recherche enfr
Lisez, partagez ! Se déconnecter
Quand le Digital redéfinit l’approche narrative de nos Séries TV storytelling

Quand le Digital redéfinit l’approche narrative de nos Séries TV

Par Vincent Puren publié le 19/03/2013 0 commentaire(s) 4 minutes

La Social TV est passée du rang de tendance prometteuse à celui de phénomène populaire. De la technique (Zeebox, Kwarter) à l’éditorialisation (Darewin, Campfire), un véritable écosystème se forme autour de cette approche «connectée» née de la pratique du multitasking. 

Parmi les acteurs de ce marché, on retrouve également les spécialistes de l’analytics tels que Bluefin Lab (racheté par Twitter pour 40 millions de dollars), Mesagraph ou Social Guide (racheté par Nielsen). Ceux-ci jouent un rôle capital puisqu’ils permettent de mesurer l’influence de la Social TV dans nos usages et surtout d’estimer quels types de programmes se prêtent le mieux à nos agissements transmedia. Sur Twitter, au coeur des problématiques de TV sociale, 40% des conversations en soirée concernent la télévision. Cette plateforme sociale est donc incontournable, pourtant elle semble privilégier certains formats, majoritairement des programmes sportifs et les TV réalités.

Effectivement, si l’on vous demande un jour d’expliquer ce phénomène, il y a de fortes chances pour que vous citiez le SuperBowl, dont l’édition 2012 a engrangé plus de 30 millions d’interactions (principalement sur Twitter mais aussi sur Facebook ou Getglue) et 270 000 tweets par minute lors du spectacle de Beyonce. De «The Voice» (environ 300.000 tweets par émission) à «Splash» (100.000 tweets) en passant par «Star Academy» (65.000 tweets)  force est de constater qu’en France, les Show Télévisés occupent seuls le devant la scène «sociale». Les producteurs et les chaînes commencent justement à fabriquer leurs programmes en fonction des tweets et autres interactions qu’ils génèrent.

Ce constat ne reflète pas pour autant un manque d’intérêt des téléspectateurs/internautes pour la fiction, puisque des séries comme The Big Bang Theorie (15,8 millions par épisode) ou Game of Thrones (4,2 millions de téléspectateurs), battent des records d’audiences, malgré le nombre excessif de piratages. La faute n’est pas non plus imputable aux studios de production puisque leurs communautés de fans sur les réseaux sociaux font partie des plus importantes. Mais alors, pourquoi les fictions peinent-elles à faire autant de bruit  que les TV Show ?

Cette question, nombreux sont ceux qui se la sont posés. Pourtant, elle n’a pas lieu d’être, puisque ces différents formats sont tout simplement incomparables. Ils ne requièrent pas la même attention et ne répondent pas aux mêmes types de besoins. Prenez par exemple un évènement sportif comme un match de football, qu’est-ce qui fait sa force ? Le côté festif, le rassemblement, les débats entre amis. A l’inverse une fiction se consomme de manière beaucoup plus personnelle. Cela ne nous empêche en rien d’exprimer notre ressenti et d’échanger avant ou après la diffusion / le visionnage.

En bref, c’est la dimension temporelle qui sépare une fiction d’un autre programme TV. Il ne faut pas chercher à développer une mécanique virale pendant un épisode de série TV tout simplement parce que nous préférons nous concentrer et vivre une expérience passive, (mais immersive!). Par ailleurs, avec la fragmentation des supports, il devient compliqué de concentrer l’ensemble du public sur une seule plage horaire. Les modèles changent et laissent libre choix aux internautes de visionner leur programme quand bon leur semble. «House of Cards» symbolise cette nouvelle ère de la fiction TV. Inspirée d’une série britannique à succès, cette production de Netflix innove par son mode de diffusion, consistant à mettre les 13 épisodes en ligne simultanément. Preuve de l’engouement du public pour cette nouvelle approche, le trailer de « House of cards » fait parti des vidéos les plus consultées  sur le Canal YouTube de Netflix avec un peu plus de 1,2 million de vues.

Vous l’aurez compris l’intérêt de la Social TV diffère d’un format à un autre. Pour les TV show elle consiste à faire un maximum de bruit sur la toile pendant la diffusion afin d’éveiller la curiosité des internautes et les convertir en téléspectateurs – ceux-ci pour augmenter l’audience (plus elle est forte, plus l’espace publicitaire est monétisé à prix élevé). Quant aux fictions l’enjeu est double, il consiste à recruter un nouveau public et fédérer plus profondément les fans entre chaque saison, voir chaque épisode. La Social TV est d’ailleurs l’approche marketing la plus crédible pour concrétiser sa phase de recrutement. En sachant que 92 % des gens font confiance à leurs amis et que 47% seulement sont prêts à se laisser influencer par un discours publicitaire, le bouche-à-oreille développé par les dispositifs de Social TV semblent plus prometteurs que les formats marketing traditionnels.

Defiance

«Sons of Anarchy», «Vikings», «Defiance», Les scénaristes seront d’ailleurs de plus en plus nombreux en 2013 à plancher sur des scripts intégrant le second écran. Avec une moyenne de 15 applications par tablette et 18 sur smartphone, ce phénomène devient indissociable du petit écran. Il a d’ailleurs ses propres «Awards». En effet, le magazine Variety organisait le 29 novembre dernier les Entertainment App Awards. Organisée en partenariat avec l’Application Developers Alliance, une association qui promeuve le travail des développeurs, cette cérémonie fut l’occasion de valoriser les meilleures applications de Social TV.

QU’EN EST-IL DE L’ECO-SYSTÈME FRANÇAIS ?

Pour le moment les initiatives se font rares. Plusieurs acteurs ont fait leur apparition à l’image de Darewin Agency, seule agence à ce jour spécialisée dans la scénarisation d’expériences de Social TV et de Novedia, centré sur la TV connectée avec son offre «Kind of TV». Tous deux restent cependant incomparables, puisque leur offres et leurs clients différent radicalement.

A l’image du marché, les principales expérimentations de Novedia tournent autour de TV réalités et du Sport. Pour Darewin, les choses sont différentes puisque la start-up (a) travaille(é) autour de la diffusion locale de quelques productions américaines à succès telles que Fringe, Walking Dead et Vampires Diaries.

fringe-poster-3

L’intégrale de la série Fringe, diffusée actuellement sur NT1, a été l’occasion de lancer une traque digitale de «l’Observateur», ce personnage mystérieux de la série qui se dissimule dans chaque épisode. Ainsi, les internautes sont invités à le chasser sur la toile, dans les visuels du site, de la page Facebook et du compte Twitter de NT1, ainsi que sur plusieurs blogs. Les plus chanceux en mesure de repérer ce personnage, doivent ensuite le signaler sur Twitter avec le mot-dièse #FringeNT1 et sur les posts dédiés de la page Facebook de NT1 avec une capture d’écran ou un lien Internet. Ce signalement permettant de devenir membre de la «division Fringe» et d’être récompensé par des cadeaux collectors et une carte de la Division Fringe personnalisée.

Concernant l’opération «Zombie Attack» initiée par l’agence autour de la série The Walking Dead,  en France également, l’étude de cas à découvrir ci-dessous confirme l’intérêt du public pour ce genre d’expériences.

Pour conclure, j’aimerais rappeler que les bonnes performances des émissions de TV réalités et des émissions sportifs n’en font pas pour autant les programmes phare de la sphère sociale. Forte de son univers, la fiction reste à mon sens le format le plus intéressant à investir. Imaginer des briques narratives en mesure d’impliquer et de fédérer le téléspectateur au delà du petit écran, est un défi très excitant que devront accomplir chaque séries à l’avenir, sous peine de se perdre dans l’océan de productions TV et (ou) d’être délaissées au détriment du téléchargement illégal.

Founder and Editorial Manager of « L'Atelier du Numérique », a plateform dedicated to creatives technologies and disruptive communication.

"
  • Vous êtes connecté à Facebook Partage inactif : Partage actif : Se déconnecter

nos outils pour vos projets transmedia

rejoignez-nous