières expériences cross media tentées en fiction de prime time a concerné le lancement, avec une agence spécialisée, de la deuxième saison de Clara Sheller, qui arrivait avec un double handicap : trois ans d’écart avec la première saison et un casting complètement renouvelé. Le dispositif était essentiellement fondé sur la promotion mais plutôt ludique : soirée de lancement pour les blogueurs quatre mois avant la diffusion – avec six épisodes de 19h à 2h du matin dans les magnifiques locaux construits par Renzo Piano pour EMI, éditeur de la BO ; mise en ligne d’un site avec interviews d’anonymes sur les personnages de la première saison ; jeu autour de « on est tous Clara Sheller » et composition d’un mur numérique avec les visages de celles (et ceux ?!) qui avaient répondu ; jeu pour une sushi dinner-party avec la comédienne qui reprenait le rôle-titre, Zoé Félix, etc … jusqu’à la mise en ligne gratuite 8 jours avant la diffusion des deux premiers épisodes (environ 30 000 visionnages). Six mois plus tard, pour le lancement de « Fais pas ci, fais pas ça », nous avions l’intention de lancer un webisode par semaine pendant deux mois avant la diffusion … mais hélas, les auteurs ont été pris par le temps …; comme ABC avait acheté les droits, on a quand même tenté – avec un succès relatif – un buzz autour du lancement de la série aux US, avec des extraits en anglais, les comédiens se doublant eux-mêmes … so french !
Bref, la prochaine fois, on a compris qu’il est indispensable de penser le cross media dès le départ, à partir des mêmes fondations, mais en fonction des usages liés à chaque support. Comment ? hmmm… à suivre. Mais une chose est sûre : face à la concurrence américaine, au vieillissement de son public, et à la délinéarisation de sa consommation, la fiction française doit renforcer le lien qu’elle entretient avec les téléspectateurs : identification, attachement aux personnages, lien émotionnel, dramaturgie, durée des séries mais aussi jeu avec le téléspectateur ; et là, le chantier du cross media est largement ouvert. Des alliances seront sans doute nécessaires pour bousculer nos habitudes de travail, et cela peut être vraiment très excitant.





Tiens tiens… Ce ne serait donc pas un hasard si la jolie Clara a rimé avec Transmédia?…
Clara Sheller est de mon point de vue (tout est toujours relatif…) une des 2 ou 3 plus belles réussites de séries de création originale française depuis… Allez, disons 20 ans… Un renouvellement en profondeur, du sol au plafond : visages de comédien(ne)s, style de réalisation, ancrage dans la vie, la vraie, la nôtre…
Et surtout une manière rafraîchissante et audacieuse de raconter des histoires…
Faut-il en déduire que le transmédia trouve plus facilement à s’enraciner quand on place la barre de l’exigence globale d’un projet un peu plus haut que l’habitude?…
Toujours est-il que si j’avais un des scénaristes de Clara sous la main, j’aurais deux mots à lui dire…
Le premier serait ‘bravo’…
Et le deuxième reprendrait très directement le point évoqué par Harold : comment ‘penser transmedia’ dès le départ d’un projet quand on est face à sa feuille blanche de scénariste?…