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Le projet Biophilia de Björk : comment transcender la musique étude de cas

Le projet Biophilia de Björk : comment transcender la musique

Par Ana Vasile publié le 06/12/2011 1 commentaire(s)

En novembre 2011, Björk remporte le titre “Digital Genius” accordé avec pompe par O Music Awards pour son récent album Biophilia !  Le prix, qui a le mérite d’avoir un titre suggestif récompense « les artistes qui utilisent la technologie et l’innovation dans la musique ». Et c’est exactement ce que Björk a fait avec son nouvel album Biophilia : une expérience atypique qui invite à l’immersion dans son univers particulier à travers plusieurs points d’entrée : une série d’applications iPhone et iPad, des concerts-événement avec des instruments innovants, un documentaire produit par Pulse Films et un vidéoclip créé par son réalisateur fétiche Michel Gondry.

Biophilia est le septième album de l’artiste islandaise. Edité sous la forme d’une application iPad et iPhone, il reflète son univers graphique et musical, par des narrations visuelles et des jeux complétant les propos des chansons.

Le premier album-application iPhone et iPad

Lancé comme le premier album-application, Biophilia est considéré par The Guardian comme « le futur de l’industrie musicale ». L’application-point-de-départ, une interface 3D qui vous immerge dans l’univers galactique de Björk, fonctionne comme une interface téléchargeable gratuitement sur iTunes. Elle contient 9 autres applications payantes, une pour chaque chanson.

L’application s’ouvre avec la voix de David Attenborough qui explique ce concept surprenant, à découvrir dans la vidéo ci-dessous :

Image de prévisualisation YouTube

Le concept, développé par Scott Snibbe et les concepteurs parisiens de M/M, associe des contenus interactifs à chaque chanson (jeux, essais, console à remixer, paroles, textes divers). L’objectif est d’enrichir l’expérience habituelle d’écoute et de renforcer l’enthousiasme des fans en les immergeant dans l’univers imaginé par Björk. L’artiste crée ainsi une nouvelle manière de consommer de la musique.

Pour Le Fil Rouge , la création de plusieurs modes d’écoute développe une fonction ludique mais également éducative « avec [par exemple] les partitions permettant d’appréhender la structure des morceaux, œuvre d’art interactive…»

Biophilia: the manual

Biophilia : the manual est une version limitée de l’album, qui propose du contenu additionnel comme un livre de 48 pages en couleurs, spécialement édité pour l’occasion et un CD avec la performance live de Manchester International Festival, le premier concert Biophilia. De plus, le livre contient des essais de Nikki Dibben, des dessins et des photographies exclusives. Le manuel Biophilia est déjà épuisé !

Biophilia-the-manual

 

Biophilia Ultimate Edition : l’album comme œuvre d’art

Produite en seulement 200 exemplaires, chacune vendue à 800 dollars, Biophilia Ultimate Edition est une édition très limitée qui propose, dans une jolie boite en chêne laquée : le « manuel Biophilia, » dix diapasons faits main et un certificat individuel pour apprendre à l’utiliser.

Les dix diapasons  sont chromés et sérigraphiés en dix différentes couleurs. Chaque diapason est ajusté à la tonalité d’un morceau de l’album Biophilia : formant de cette manière une gamme musicale surprenante. Biophilia Ultimate Edition n’est plus disponible pour la vente.

Le concert-événement

Comme nous l’avons déjà débattu dans notre étude de cas sur l’industrie musicale, le storytelling transmedia peut aider les artistes à proposer des expériences parallèles ancrées dans leurs univers musicaux en engageant leurs communautés de manière sincère avec une communication ininterrompue, comme le conseillait Robert Pratten.

Bjork Live at Bestival 2011 - Isle of Wight

Mais  dans l’industrie musicale la communication et l’univers construit autour des contenu vendus doit aider à construire un rendez-vous : des concerts événements qui matérialisent cet univers et la relation fans-artiste.

Selon Les Inrocks, c’est exactement ce que Bjork fait avec son concert : elle imagine de nouveaux instruments, comme le « sharpsichord » (une sorte de boîte à musique de trois mètres de haut, amplifiée par des pavillons de gramophones) ou bien le « gameleste » (un croisement entre un gamelan et un céleste).

La mise en scène, le décor, le lumières, le chœur, ou bien la disposition du public (en cercle rapproché autour de la scène) soulignent ce renforcement de la relation artiste-public. Les participants au concert finissent par vivre une vraie expérience transcendante.

Image de prévisualisation YouTube

L’usage du web : Twitter, Facebook ou Youtube et des chaines TV avec la création du vidéoclip « Crystalline » par Michel Gondry complète de manière plus classique son univers.

Les journaux The Guardian, LA Times et une pléiade de blogs crient « au génie » du transmedia, une assertion qu’il faudra prendre avec précaution car, sans douter de l’innovation apportée par Bjork dans la façon de consommer la musique, Biophilia est plus un projet cross-plateformes que du transmedia storytelling (pas d’expérience différente selon les media mais un enrichissement d’un même contenu). A n’en pas douter cette initiative, savant mélange de marketing et de création, qui allie les objectifs promotionnels et commerciaux aux ambitions artistiques d’une artiste en perpétuel mouvement doit inspirer les artistes contraints de s’adapter à la nouvelle donne du marché de la musique.

 

Ana Vasile était rédactrice et assistante en charge des publications du Transmedia Lab de janvier à novembre 2011.

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