Transmedia, numérique, nouveaux comportements: le multimodèle comme nouvel horizon pour les media ?

Par Aurelien Lesne • 26 aoû, 2010 • Catégorie: Actualités, Evenements, Marketing & Economie, Usages

Disponible en ligne, la synthèse de l’étude BearingPoint et Médiamétrie intitulée « Transmedia, numérique, nouveaux comportements: le multimodèle comme nouvel horizon des médias ? » revient sur les enjeux induits par la révolution numérique sur notre consommation des media.
Premier constat, le taux de pénétration des postes TVs numériques ainsi que la durée moyenne d’écoute par individu est en progression. Pour autant, cette consommation est également marquée par une fragmentation constante des audiences avec la TNT et les offres délinéarisées notamment et la montée en puissance des nouveaux media internet, mobile.
L’évolution du marché est marquée à la fois par :
une désintermédiation croissante obligeant à repenser la chaîne de valeur;
une offre multicanal complexifiée, notamment marquée par des canaux traditionnels aux structures de coûts importantes et des canaux émergents aux revenus encore fragiles;
une évolution dans le rapport au client, qui peut aujourd’hui mobiliser son propre réseau et interpeller directement les media sur leurs orientations éditoriales;
une consommation asynchrone et délinéarisée obligeant à redéfinir les modes de productions et de distributions.
Cette évolution est beaucoup plus marquée sur la cible des 15-24 ans qui circulent plus sur les différents écrans pour consommer du contenu. Pour répondre à ces défis, l’étude propose un modèle plus intégré à même de supporter l’évolution des modes de consommation: le 4C (Contenu, Canal, Contexte, Client). L’objectif est de coordonner les différents canaux en valorisant la nature du contenu avec le contexte de sa consommation : on s’approche du Transmedia !
Ce modèle suppose néanmoins de repenser la manière de produire et diffuser les contenus au travers de quatre axes:
Une meilleur coordination des offres éditoriales tenant compte des contextes de consommation et de la circulation d’audience
Une maitrise des droits et des contenus afin de focaliser les investissements sur la fabrication de contenu distinctif à même de faire la différence face à la concurrence
Une meilleure gestion de la relation au client via la multiplication des contacts et des échanges éditoriaux et commerciaux.
La mise au point d’offres modulaires (abonnement, vente à l’acte) focalisées sur des cibles précises et dans un contexte de consommation défini (le « time to market »).
Vous pouvez retrouver la synthèse de cette étude en ligne.
Rajouter : ‘Dans le cadre de se colloque, Xavier Couture (Orange) s’exprime sur le Transmedia’ (Mettre un lien et un titre sur l’intervention de X Couture (la bonne) dans laquelle il cite le transmedia + OV)
BP mediametrie

Disponible en ligne, la synthèse de l’étude BearingPoint et Médiamétrie intitulée « Transmedia, numérique, nouveaux comportements : le multimodèle comme nouvel horizon des médias ? » revient sur les enjeux induits par la révolution numérique sur notre consommation des media.




Premier constat, le taux de pénétration des postes TVs numériques ainsi que la durée moyenne d’écoute par individu est en progression. Pour autant, cette consommation est également marquée par une fragmentation constante des audiences avec la TNT et les offres délinéarisées notamment et la montée en puissance des nouveaux media internet, mobile.
L’évolution du marché est marquée à la fois par :
  • une désintermédiation croissante obligeant à repenser la chaîne de valeur;

  • une offre multicanal complexifiée, notamment marquée par des canaux traditionnels aux structures de coûts importantes et des canaux émergents aux revenus encore fragiles;

  • une évolution dans le rapport au client, qui peut aujourd’hui mobiliser son propre réseau et interpeller directement les media sur leurs orientations éditoriales;

  • une consommation asynchrone et délinéarisée obligeant à redéfinir les modes de productions et de distributions.

Cette évolution est beaucoup plus marquée sur la cible des 15-24 ans qui circulent plus sur les différents écrans pour consommer du contenu. Pour répondre à ces défis, l’étude propose un modèle plus intégré à même de supporter l’évolution des modes de consommation: le 4C (Contenu, Canal, Contexte, Client). L’objectif est de coordonner les différents canaux en valorisant la nature du contenu avec le contexte de sa consommation : on s’approche du Transmedia !

Ce modèle suppose néanmoins de repenser la manière de produire et diffuser les contenus au travers de quatre axes:
  • Une meilleur coordination des offres éditoriales tenant compte des contextes de consommation et de la circulation d’audience

  • Une maitrise des droits et des contenus afin de focaliser les investissements sur la fabrication de contenu distinctif à même de faire la différence face à la concurrence

  • Une meilleure gestion de la relation au client via la multiplication des contacts et des échanges éditoriaux et commerciaux.

  • La mise au point d’offres modulaires (abonnement, vente à l’acte) focalisées sur des cibles précises et dans un contexte de consommation défini (le « time to market »).

Retrouvez en ligne la synthèse de cette étude ainsi que
l’intervention de Xavier Couture (Orange) sur les impératifs de production de contenu dans un contexte multicanal.

Les endives au coeur d’un projet de co-création brand content !

Par Nicolas Brunet • 9 aoû, 2010 • Catégorie: Marketing & Economie, Usages

Appel à création

La co-création de contenu est plus que jamais à la mode ! Les 80 000 internautes de la communauté Youtube qui ont participé au projet « Life In A Day » de Ridley Scott et Kevin MacDonald en témoignent…

Perle du Nord, célèbre marque d’endives, a décidé d’ouvrir les portes de sa communication et de laisser, elle aussi, le soin à la toile de réaliser son futur spot TV ! A la clé, pour le ou les spots retenu (s), un prix de 12 000 € en échange de la cession des droits de diffusion en TV !

Les internautes sont également mobilisés pour voter pour leurs créations préférées, un jury composé de responsables de la marque et du comité des consommateurs se chargera de la sélection finale. Cette initiative plutôt audacieuse pour une marque d’endives se révèle déjà payante. Perle du Nord a pu ainsi bénéficier de l’avis de ses consommateurs pour faire évoluer son packaging et sa gamme et communiquer sur sa modernité, elle promet d’ailleurs ne pas en rester là.

Il est trop tard pour proposer votre création, mais n’hésitez pas à découvrir les nombreuses créations (plus de 150) et à voter sur le site Perle du Nord!

Nicolas Brunet, expert marketing transmedia. Transmedia Lab.

Habitudes de consommation media des 8-18 ans aux USA

Par Olivier Godest • 8 jui, 2010 • Catégorie: Usages

etude kaiserLa Kaiser Family Foundation a récemment mené une étude sur les habitudes de consommation media des 8-18 ans aux Etats-Unis.
Les résultats de cette étude confirment une fois de plus l’intérêt de développer de nouveaux contenus correspondant à des usages en pleine évolution.

Voici quelques chiffres qui ont retenu mon attention :

- 10h45 d’exposition media par jour, le contenu tv reste majoritaire avec 4h29, mais les contenus web + jeux video cumulent respectivement 1h29 et 1h13 en moyenne
- la consommation des 4h29 de contenus issus de la tv se délinéarisent : 2h39 de tv live, 24 min de vod, 22 min de time shifting, 16 min sur l’Ipod et 15 min sur le téléphone notamment
- sur les 10h45 d’exposition media, 29% du temps est consacré à du multitasking media ! L’ordinateur sur les genoux, le smartphone dans la main, la télé en toile de fond !
- de manière globale, cela profite aux contenus tv, qui voient 38 min de consommation supplémentaire par rapport à 2004, en revanche, on ne consomme plus seulement avec la télévision
- 66% possèdent un téléphone portable, ils consomment en moyenne, par jour, 49 min de contenus media sur ce support (de manière plutôt équilibrée, musique, jeux, tv)
- la musique est un territoire important à explorer, les temps de consommation augmentent significativement, notamment parce que les supports de consommation se multiplient (téléphone, ipod, ordinateur). Des media connectés qui deviennent majoritaires par rapport aux cd ou à la radio
- les foyers sont de plus en plus connectés, qui plus est à un réseau Internet de qualité, ce n’est pas une surprise. En conséquence, 33% des 8-18 ans ont un accès Internet dans leur chambre. Leurs principales activités : réseaux sociaux (25%), jeux vidéo (19%), consulter des sites de vidéos (16%)
- segmentation de temps d’exposition media par tranches d’âges : 7h51 pour les 8-10 ans, 11h53 pour les 11-14 ans, 11h23 pour les 15-18 ans
- 79% estiment que la télé est la plupart du temps ou souvent allumée alors que personne ne la regarde
- 71% d’entre eux ont une télévision dans leur chambre

Pas vraiment de surprise sur le temps d’exposition moyen sur les différents media, nous restons sur une dynamique croissante.
La TV reste le media référent, y compris par les contenus qu’elle produit, même si l’on ne consomme plus de manière linéaire, ce sont des contenus issus de la tv que l’on recherche sur d’autres media.
Les 8-18 sont de plus en plus connectés, mobile dans la poche, ordinateurs connectés et tv dans la chambre, les trois media souvent cités dans une logique transmedia sont là.
Le multi tasking est toujours en pleine croissance, à chaque étude les chiffres semblent en progression.
En consommant plusieurs media à la fois nous dispersons notre attention, cela se traduit avec presque 80% de sondés qui pensent que la tv est allumée pour tenir compagnie en quelque sorte. L’enjeu sera donc pour les producteurs de contenus, les diffuseurs, les marques, de regagner l’attention du spectateur.

Cela tombe bien, c’est l’ambition d’un projet transmedia !

L’étude complète est disponible ici

Olivier Godest, responsable communication et formation. Transmedia Lab.

Nuit de la Prod sur Contact : éléments de concept transmedia à la radio

Par Malick NAM • 6 mai, 2010 • Catégorie: Marketing & Economie, Technologies & Communautés 2.0, Usages

nuit de la prodLe 14 avril dès 20 heures pour la 2e édition de la Nuit de la Prod, Contact a recu Tom Snare producteur/DJ incontournable de la scène électro française.

Le principe de cette émission, mis en place par Contact une station diffusant sur tout le Nord de la France,   est unique dans l’univers de la radio : une pointure internationale relève le défi de la création en « live » de son prochain titre sur l’antenne de la radio devant un public d’invités et une participation active des internautes via facebook.. L’événement 100% interactif, qui dure environ 5 heures, est aussi accessible en streaming audio et vidéo sur le site nuitdelaprod.com.

Tom Snare a partagé  en direct certains de ses secrets de DJ puis les auditeurs ont assisté à la construction pas à pas de son nouveau titre : « The Way To Love » qui  est entré en playlist sur Contact dès le lendemain

Deux mois auparavant  c’était  Joachim Garraud, DJ international  qui avait inauguré le concept. Le morceau qu’il avait crée   »One Night Project – Stronger Than a Hurricane » fut  diffusé sur Contact dès le lendemain et pendant plusieurs semaines.

A chaque fois les internautes ont joué le jeu: des dizaines de commentaires à chaud via facebook sur l’évolution du morceau, les harmonies, les orientations vocales, le choix du titre ….

Tout au long du déroulement de l’émission, et donc de la construction du morceau, un animateur fait en direct sur l’antenne le point sur  les demandes, recommandations ou avis les plus pertinents.

Cette forte collaboration  du public, via internet,  est une occasion pour Contact de redonner un sens  nouveau aux notions telles que proximité ou interactivité…Ce type d’événement permet également à la radio d’élargir son auditoire: des connexions  se faites d’un peu partout,  bien au delà de la zone de diffusion habituelle.

La prochaine édition aura lieu en septembre. D’ici là les responsables de la station devront engager  d’autres  partenariats   afin de faire de ce un concept novateur un événement à portée nationale.

Malick NAM, consultant Etudes et Marketing Médias

Le transmedia et le linéaire, la TV et Internet

Par Nicolas Bry • 4 mar, 2010 • Catégorie: Technologies & Communautés 2.0, Usages

mediapredictionVoici quelques prédictions intéressantes sur 2010 réalisées par le cabinet Deloitte (Deloitte Media Predictions 2010)

Premier enseignement : la consommation linéaire à la télévision restera largement majoritaire par rapport à la consommation délinéarisée (20 à 30 heures par semaine vs 90′ à 2 heures) ; le contenu on-demand sur Internet est susceptible d’ailleurs d’augmenter la consommation du direct à la TV : le Transmedia Lab se tue à le dire ! ;-)

Linear’s got legs: the television and radio schedule stays supreme

“But for the mass market, the vast majority of content consumed is likely to be linear. In 2010, average weekly consumption of scheduled television is likely to run between 20 and 30 hours in major markets.1 This compares to an average of 90 minutes to two hours for all forms of nonlinear television, whether in the form of DVDs, DVRs, or video-on-demand. To put the contrast in perspective, US consumption of online full-program video would have to rise over 75-fold just to equal scheduled TV viewing.

Consumption of linear TV may also be encouraged by the availability and demise of on-demand sites. The availability of on-demand can increase overall demand for scheduled programming: content watched using online catch-up services can encourage consumers to watch the next episode or listen to a radio presenter’s next show live. The most popular content viewed online tends also to be the most popular watched via broadcast.And while new online video sites continue to be launched, there may also be a number of highprofile failures, largely resulting from the inability to make online advertising-funded video pay.

Further, comparisons of nonlinear to linear are often nonequivalent. Consumption of nonlinear may often appear greater as the numbers reported are larger.But a like-for-like comparison, based on viewing or listening hours, for example, would probably reveal a contrary picture. Broadcast is measured by viewers. Metrics for online video include page impressions, page views, unique users, and requests. Often, little distinction is made between a clip and a full program even though the commercial significance for each may vary considerably. The definition of an online “user” may remain vague, as well as the quantification of an online view.

It may be that in the long run, the majority of all audio and video consumed will be nonlinear. But in 2010, most consumers of content are likely to remain happily beholden to the schedule, rather than resentful of what some pundits have labeled the “tyranny of the schedule.” However, given that hundreds of millions of individuals may be spending at least 40 percent of their waking hours listening to television or radio, linear is likely to remain dominant not just in 2010 but for many years to come.” (Lire la suite…)

La « nouvelle vague » transmedia 2010

Par Nicolas Bry • 30 jan, 2010 • Catégorie: Production et évènements, Technologies & Communautés 2.0, Usages

oeilC’est le dernier jour pour vous souhaiter à tous une superbe année 2010, sous le signe de la transversalité et du transmedia !

2009 aura vu de nouvelles modifications du paysage numérique, voici quelques notes non exhaustives :

  • l’émergence de la 3D avec le succès mondial d’Avatar et l’omniprésence des équipements 3D au CES de Las Vegas
  • l’évolution extrêmement rapide de l’Internet mobile avec plus de 3 milliards d’applications iphone téléchargées en 18 mois : une croissance d’usage sans précédent que la compétition d’Android et du Google Nexus One ne devrait que renforcer
  • l’avènement de l’Internet sur la Télévision avec les offres nombreuses de TV connectés (dont Orange et LG) et les décodeurs de nouvelle génération mixant Internet et Télévision comme l’Orange box
  • l’explosion du trafic vidéo sur Internet : la vidéo est devenue la première source de trafic; la bande passante n’est pas gratuite pour les sites de vidéo en ligne qui se positionnent sur des services payants (Youtube et Hulu)
  • l’augmentation des dépenses de publicité sur Internet : le UK est le premier pays à avoir vu Internet dépasser la Télévision avec la somme record de 1,75 milliard de £ sur S1 2009; Dominique Delport d’Havas Digital l’affirme : « Internet est devenu la colonne vertébrale de toute stratégie media et non un silôt à part « 
  • la fréquentation en croissance de 5% des salles de cinéma françaises soit plus de 200 millions d’entrées et ce en dépit du piratage; le box office américain a atteint les 10,6 miliards de $, un record, grâce à Avatar et la 3D qui amène une augmentation du ticket d’environ 2 €; 600 films ont été produits aux USA ce qui proportionnellement aux 200 films français produits est une reconnaissance de l’activité de création française
  • quelques chiffres stupéfiants en provenance d’Asie : il s’ouvre un multiplex par jour en Inde et en Chine, la fréquentation atteint les 5 miliards d’entrée en Chine pour 1,5 milliard aux USA …
  • le prix de 10 000 € pour une caméra HD qui permet de tourner un film projetable en salle (Lire la suite…)

Convergence culturelle Partie 3

Par David Peyron • 26 jan, 2010 • Catégorie: Usages

essaiTroisième partie : Transmedia et cross media

On peut faire quasiment les mêmes reproches à une autre expression très à la mode aujourd’hui, celle de « cross-media ». Cela désigne les croisements entre supports qui permettent de suivre des univers de manière multimédiatique. C’est ce que Jenkins nomme le « world making » dans le domaine de la fiction. Cette notion est encore plus biaisée que la précédente pour deux raisons.

Tout d’abord cross-media, est une expression qui renvoie uniquement à la dispersion des informations (publicitaires, fictionnelles), mais dans le cadre du concept de convergence, cette pratique n’est que la partie émergée de l’iceberg de la convergence. Comme , cela exclut le public, mais est évacué aussi tout le système référentiel dont fourmille la culture de masse et qui ne passe pas forcément par des développements multimédiatiques d’objets. Cela n’est pas du cross-media, mais sans ces liens, ces sillons creusés et entretenus, ce dernier n’aurait pas été possible. (Lire la suite…)

Convergence culturelle Partie 2

Par David Peyron • 19 jan, 2010 • Catégorie: Usages

deuxième partie :  Transmedia et declinaison

Médiamorphoses hors série séries téléviséesD’autres concepts sont utilisés pour caractériser ce phénomène, mais à mon sens ils n’en rendent compte que partiellement. Certains parlent ainsi d’intermédialité, c’est le cas par exemple de Stefanelli et Maigret[1]. Ils analysent le lien croissant entre certaines séries télévisées et les comics, notamment Lost et Heroes, comme une preuve de l’intermédialité croissante de l’industrie culturelle. Pour eux, comme pour Jenkins, si ce processus est né dans certaines branches sous-culturelles des mass medias, il se renforce chaque jour un peu plus.

Ce concept rend donc bien compte de la construction actuelle de certains objets culturels. Et en effet, comment juger autrement l’inspiration narrative flagrante des comic books américains sur une série comme Lost ? Et la manière dont elle est déclinée sur de multiples médias en fait un exemple de « world making » réussi.

Cependant, le concept d’intermédialité, s’il est opératoire sur le plan de l’analyse narrative, et s’il met bien en exergue le double mouvement d’intertextualité transmédiatique et de récits eux-mêmes dispersés sur plusieurs supports[2], oblitère le deuxième volet du concept. En effet, nous sommes là dans une perspective interne, or l’avantage du concept de Jenkins est qu’il contient un volet social, celui du public, depuis le grand public qui n’accèdera qu’à un des volets de l’œuvre au fan assidu qui collectionnera toutes les extensions et en repérera  l’intertextualité. (Lire la suite…)

Convergence culturelle

Par David Peyron • 16 déc, 2009 • Catégorie: Storytelling Transmédia, Usages

Première partie : Transmedia et création univers

Je vais présenter ici le processus de convergence culturelle, concept forgé par le chercheur américain Henry Jenkins[1], ses conséquences pour l’industrie culturelle et plus particulièrement comment on le retrouve dans le domaine du jeu vidéo.

Commençons donc par une première définition du concept. La convergence culturelle est un processus d’évolution industriel et social qui désigne des liens grandissants entre les médias et la capacité grandissante des consommateurs à appréhender ces interactions multimédiatiques. Ce concept est donc divisé en deux grands volets selon une dichotomie classique des réflexions sociologiques sur la culture : production et réception.

matrix2Le premier, est le fait que les producteurs d’œuvres, les industries culturelles et les auteurs eux-mêmes facilitent le passage entre médias, entre supports. Ceci en créant des oeuvres très référencées, transtextuelles, en s’inspirant des modes de narration, des thèmes et de la forme d’autres médias, et en envisageant souvent leur création comme un tout, un monde multimédiatique. L’exemple le plus fort est celui de Matrix qui n’a pas été conçu comme un film mais comme un monde fantastique transmédiatique, saturé de références à l’histoire du genre et dans lequel le jeu vidéo apporte autant d’éléments à l’histoire que les films, que la série de comics, ou que les courts métrages d’animation sortis à la suite. Ce sous phénomène d’œuvres multimédiatiques, conçues ainsi dès le départ est nommé par Jenkins « world making ». Le contexte de production de l’œuvre est donc assez spécifique et cela va influer sur celui de la réception.

En effet, le second volet interdépendant et symétrique est que pour appréhender, et saisir pleinement ce phénomène, il faut un public particulier, un public attentif, méticuleux, bref des fans qui ont un rapport de culte avec les œuvres. Dans le cadre de la convergence culturelle, le grand public peut avoir accès, comme c’est le cas pour Matrix, à tous les éléments mais, seul le fan multimédiatique assidu s’échinera à tous les rassembler et saisira toute l’intertextualité transmédiatique présente. C’est aussi la culture du public de niche, des diverses lectures et interprétations d’une même œuvre en fonction du fait de déceler ou non à quelle intertextualité elle fait appel et d’aller vers ses éventuelles déclinaisons. La culture de la convergence c’est aussi, on le verra, un public de plus en plus participatif et dont le rapport à l’œuvre sera aussi déterminé par le degré d’engagement vis-à-vis de l’objet. (Lire la suite…)

Le narrativium partie 2: structure moléculaire

Par Anne Larroque • 2 déc, 2009 • Catégorie: Usages

world_warcraftObservons un instant la structure moléculaire du narrativium. Par nature et de tout temps, il est resté fini et linéraire. Ça signifie qu’il a un début et une fin. Les jargonneurs à plume (ou à clavier) appellent ça l’incident déclencheur et la résolution, mais ça revient au même: un début et une fin. Il y a bien quelques formes qui essayent d’escamoter l’un ou l’autre (voire les deux), mais ça ne prend pas bien et ça pousse mal, l’amateur de narrativium se sent floué. Entre les deux, entre le début et la fin, il y a une autre truc nébuleux qu’on appelle l’enjeu. C’est lui qui maintient le fil tendu, et surtout qui maintient l’amateur (le « VUP »: viewer/user/player en jargon dans le texte*) en équilibre sur le fil, ou accroché au fil, c’est comme il veut. L’Enjeu est donc fondamental, sans lui, le VUP lâche et c’est fâcheux.

De quoi est fait l’enjeu? Principalement (et toujours pour résumer) de questions: quoi? qui? où? comment? quand? pourquoi? comment? pour quoi? pour aller où? comment? avec qui? et encore comment? etc. De questions qui appellent des réponses bien sûr, sinon c’est pas la peine de les poser, le VUP le fait très bien tout seul; si on l’embarque sur un bateau, il veut qu’on l’emmène quelque part le VUP, tourner en rond il sait faire et n’a pas besoin de nous pour ça, merci. L’enjeu, c’est, comment dire?, comme un sorte de nuage d’électrons dont toute l’énergie gravite autour d’un noyau: le personnage, voire mieux encore, toute une famille de personnages, toute une société de personnages!.. Et il se trouve que ces personnages ressemblent étrangement au VUP, sous divers déguisements ou apparences, qu’il s’agisse de l’ours ou l’éléphant de « Earth » (Fothergill & Linfield), de la reine des Aliens ou des mages et autres guerriers de WOW. (Lire la suite…)

Le narrativium partie 1: le propre du singe-conteur

Par Anne Larroque • 16 nov, 2009 • Catégorie: Usages

AfricanStorytellerLe célèbre paléontologue Stephen Jay Gould définissait l’homme comme « le primate qui raconte des histoires ». Terry Pratchett, l’humoriste anglais inventeur de l’irrésistible « disque-monde », estime que le terme « homo sapiens » est une sur-promesse (la sagesse n’étant pas notre caractéristique la plus manifeste!) et qu’en réalité l’homme est un « pan narrans »  - un « singe conteur ».

science-disque-monde

Sur le Disque-Monde de Pratchett où les concepts sont « réifiés » (ainsi il y a un petit dieu des trous dans les chaussettes et un autre des tiroirs qui se coincent, qui assurément ne sévissent pas que sur le Disque-Monde), il existe une substance élémentaire qui s’appelle le « narrativium ». Le « narrativium » préside à l’histoire de l’homme comme la carbone préside à la vie. Pour prendre un exemple concret, si nous sommes allés sur la lune en 69 à bord d’un obus évidé lancé depuis la Floride, c’est parce que nous nous racontions des histoires sur la Lune depuis des millénaires et que Jules Vernes nous a fort aimablement suggéré de tirer un obus évidé depuis la Floride. Sinon, pourquoi diable serions-nous allés nous baguenauder sur ce caillou désert qu’on voit aussi bien d’ici ? Les auteurs de SF nous l’avaient bien dit, il n’y avait pas de Martiens sur la Lune de toute façon. Sans le narrativium donc, pas de grand pas pour l’humanité ni de petit pas pour l’homme. (Lire la suite…)

De l’éclectisme

Par Fabien Granjon • 8 nov, 2009 • Catégorie: Usages

olivier donnatLe butinage que nous évoquions dans notre dernier post est sans doute à mettre en regard d’un autre phénomène, celui de l’éclectisme culturel. La thèse de l’éclectisme culturel peut être considérée comme la déclinaison française des analyses nord-américaines conduisant à l’identification de l’omnivorisme. Pour Richard Peterson, à qui l’on doit sans doute les premières analyses importantes du phénomène, l’omnivorisme se réfère au passage du « snobisme intellectuel [qui] repose sur la glorification des arts et le dédain des divertissements populaires, [à un] capital culturel qui apparaît de plus en plus comme une aptitude à apprécier l’esthétisme différent d’une vaste gamme de formes culturelles variées qui englobent non seulement les arts, mais aussi tout un éventail d’expressions populaires et folkloriques ». En France, ce sont les analyses de l’enquête sur les pratiques culturelles des Français menées par Olivier Donnat (les résultats de la dernière vague d’enquêtes devraient nous être livrés sous peu) qui on souligné, dès le début des années 90, cette tendance à l’hybridation des espaces culturels individuels. La notion entend alors qualifier des pratiques où s’observent des formes d’intrication entre certains contenus bénéficiant d’une forte légitimité dans les hiérarchies culturelles « dominantes » et d’autres qui en sont a priori dépourvus.

Si un vaste ensemble de travaux atteste aujourd’hui du phénomène, il existe toutefois deux lignes d’analyse qui tendent à s’opposer quant à la mesure de son étendue. Selon la première, il est considéré que, grosso modo, le panachage des répertoires culturels est surtout le fait des classes dominantes et cultivées (la tolérance esthétique comme nouvelle norme de bon goût), tandis que les fractions sociales inférieures et moins diplômées resteraient enfermées dans des répertoires plus circonscrits et homogènes, marqués par des goûts consonants peu légitimes. Dans cette perspective, Olivier Donnat, affirme que cette mise sous tension du modèle de la « haute culture » et le renouvellement des mécanismes de consécration et de légitimation qui lui sont liés résulterait en grande partie du développement de la culture de masse et plus spécifiquement de la « culture des écrans ». (Lire la suite…)

Fidéliser, alerter, immerger !

Par Fabien Granjon • 28 oct, 2009 • Catégorie: Usages

Dans un récent article, Dominique Boullier fait l’hypothèse de l’émergence d’un nouveau mode de production de l’attention qui, nous dit-il, « est en voie de prendre une place considérable dans notre Marioculture ». Ce nouveau régime de mobilisation des individus dans des pratiques médiatiques trouverait son expression la plus évidente dans les jeux vidéo qui sont aujourd’hui les seuls dispositifs en mesure de générer des durées d’attention particulièrement longues tout en arrivant à maintenir une intensité d’expérience exceptionnelle élevée. Ce nouveau format sémiotique, il le qualifie d’immersif. Sa caractéristique principale serait de coupler les deux modèles d’attachement aux médias jusqu’alors en vigueur dans un nouveau cadre de perception ayant comme ressort à la fois la durée et l’intensité. (Lire la suite…)

Transmédia et Radio !

Par Marc Guidoni • 25 oct, 2009 • Catégorie: Usages

radioDire quelques mots du média radio… Le transmédia y a aussi sa place, depuis 1938…

La radio… Un média envoutant, démoniaque… Souvent capable de nous faire décoller de notre réalité mieux que les médias véhiculant des images ‘prétextes’… La radio sait nous transporter dans des univers tellement réels qu’on en est souvent troublés… Soyons honnêtes : qui enfant n’a pas caché son petit récepteur (de mon temps on disait transistor…) sous son oreiller pour écouter un programme dans le noir à l’insu de ses parents… Si ce n’est pas de l’immersif ça…

Exagération ?… Certainement pas…

Souvenons-nous de ‘La guerre des mondes’ mise en ondes par le Mercury Theater in The Air d’Orson Welles en octobre 1938 (http://www.mercurytheatre.info)…

Célébrissime moment dans l’histoire de la radio, des médias en général, mais au delà, de

l’Histoire du XXème siècle. Est-il besoin de rappeler ce qui s’est passé ?… (Lire la suite…)

Quelques réflexions sur les jeunes et les contenus transmedia

Par Marc Guidoni • 21 oct, 2009 • Catégorie: Usages

Il me semble intéressant de se pencher sur une étude publiée début juillet par Morgan Stanley. Merci à la journaliste du Monde Cécile Ducourtieux d’avoir attiré notre attention sur cette étude dans ses papiers du 4/8 dernier : « Traitant de la consommation des médias par les adolescents, elle a été en grande partie rédigée par un garçon de 15 ans à partir de ses propres habitudes et de celles de ses copains. L’étude a fait le tour du monde et la banque a reçu un déluge de courriels d’investisseurs, ravis d’en savoir plus sur une population qui n’a pas souvent la parole, mais constitue l’avant-garde de la révolution technologique. »

Elle est téléchargeable ici

Une telle photographie, même si elle ne ressort pas d’un échantillon statistique conventionnel mais de la perception d’un seul adolescent de 15 ans est particulièrement enrichissante pour se projeter dans l’avenir de la consommation des contenus et notamment transmedia.

teenager_media_consumption

(Lire la suite…)

Durée des vidéo et audience Web: questions à 5 Giga et quelques Mo pour ceux qui en savent plus que moi…

Par Anne Larroque • 29 sep, 2009 • Catégorie: Technologies & Communautés 2.0, Usages

Je me pose une question toute bête sur les formats vidéo consultés sur le Web et n’arrive pas vraiment à trouver de réponse consensuelle. Si certains d’entre vous ont des réponses ou des chiffres fiables, je les remercie d’avance de bien vouloir m’éclairer…player

J’ai entendu certains dire au barcamp que les seuls formats vidéo efficaces sur le Web sont de très courtes durées, 2 à 3 minutes, 8 à 10 maximum. C’est aussi l’idée que je me faisais jusqu’ici sans me poser plus de questions. Mais j’en suis un peu moins sûre aujourd’hui.
(Lire la suite…)

Ramener les jeunes devant la télévision

Par Jean-Yves Le Moine • 22 sep, 2009 • Catégorie: Usages

Une des grandes problématiques actuelles de la télévision consiste dans le vieillissement de son audience. Certains de ses détracteurs disent même qu’elle mourra avec ses derniers téléspectateurs. Certes, de nombreux jeunes regardent encore beaucoup la télévision, voire encore trop, aux yeux de certains parents, mais force est de constater que ceux que l’on appelle les « digitale natives » la délaissent de plus en plus. De même les moins de 40 ans ne la regardent absolument pas de la même façon qu’il y a quelques annéesnotv.

Pour les diffuseurs TV, la meilleure manière sinon la seule de s’adapter à ses nouveaux usages a consisté en une offre de catch up TV ! Mais cette seule offre ne peut répondre que très imparfaitement à la désaffection des jeunes classes.

Le transmedia peut être une opportunité importante pour la télévision aujourd’hui. Le web et le mobile sont des medias plus présents dans les usages des jeunes. (Lire la suite…)

De la démocratisation des outils

Par Jean-Yves Le Moine • 9 sep, 2009 • Catégorie: Usages
Stage Filmer avec son portable CNA

Stage Filmer avec son portable CNA

Aujourd’hui on peut faire un long-métrage dans sa salle de bain !

En effet les outils de création numérique se sont démocratisés et simplifiés. L’autre jour, j’étais à l’Apple store de Londres et une belle Anglaise d’une quarantaine d’années était au téléphone avec, son fils et lui disait, une boite de Final Cut Pro, le logiciel de montage, dans la main, «c’est la version professionnelle, tu es bien sur que c’est celle que tu veux ? » Visiblement, on acquiesça au bout du fil puisqu’elle se dirigea vers la caisse, sa boîte sous le bras.

Certes, le minimum de matériel pour tourner, monter et postproduire un film n’est pas encore pour toutes les bourses, mais son prix a certainement été divisé par 20 en 10 ans. Aujourd’hui, l’investissement pour pouvoir produire un long métrage en HD dans une qualité correcte tourne autour de 20 000 euros. (Lire la suite…)

Une culture du butinage

Par Fabien Granjon • 25 aoû, 2009 • Catégorie: Usages

L’offre culturelle, de loisir et de divertissement est aujourd’hui pour le moins abondante et les « univers culturels » des individus épousent des formes de plus en plus hybrides, mixant des domaines de pratiques panachés : cinéma, TV, jeux vidéo, musique, livres, actualité, etc. Face à ces invites toujours plus variées et foisonnantes, la question des arbitrages devient de plus en plus aiguë : « c’est difficile de choisir, on n’a pas assez de temps pour tout faire ».

Les potentialités en termes de choix sont ainsi sous-mobilisées et la consommation audiovisuelle n’échappe pas à la règle. Même chez lescuture2 plus passionnés, les usages sont assez largement bridés et butent sur l’incapacité structurelle des individus à distribuer leur attention sur autant de contenus qu’ils le souhaiteraient. Mais quelle que soit l’intensité de leur pratique, les amateurs se concoctent le plus souvent des formes de consommation qui entrelacent à minima plusieurs types de pratiques. À cette diversité des répertoires de pratiques répond une autre forme de variété qui est celle des contenus mobilisés. (Lire la suite…)

Ma vie une série transmédia ?

Par Jean-Yves Le Moine • 19 aoû, 2009 • Catégorie: Usages
Illustration by Jason Lee

Illustration by Jason Lee

Nos vies sont de plus en plus fragmentées. Un petit-déjeuner, vite avalé, avec sa compagne et/ou ses enfants, accompagner les enfants à l’école, et la journée de boulot débute en général par du transport. Occasion s’il se pratique en commun, de visionnage ou d‘écoute de musique et/ou de programmes plus ou moins court sur son mobile ou son iPod. Au boulot entre les réunions internes, les rendez-vous, les mille choses à gérer, les mails professionnels, ceux d’amis qui nous incitent à voir telle ou telle vidéo virale, les coups de fils à son mari ou à sa femme, la fragmentation se multiplie. Et c’est le retour chez soi, la course pour coucher les enfants, enfin, un peu de temps à soi et l’occasion de se faire un cinéma. Oh non pas ressortir, plutôt de la VOD sur sa télé ou un film sur son PC.

Mais le soir cela prend du temps de se poser ! On préfère zapper, télé, ordi, mobile. En fait zapper n’est plus le bon mot, il faudrait dire butiner. Nous sommes devenus des abeilles qui travaillons à la pollinisation du monde. Ce nouvel usage est aujourd’hui notre quotidien, les histoires, ces histoires que nous avons redécouvertes avec les séries américaines, doivent rencontrer ces usages. Nous savons naturellement dans nos vies « recoller » les morceaux de cette délinéarisation. (Lire la suite…)

Goûts et consommations télévisuelles

Par Fabien Granjon • 30 jui, 2009 • Catégorie: Usages

ecranIl est important de comprendre que les consommations télévisuelles ne reposent pas nécessairement sur un choix préférentiel positif. Les individus mobilisent des contenus (surtout des programmes, mais c’est aussi vrai de certains contenus délinéarisés), non seulement qu’ils n’estiment pas « légitimes » (« Les jeux télé, bah oui, je sais, c’est pas très malin »), mais qu’ils peuvent aussi ne pas apprécier du tout (« Parfois c’est tellement peu intéressant que de regarder par épisode ça le rend supportable »). Les mesures d’audience ne sont donc ni le baromètre d’une demande de la part des téléspectateurs, ni nécessairement le signe de goûts avérés, mais bien une évaluation de leur réaction à une offre. De fait, les individus se trouvent relativement souvent dans une logique du « moins mauvais choix possible » concernant la sélection d’un programme, « Car au final, il faut bien regarder quelque-chose ». Pour autant, ces choix « en creux » ne sont pas nécessairement toujours déceptifs. Ils offrent par exemple la possibilité d’une « attention oblique » permettant la multi-activité et l’engagement dans d’autres actions (travailler, manger, discuter, etc.) et notamment dans des pratiques de communication très prisées des plus jeunes : téléphoner, tchater sur IM, lire un SMS, etc. : « Généralement je regarde les séries qu’on a déjà tous vues, celles qui passent à 20 heures (rires), comme ça on peut regarder sans regarder puisqu’on les a déjà vues ». Par ailleurs, le panachage des consommations permet de rester « à la page » quant aux contenus à la mode qu’il faut connaître a minima (e.g. pour en discuter avec ses proches) ou encore de se distinguer en étant capable de parler et/ou de recommander des contenus plus rares. La représentation d’un public exigeant et sélectif qui ne regarde que des émissions « haut de gamme » qui s’opposerait à un « grand public » fasciné consommant sans discernement est donc un leurre. Ceux qui consomment peu de télévision ne sont pas forcément plus sélectifs et pointus dans leur choix de programmes et, à l’inverse, les gros consommateurs de TV peuvent aussi compter parmi les publics d’émissions plus spécialisées ou « confidentielles ». Pour aller plus loin : Macé (Éric). « Le conformisme provisoire de la programmation », Hermès, n° 37, 2003, pp. 127-135, (pdf) Fabien Granjon est sociologue au sein du laboratoire Sociology and Economics of Networks and Services (SENSE) à Orange Labs

Contenu social et transmédia

Par Jean-Yves Le Moine • 28 jui, 2009 • Catégorie: Usages

tagAu moyen-âge, l’homme pensait que la terre était plate. La perspective marque le début de la renaissance, le début de la modernité : l’homme sait que la terre est ronde et il a adopté un point de vue. Il regarde le monde. Plus tard l’homme est allé sur la Lune, il a vu la terre depuis le ciel, il a découvert qu’il n’y avait pas le monde et l’homme, mais un monde global auquel appartient l’homme. Longtemps après la révolution industrielle et le taylorisme, les technologies se sont mises à créer les usages ; Apple et Nokia les premiers ont mis l’homme au centre de la technologie. Les expériences de type « user centric », les living labs se sont multipliés. La technologie a alors évolué. Les entreprises se sont mises à vendre de plus en plus de services. Google a alors pensé non pas à vendre des services, mais à proposer gratuitement de nouveaux types de services qui permettent de créer de la valeur ajoutée sur lequel l’entreprise se rémunère. L’économie 2.0 était créée.

Nous avons assisté ces tous derniers mois à un nouveau changement de paradigme, ce ne sont plus les technologies qui créent les usages, mais les usages qui appellent les évolutions technologiques, qui les personnifient. Twitter en est la preuve vivante. L’homme est toujours au centre, mais il est devenu acteur. Il interagit avec d’autres sur son environnement.

L’usage des contenus s’inscrit dans cette logique ; l’homme est non seulement au centre du contenu, mais il veut pouvoir interagir avec l’histoire. La consommation audiovisuelle ne se réduit pas au visionnage de contenus, elle se compose d’un ensemble d’autres activités autour des contenus audiovisuels

•           visionner

•           s’informer/découvrir

•           acquérir

•           discuter

•           échanger/redistribuer

•           stocker/ranger

•           transférer

Le contenu est devenu social, même si les usages individuels perdurent, même si on regarde toujours autant ou presque sa télévision, on fait de plus en plus autre chose en même temps, ou après, ou avant la diffusion ! Les jeunes sont devenus de plus en plus multitaskers, ils échangent du contenu, en parlent de plus en plus. Cette fragmentation nous atteint de plein fouet.

Le transmédia est en phase avec ces usages : au travers des points d’entrée multiples,  il donne accès à un univers-contenu fragmenté dans lequel nous pouvons nous promener seul ou en groupe. Il peut devenir à l’instar du cinéma ce qui ressemble le plus à la vie…

Audiovisuel : pratiques individuelles, consommation collective

Par Fabien Granjon • 16 jui, 2009 • Catégorie: Usages

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Les pratiques de consommation audiovisuelle ne sauraient être réduites aux moments de visionnage de contenus. Elles se composent également d’un ensemble d’autres activités qui, variées, structurent des répertoires de pratiques plus ou moins complexes et singuliers.

Se tenir informé, découvrir, acquérir, discuter, échanger, partager, stocker, ranger, transférer, etc., sont autant d’actions qui sont la « monnaie courante » tant du consommateur « profane » que du fan ou de l’amateur « expert ». S’intéresser à ces agencements pratiques (et pas seulement au moment du visionnage) est sans doute une des manières les plus habiles de comprendre ce qu’est concrètement la consommation culturelle.

À l’évidence, la complexité de ces combinaisons variées d’activités est sensiblement renforcée par les nouvelles potentialités d’individualisation offertes par les équipements, les réseaux et les services audiovisuels. Pour autant, il ne faudrait pas oublier l’aspect collectif de la consommation audiovisuelle qui, si elle est une rencontre avec des contenus est aussi, la plupart du temps, un « rendez-vous » avec des personnes.

Les usages de la VoD ou du lecteur DVD/PVR sont ainsi souvent liés à des moments préparés et attendus (souvent le week-end), que ce soit avec le conjoint ou des amis. Les écrans (TV, PC et mobile), tout comme leurs activités connexes (informations, téléchargements, etc.) se partagent aussi bien souvent avec des pairs.

Le visionnage, ses à-côtés (e.g. les recommandations) et ses prolongements (e.g. les discussions) permettent par exemple de « se retrouver » avec un proche (ou combler son absence), transmettre des émotions, dire de soi, etc.

Les intérêts, les goûts, les critiques sont par ailleurs des ressources qui alimentent la sociabilité des individus et de leurs communautés électives (groupes de copains, forums, sites, etc.). Support avéré de l’échange conversationnel, la « culture audiovisuelle » (et plus largement « médiatique ») fait partie du stock de connaissances disponibles et supposées partagées par le plus grand nombre.

Et c’est précisément parce que cette forme culturelle permet de créer ou d’entretenir le lien social et repose fondamentalement sur des activités de communication que les TIC ont à l’évidence un rôle des plus importants à tenir dans ce processus.

Pour aller plus loin :

- Boullier (Dominique), La télévision telle qu’on la parle, Paris, L’Harmattan, 2004.

- Glevarec (Hervé), La Télévision est enfin un média : discussion à propos de La fin de la télévision de Jean-Louis Missika, IFRESI-CLERSE, 2007, http://www.lcp.cnrs.fr/pdf/glev-07c.pdf

Fabien Granjon est sociologue au sein du laboratoire Sociology and Economics of Networks and Services (SENSE) à Orange Labs

Participer pour exister

Par Jean-Yves Le Moine • 9 jui, 2009 • Catégorie: Usages

Le monde bouge de plus en plus vite ! selon Ray Kurzweil, un futurologue américain : « Nous doublons tous les dix ans la vitesse à laquelle nous changeons de paradigme. Ce qui veut dire que l’ensemble du XXe siècle n’équivaut qu’à 20 ans de progrès à notre rythme actuel ! »

Le consommateur ne veut plus rester passif, il veut devenir un utilisateur actif. Descartes disait « je pense donc je suis ». Aujourd’hui l’internaute dit : « je suis donc je communique, je twitte, je facebook, je myspace, je partage ». Il faut lui donner les moyens, tous les moyens, d’inventer, de créer. Les histoires ne peuvent plus être imposées, elle doivent être offertes au plus grand nombre, pour que tous se les approprient, les modifient et les racontent à leurs amis.

La participation augmente, et même si elle est encore réservée à une minorité d’actifs les usages progressent. De plus en plus d’internautes génèrent du contexte. Ils parlent, chatent, commentent, un film, un livre, une vidéo postée sur le web. La création de ce contexte crée de la valeur, non seulement du point de vue du contenu lui-même, mais, aussi, pour tous les internautes. Elle doit être suscitée, favorisée au maximum par tous ceux qui veulent raconter des histoires au plus grand nombre.

La vidéo va très vite devenir comme le texte aujourd’hui, au centre de l’échange entre les individus. Les individus vont se raconter et raconter des histoires en vidéo. la vidéo va devenir conversation, comme le dit le sociologue Dominique Cardon de la photo (« La photo comme conversation »).

Les medias sont consommés en simultané notamment par les 13-25 ans. La génération des « digital natives » est fortement « multitasker ». Les jeunes ont une consommation des medias plus large que les adultes. Le peer to peer a été un accélérateur de la consommation des images, une incitation à partager un film ou une musique que l’on aime. Même Hollywood, investit de plus en plus sur d’autres medias que le cinéma (mobile, web, BD, jeux vidéo…)

La participation (plus passive) et la collaboration (plus active) sont devenus les deux pôles de l’appropriation par l’utilisateur des services et des usages. À plusieurs on a moins peur et on devient plus intelligent. L’internaute en fait tous les jours l’expérience. L’intelligence collective est aujourd’hui à l’œuvre sur Internet.

Cette culture participative transforme le contenu en un contenu social, elle permet l’appropriation et la reconnaissance de chacun dans une communauté de plus en plus communicante

Ce post est une nouvelle version d’un texte écrit sur le blog du vide poche

Mot d’ouverture de Xavier Couture

Par Xavier Couture • 7 jui, 2009 • Catégorie: Usages

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Les usages du public et des consommateurs changent. Passant naturellement d’un média à un autre, ils suivent leurs univers de contenus favoris sur tous les écrans : cinéma, TV (linéaire ou catch up), mobile, web, jeu vidéo,…
Sur certains médias, ces spectateurs pénétrés de culture 2.0 développent également un mode de participation actif, s’appropriant les histoires, naviguant d’un écran à l’autre, démultipliant l’audience et devenant de plus en plus acteurs de leurs propres histoires..

Orange souhaite accompagner cette évolution et donner une impulsion pour l’élaboration de programmes nativement transmédia répondant à ces attentes. C’est en quelque sorte le véritable « mariage du contenu et du réseau » !

La première initiative consiste en la création de ce blog, baptisé Transmedialab. Ouvert à tous les professionnels, ce blog permettra d’initier et de consolider les réflexions, d’annoncer les évènements, d’être un carrefour entre les différentes initiatives.

Xavier Couture est directeur des Contenus d’Orange

Des usages « multi-écrans » aux usages « trans-médias »

Par Fabien Granjon • 7 jui, 2009 • Catégorie: Usages

Ces dernières années, le secteur audiovisuel s’est vu bouleversé par l’émergence des technologies, des réseaux et des services numériques. En amont, ils déplacent l’organisation du marché des industries culturelles et, en aval, ils recomposent la structuration des pratiques de consommation.

Le numérique préside ainsi à un ensemble de transformations en matière de pratiques culturelles. Il offre par exemple des conditions d’accès fortement accrues aux œuvres : multiplication des services de diffusion, développement du peer-to-peer, etc.). Il multiplie aussi les temps et les espaces d’exposition, notamment du fait de la prolifération des offres d’équipement et de service : ordinateurs, baladeurs, vodcast, VoD, pay-per-view, etc.

Aux écrans de télévision se sont ajoutés ceux des ordinateurs et des différents objets communicants (téléphone mobile, Pocket PC, etc.). Aujourd’hui largement présents dans les foyers, les espaces publics et la sphère professionnelle, interconnectables/opérables et reliés à l’Internet, les outils communicants s’imposent comme de nouveaux vecteurs de nature à la fois culturelle et communicationnelle. Les usages qui en sont faits modifient de plus en plus sensiblement les relations aux contenus audiovisuels (besoins, attentes, goûts, etc.) et la manière de les consommer en les combinant dans des répertoires complexes et hétérogènes.

Si dans le domaine de l’audiovisuel, le modèle de diffusion broadcastée de programmes consommés sur un écran TV reste encore la pratique la plus courante, l’on constate toutefois le déport de plus en plus fréquent de certaines activités sur les écrans de l’ordinateur ou du téléphone portable. Ces usages complémentaires (UGC, catch-up TV, etc.) sont plus particulièrement prisés par les jeunes publics (digital natives) pour lesquels le « trans-média » est une potentialité qu’ils actualisent quotidiennement. Le multi-écran, la délinéarisation et les réseaux sociaux concourent ainsi à redessiner l’écologie des pratiques de consommation audiovisuelle, les rendant tout à la fois plus individualisées et plus partagées.

Pour aller plus loin : séminaire MELODI (Medias & Loisirs audiovisuels) : ici

Fabien Granjon est sociologue au sein du laboratoire Sociology and Economics of Networks and Services (SENSE) à Orange Labs