Le 3 mai dernier se tenait la remise des prix à destination des nouveaux lauréats de la Bourse Orange / Formats innovants au siège de la SACD. Devant un parterre de professionnels et de journalistes, en présence des membres du comité de sélection, des équipes d’Orange et de l’Association Beaumarchais, les lauréats ont pu présenter leurs projets respectifs et recevoir leur bourse d’écriture. A cette occasion, nous vous proposons de découvrir chaque semaine, les projets lauréats et leurs porteurs dans une série d’articles entamée la semaine dernière avec « Jézabel » de Julien Capron. Place maintenant à « DETOUR », une immersion interactive proposée par Nicolas Simonin.
Ingénieur de formation, Nicolas a vécu et travaillé en Amérique latine où il a auto-produit, écrit et réalisé son 1er court-métrage. De retour en France, il bifurque donc pour suivre un cursus de formation à l’écriture audiovisuelle, au CEEA. Son parcours l’amènera ensuite à travailler pour M6, TF1, France 2, mais aussi dans une start-up de l’internet. Scénariste globe-trotter, il vit aujourd’hui la moitié de l’année à Los Angeles et écrit pour des séries policières françaises (RIS, Section de Recherche…).
Sa fascination pour la nuit et ses nombreux séjours aux quatre coins du globe l’ont amené à se questionner sur l’étrange similitude des villes la nuit et leur capacité au détour d’une avenue ou d’un décor familier, à laisser surgir une autre réalité, beaucoup plus effrayante.
C’est en partant de cette réflexion que Nicolas a décidé d’ébaucher il y a quatre ans le projet DETOUR. Une expérimentation qu’il défend depuis auprès de multiples commissions (CNC, SACD Fond 2.0., La Parisienne d’Image Canal+, etc…) parmi lesquelles la Bourse formats innovants d’Orange et Beaumarchais, qui vient tout juste de le récompenser. Une consécration !
UN MONDE PERSISTANT A LA CROISEE DES LEGENDES URBAINES
DETOUR est un Monde Persistant qui immerge l’internaute au cœur de cauchemars urbains via une plate-forme multimédia simulant la carte d’une ville et une fiction courte de 16 minutes (ou 3×6 minutes). Inspiré d’expériences urbaines vécues par son créateur dans des mégapoles telles que Paris, Los Angeles, Mexico, ou Buenos Aires, cette fiction met en scène une ville sujette à d’inquiétants cauchemars urbains.
Parmi cet étrangetés citadines, on retrouve une voie ferrée dévorant un marcheur imprudent, un appartement effaçant votre reflet de tout miroir pour mieux vous piéger ou encore un sandwich avalé à la va-vite déclencheur d’une terrifiante transformation physique dans les couloirs du métro…
Ces histoires collectives que DETOUR met en scène à travers 6 individus, s’inspire de lieux publics que nous croisons tous les jours, et qui peuvent potentiellement devenir « le théâtre de terreurs urbaines surprenantes ».
L’intérêt premier est donc d’inviter les spectateurs à endosser le rôle de ces victimes de cauchemars urbains et d’influer sur leurs histoires puis de les partager via les réseaux sociaux. Un levier viral pertinent puisque généralement dans ce genre de narration chorale, les personnages finissent par s’entre aider.
L’approche scénaristique ici est réaliste, puisqu’il il n’y a pas de heros, de protagoniste principal. Si les personnages se croisent, chacun reste prisonnier de sa propre phobie.
Pour compléter cette fiction horrifique, Nicolas a auto-produit 2 courtes fictions dont « Derailed ». Ce court métrage d’horreur auto-produit en France et sélectionné au concours d’Halloween des Studios Universal a récolté 5 prix et son auteur vient de signer un deal de distribution chez Fearnet.com, plateforme internet spécialisée dans le cinéma d’horreur.
Finalement, ces fictions lui ont permis de se mesurer à la production/réalisation, d’obtenir des prix, et de fédérer une audience sur le net via les réseaux sociaux, désireuse d’explorer DETOUR.
« Je crois que DETOUR tiens a cette fascination que nous avons tous pour l’inquiétante étrangeté qui peut surgir à tout instant du quotidien. L’émotion de la peur n’a pas encore été vraiment exploité dans le transmedia ou sur Internet en général » ajoute Nicolas Simonin.
Il est vrai qu’il y a beaucoup plus de projets de comédies qui trouvent preneurs, car ceux-ci sont moins segmentaires. Nicolas reste malgré tout convaincu que l’horreur à sa place sur le net, car l’expérience de l’internet est justement une expérience de l’immédiat, sans passé, ni avenir, comme l’est celle de l’épouvante. « Vous êtes surpris ou effrayé à l’instant présent ».
A l’heure actuelle, le producteur recherche avant tout des partenaires, producteurs et pourquoi pas des sponsors et (ou) des marques, désireux de communiquer à travers cet angle inédit de narration transmedia, qu’est le Thriller horrifique. Il reste persuadé que sa démarche est novatrice, et en mesure de fédérer une large audience. Ces anciennes expérimentations tendent à le prouver.
Certes, l’horreur est un mode de narration plus sérieux et moins fédérateur du grand public que la comédie, mais ce genre peut justement toucher un public de vrais passionnés très actifs sur la toile et les réseaux sociaux. Et c’est ce public-là qu’il compte bien accrocher avec DETOUR.
Pensé à l’international, cette expérimentation est en mesure de toucher à la fois la France, mais aussi les pays Anglophones et Hispanophones. L’horreur est en ce sens un genre multiculturel, reposant sur des mythes, des émotions partagées par tous.

étude de cas
