Deus ou comment passer de l’indifférence à la curiosité, puis à l’engagement

stargate-sg1

par Karima Rafes , publié le 3.05.2010

Vous souvenez de la série « La quatrième dimension » ? Cette série commençait toujours de la même façon : quelqu’un arrivait à l’image un peu comme vous et moi mais quelque chose clochait… Et rapidement, on pouvait se mettre à la place de ce personnage quelconque et  on était ainsi ferré pour regarder une histoire sans technologie, sans acteurs larmoyant et sans fesses… Pourquoi ? Car l’important est de faire basculer l’état du spectateur de l’indifférence à la curiosité !

 

La quatrième dimension ou encore Stargate SG1 sont arrivés à faire que les téléspectateurs puissent se retrouver dans les personnages. Pourquoi Stargate ?  Le ressort narratif est simple. L’équipe SG1 est constituée par un étranger qui veut s’intégrer et se battre pour vivre avec sa famille, une femme qui tente de prendre sa place dans un monde d’hommes, un père qui a perdu un enfant et un génie incompris, etc. Je ne suis pas psychologue mais je pense que tout le monde peut se trouver des points communs avec un ou plusieurs des personnages de la série Stargate !

 

Idem pour Lost qui met sur une île un échantillon de la population. Heroes donne des pouvoirs à n’importe qui. Les 4400 enlèvent n’importe qui et les ramène dans le futur. Et pour Plus belle la vie, c’est le même miroir à peine déformant de nos vies

Il faut pouvoir capter l’attention des téléspectateurs pendant suffisamment longtemps pour qu’ils puissent s’identifier aux personnages et ainsi leur permettre de ressentir plus intensément l’histoire et les rebondissements. Cependant, transformer l’indifférence en curiosité est de plus en plus difficile à obtenir : les téléspectateurs font maintenant plus de choses en même temps en regardant la télévision et ne font pas toujours l’effort de s’intéresser aux personnages pour iinstaller cette empathie qui fait que le spectateur finira par s’intéresser à la suite de cette histoire.

Si le programme en lui même ne permet plus de créer cette empathie pour obtenir cette curiosité, il faut pouvoir la créer là ou se trouve le téléspectateur et organiser une mise en scène « in situ » du programme : si tu ne vas pas au programme, le programme ira à toi !

Peut-être derrière son PC, son mobile, sur la plage ? Tout dépend de savoir où se trouvent les téléspectateurs que vous visez.

Imaginons… Je viens de fabriquer une série pour adolescents qui met en scène une sorte de Big Brother dans le réseau. Bon maintenant, comment faire pour qu’ils puissent s’intéresser à cette série ?

Ma cible est celle des adolescents. Où sont-ils ? Ils sont plutôt derrière leurs PC la plupart du temps. On va donc tenter de les toucher par le réseau. Mais comment faire pour qu’ils s’intéressent à Big Brother ?

C’est un peu difficile car peu de gens et encore moins des adolescents  ont le sentiment d’être observés. Les adolescents sont  souvent les personnes les plus inconscientes en termes de divulgation de données personnelles.

 

Ainsi c’est l’enfance de l’art de les rendre paranoïaque, il suffit de leur faire ressentir qu’ils sont épiés et qu’ils en soient conscients. Pour se faire, il suffira  de les tracer sur le réseau à l’aide d’un cookie sur leur ordinateur comme le font toutes les campagnes de publicités sur Internet. Ensuite, en personnalisant les bandeaux de publicités avec des messages interpellant l’adolescent et en lui divulguant des informations personnelles sur ses amis ou autres, l’adolescent passe  instantanément  de l’indifférence à la curiosité  avant de comprendre ce qui lui arrive…Il est ferré sans empathie ou autre artifice ! Simple & efficace … peut-être un peu trop efficace …

Fantasme ou réalité ?

Quelqu’un a osé appliquer ce scénario transmedia en Israel… Son nom de code est DEUS et voici le résultat.

Bonne vidéo