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sommaire
  1. Hollywood et transmedia : un mariage d’argent
  2. Le cinéma interactif : le retour à la salle comme sanctuaire
  3. La salle de cinéma à l’épreuve du transmedia : l’exemple de Trafics
  4. La politique d’ARTE Cinéma en matière d’innovation créative
  5. De la théorie à la pratique
  6. La communauté remplace la cible

 

7Projets à venir

 

Après ce rapide tour d’horizon du cinéma participatif, Michel Reilhac nous met l’eau à la bouche en évoquant le travail de Fourth Wall Studios, société californienne qui a ainsi levé 15 millions de dollars il y a un an pour développer huit projets transmedia natifs, et qui compte financer la production de ces projets avec un accès à un fonds privé de 200 millions de $. Parmi eux, l’alléchant projet Cathedral, dont la mise en ligne est prévue fin 2012 mais dont le trailer fait d’ores et déjà sensation.

Autre projet transmédiatiquement fou sur les rails, dont Michel Reilhac nous parle avec passion, vient de Russie.

Tourné dans un ancien centre nautique de l’époque stalinienne en Ukraine, le projet de film « traditionnel » existe déjà depuis quatre ans. Lorsque le budget initial a été dépassé, la production a décidé d’ajouter une dimension transmedia au scénario original, afin de trouver de nouvelles sources de financement. C’est désormais chose faite puisqu’un investisseur privé a placé 6 millions d’euros dans le projet à condition de récupérer l’intégralité des bénéfices du parc d’attractions lié à l’univers du film, qui sera ouvert sur les lieux mêmes du tournage. Outre le parc, une série télévisée est envisagée autour du film pour mettre à profit les 450 heures de rushes accumulées lors de ce tournage marathon. La sortie de ce projet mastodonte, mais dont on ne connait encore que peu de détails, est prévue pour mi 2013 et il semblerait qu’ARTE Cinéma s’y implique, d’une manière ou d’une autre.

Au-delà de ces exemples transnationaux, ARTE coproduit actuellement Rosa, premier long-métrage français nativement transmedia réalisé par Lucile Chaufour (Violent days).

Rosa, dont le blog est déjà disponible ici, est un film d’anticipation se déroulant à Paris sur 4 époques différentes, une dans le futur et trois dans le passé. « Il s’agit d’un projet très complexe sur le plan technologique, nous confie Michel Reilhac. Le film de cinéma constituera la fin du dispositif, et fera la fusion entre deux récits activés en amont: un sur la cybernétique à destination des geeks et l’autre sur l’univers de la pin-up, conçu pour un public plus féminin. »

L’arche narrative du film sera donc construite à partir de ce tronc commun, et quelques image seront même issues de la participation des joueurs les plus engagés, mais Michel Reilhac ne peut nous en dire plus malgré son enthousiasme visible : « comme la plupart des œuvres transmedia, le secret est une des bases du projet, dont la portée et la mécanique repose sur l’effet de surprise ». On sait seulement que le film sera accompagné par une exposition, plusieurs sites web et une série de courts métrages – mais cela suffit pour nous faire attendre avec impatience le début du projet.

Deux autres projets prometteurs, coproduits par ARTE France Cinéma, ont été évoqués par Michel Reilhac à la conférence Hors pistes.

Le premier, Comment j’ai détesté les maths, est un webdocumentaire produit par Zadig Productions, prévu pour une sortie en salles, avec sur le web un appel à témoignages de sa phobie ou son amour des mathématiques.

Enfin, un projet non pas cinématographique mais sur le cinéma : une application smartphone de réalité augmentée, en mesure de créer une cartographie de Paris à travers les films qui y ont été tournés. Prévue pour début 2013, la mécanique de l’application se fonde sur trois principes très « transmedia » :

–         la géolocalisation : le téléphone repère l’endroit où il se trouve et diffuse les extraits des films correspondants

–         la ludification de l’expérience : l’utilisateur gagne des points en devinant les films d’où sont issus les extraits

–         la participation : l’utilisateur aura la possibilité d’enregistrer sa propre version « suédée » de la séquence, au même endroit

Face un tel principe faisant appel aux archives et à la « mémoire-cinéma » d’une ville, la déclinaison du projet est d’ores et déjà envisagé à Berlin, Rome, Tokyo et New York, villes ô combien cinématographiques.

Le transmedia n’est donc pas une révolution mais est en bonne voie pour devenir un art à part entière selon Michel Reilhac : « Tout comme le cinéma était considéré comme un art forain, donc mineur, à ses débuts, le cinéma classique a aujourd’hui une position très élitiste envers le jeu vidéo, considéré comme une forme vulgaire du divertissement audiovisuel. Et la perception est encore pire pour le web. Cela prend du temps aux pionniers, mais les évolutions des mentalités vont de plus en plus vite. »
Rendez-vous d’ici la fin de l’année et début 2013 pour découvrir ces nouvelles formes de création, qui vont répondre au plus gros défi du transmedia : « assumer le fait que le spectateur ne soit plus passif, sans pouvoir pour autant anticiper réactions et comportements, et accepter le risque que cela vous emmène dans des recoins non prévus. »


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