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sommaire
  1. Hollywood et transmedia : un mariage d’argent
  2. Le cinéma interactif : le retour à la salle comme sanctuaire
  3. La politique d’ARTE Cinéma en matière d’innovation créative
  4. De la théorie à la pratique
  5. La communauté remplace la cible
  6. Projets à venir

3La salle de cinéma à l’épreuve du transmedia : l’exemple de Trafics

Lors de la conférence d’Hors Pistes, la question de l’interactivité au cinéma s’est alors posée, non plus pour le cinéma blockbuster, le cinéma de genre ou la publicité, mais pour le cinéma d’auteur, à l’économie plus fragile mais aux possibilités créatives tout aussi (sinon plus) infinies.

 

Comment, en effet, accompagner la mutation de l’expérience cinéma, en s’inscrivant dans l’évolution numérique autrement par le simple procédé de projection ? Comment mieux communiquer, comment interagir avec les spectateurs ?

Pour Luigi Magri, exploitant des trois salles du cinéma Jacques Tati de Tremblay-en-France, il s’agit d’abord de décloisonner la salle de cinéma, transformer les genres, y faire venir d’autres disciplines : « Avec l’équipement numérique de la salle, on a pris conscience de toutes les possibilités technologiques qui s’offrent à nous en terme de contenus alternatifs. Dans le même temps, numérique et multimédia deviennent omniprésents dans des pratiques artistiques telles que le spectacle vivant, le théâtre, la danse, la peinture. »

Passionné par cette idée de pluridisciplinarité, il a donc initié durant l’automne 2011 la manifestation « TraficS » : la « diffusion » quatre expériences très différentes, qu’on peut rassembler sous le terme de cinéma transmedia tant les quatre œuvres sont à la croisée des arts, entre spectacle vivant, projection et art interactif.

Entre octobre et décembre dernier, l’art et essai de Tremblay-en-France s’est ainsi essayé au « hors-cinéma ».

 

 

  • Tarentelle (Histoire de la tache) de Marie-Laure Cazin : un « anti-cinéconcert » où les musiciens sur scène provoquent le remontage du film en direct. Les interactions sont à la fois automatiques (vibration, colorimétrie et vitesse du film) et manuelles, puisqu’une monteuse présente dans la salle intervient également sur le déroulement du film.

 

  • Laboratoire pour une salle interactive : Palombella Rossa, expérience menée par Eugenio Renzi (proposée dans le cadre des Rencontres Cinématographiques de Seine-Saint-Denis) : promenade interactive entre le film,  un iPad et Internet autour du film de Nanni Moretti et de la politique italienne.

 

  • Méta-danse du chorégraphe Hamid Ben Mahi (compagnie Puce Muse) : performance dansée, musicale et visuelle  créée en collaboration avec le musicien Serge de Laubier, compositeur et chercheur autour de la musique numérique.

Living cinema, iSalle, cinéma interactif ou performance audio-visuel : l’ensemble de ces différents termes, tous revendiqués par un ou plusieurs des artistes cités ci-dessus, se rejoignent dans l’idée d’une expérience unique et multiple à la fois, dont le sanctuaire de la salle de cinéma est sans conteste le meilleur écrin pour capter l’attention et la participation du spectateur.

Pour Luigi Magri, ces expériences remettent à nouveau l’humain-spectateur au cœur du dispositif, comme lors des débuts du cinéma : le spectateur redevient actif dans la salle, et la force de l’expérience collective est à nouveau recherchée et valorisée, puisqu’elle peut modifier le contenu projeté.

Le fait d’avoir relié volontairement à Internet les salles de son cinéma est symptomatique de la vision du cinéma selon Luigi Magri : que ce soit sur le grand écran ou bien sur les écrans individuels des spectateurs, l’interactivité est à ses yeux essentielle pour maintenir l’intérêt et l’activité de salles comme les siennes aux yeux de ses usagers – quitte à bousculer un peu son public en lui proposant des œuvres aussi expérimentales que cet automne.

Rendue possible grâce aux aides financières de la municipalité et du Conseil Général, la manifestation TraficS reste avant tout un prototype de manifestation, présentant des œuvres qui elles-mêmes ont été subventionnés par les pouvoirs publics ou les différentes aides apportées à la création (bourses, résidences d’artistes, etc.). Aussi fortes et singulières soient-elles, ces œuvres témoignent également de la réalité d’une économie qui reste encore subventionnée et expérimentale.

Face à une industrie plus fragile qu’on ne le croit, le transmedia pourrait apporter à la salle de cinéma ce qui lui manquait pour rester le centre d’une expérience immersive inégalée, à condition de pouvoir la valoriser à travers le soutien aux nouvelles écritures et l’émergence de nouveaux modes de diffusion, en dehors des circuits classiques de programmation.


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