Pottermore: une nouvelle brique de l’univers Harry Potter

pottermore

par Ana Vasile, publié le 5.07.2011

Pottermore est un nouvel élément de l’univers d’Harry Potter. Cette saga s’étend sur 7 livres et 8 films : un univers narratif riche et magique qui retrouve ses origines dans les romans de J.K. Rowling. Ses livres ont été vendus à 450 millions d’exemplaires. La deuxième partie du film Harry Potter et les reliques de la mort sort le 13 juillet.

Pottermore est un site web promettant une nouvelle expérience online dans l’univers livresque d’Harry Potter, placé sous le haut patronage de son auteur. Construit comme un réseau social, le site a pour ambition de réunir la communauté globale des fans d’Harry Potter, jusqu’ici disséminée sur des centaines de sites crées par des fans ou officiels.

Dans une conférence de presse à Londres, J.K. Rowling déclarait que le site met à la disposition de ses utilisateurs des nouvelles histoires, jamais inclues dans les livres et l’intégralité de ses romans, pour la première fois vendus en format e-book. Les livres se veulent multimedia, avec des illustrations et des éléments interactifs. Henry Jenkins écrivait dans son analyse que cette expérience pourrait être le projet transmedia le plus visible de nos jours.

 

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Rowling affirmait : « Pottermore est une expérience magnifique où j’ai la possibilité d’être créative avec un media qui n’existait pas en 1990. » Les rumeurs disent que la plateforme deviendra le point de rendez-vous pour les fans, en offrant des jeux, une encyclopédie officielle, des lectures par Stephen Fry et des compétitions. Ces spéculations ont une bonne base : L’année dernière, le studio Warner Bros enregistrait la marque « Pottermore » en spécifiant son contenu : des jeux onlines, du live chat, des vidéoclips et des programmes littéraires.

Les spéculations vont plus loin et rêvent d’un projet transmedia : avec un jeu MMO, qui continuerait dans le monde réel. Le Times UK laissait comprendre que « ce nouveau site  est un jeu en ligne sophistiqué dévoilant des indices pour découvrir des prix cachés dans le monde réel. Des baguettes magiques sont à trouver en Angleterre, en Amérique et potentiellement dans d’autres pays ».

Rowling a déjà écrit pour cette plateforme online plus de 18.000 mots qui décrivent en détail des personnages, des lieux et des objets de son univers magique.

Révolution dans l’édition des livres


Si, dans le passé, Rowling avait refusé de publier la saga d’Harry Potter en format e-book par peur de la piraterie, Pottermore deviendra le fournisseur exclusif des livres numériques Harry Potter. Assez bizarrement, c’est l’auteur qui détient les droits pour les e-books et pas les éditeurs.

Pourquoi finalement accepter d’entrer dans l’édition numérique ? Les producteurs de Pottermore espèrent qu’ils vont réussir à attirer une nouvelle génération de lecteurs, qui découvriront l’univers d’Harry Potter grâce au numérique.

Les e-book seront compatibles avec la plupart des e-readers. En plus, ils ne seront pas bloqués par des logiciels qui contrôlent l’utilisation des œuvres numériques (DRM). Les e-books auront par contre un filigrane digital avec les données de l’acheteur.

Wired avait nommé cette manière de publier les e-books le « moment Radiohead » de l’édition. Effectivement, Rowling et Radiohead éliminent les intermédiaires du cycle de vente, en s’adressant directement au public à travers leurs propres sites.

 

Comment créer du buzz


L’expérience Pottermore est intéressante dès son lancement. Ces dernières semaines, les réalisateurs du site Pottermore.com ont mis en place un dispositif ingénieux pour créer du buzz autour de sa mise en ligne.

En profitant d’une large base de fans et d’une communauté toujours active dans un univers riche et extensible, le projet à été découvert à travers un jeu d’indices. Rowling lançait des indices sur les réseaux sociaux en demandant aux internautes de retrouver les dix lettres du nom de son nouveau projet. Les lettres correspondaient à 10 coordonnés géographiques tirées de l’univers Harry Potter. Une fois intégrées dans le site Secret Street View elles donnaient le nom de son nouveau site.

Apres cette découverte, ont été crées des comptes Twitter et Facebook et une chaine Youtube. Une semaine après sa création, le compte Twitter détient déjà 122 072 abonnés, pendant que le compte Facebook 20 510.

Des douzaines d’articles on été publiés sur le sujet dans la majorité des grand journaux comme The Telegraph, The Guardian, Wired, The New York Times, The Times UK, The Independent… et sur une multitude de blogs. Les journalistes et les bloggeurs lançaient des rumeurs et spéculations sur le contenu du nouveau projet de Rowling.

 

Conclusion

Le lancement fabuleux de Pottermore et tout le buzz crée autour est directement liée au contenu de l’univers Harry Potter, la plus puissante marque de lecture du monde. Peu d’autres marques auraient pu se permettre de créer autant d’intérêt autour d’un site.

Une fois que Rowling a dévoilé les principes de cette expérience, la plupart des media se sont concentrés sur la vente d’ebooks. Simon Pulman soulignait que de son point de vue l’élément le plus important est l’unification d’une énorme communauté autour d’un site d’interaction directe avec l’auteur de l’univers.

Il m’est difficile de déclarer des maintenant que Pottermore représente l’élément qui manquait dans le dispositif transmedia de Harry Potter, mais il est certainement un élément d’interaction transmedia dont nous allons reparler dans les prochaines mois.

 

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auteur Ana Vasile

Ana Vasile est rédactrice pour Transmedia Lab. Diplômé d’un Master Pro en Communication Multimédia et Audiovisuel de l’Institut de la Communication et des Médias à Grenoble, elle travaille en agence de publicité pendant plus de deux ans dans un département de création. Ana a contribué au développement de la politique éditoriale et à la rédaction d'articles au sein de l’équipe du Transmedia Lab de janvier à novembre 2011.