Ce n’est pas moi qui l’écrit, c’est Peter Caranicas dans un article daté du 26 Juin dans le très célèbre Variety !. www.variety.com
Peter Caranicas explique pourquoi, « avec l’émergence des franchises, Hollywood est à la recherche de nouveaux outils pour étendre les territoires du film et de la télévision vers des plates-formes multiples. L’écriture transmédia permet cette expansion cohérente sur différentes plates-formes, en repartant du concept de la bible, bien connu de l’audiovisuel, qui fournit les informations essentielles pour la construction des personnages et de l’intrigue. » Georges Lucas est cité comme un des précurseurs du transmédia avec « Star wars ».
Jesse Alexander, le producteur co-eécitif de « Lost » et « Heroes », qui a grandi avec « Star wars », indique comment « ce procédé lui a permis de bâtir une base de fans, qui restent connectés à l’histoire en dehors des heures du « prime time », pendant et même avant la diffusion de la série, contribuant à bâtir la renommée de la franchise dès le lancement. »
Jeff Gomez co-fondateur de Starlight Runner, une société spécialisée dans l’approche transmédia, note que « son implication est passée d’aval en amont : les producteurs incluent les coûts du transmédia dans le budget de production, plutôt que de les laisser au marketing comme une sorte de coût d’après-vente. Nous travaillons à présent avec des écrivains, des producteurs, et des réalisateurs pour concevoir le transmédia dès le départ. Nous allons au-delà de la bible traditionnelle, en créant des méga-bibles et mythologies, qui permettent de donner vie aux personnages sur d’autres plates-formes sans trahir le média original ».
Cette attention à « conserver le caractère authentique pour ne pas décevoir les fans » est soulignée par Danny Bilson, qui crée des jeux vidéos simultanément portés au cinéma et sur Internet en s’appuyant sur la vision originale. Pour Jeff Gomez, « les franchises de Terminator et de Batman auraient été de plus grands succès si l’esprit d’origine avait été mieux respecté. La répartition des droits entre différents médias n’a pas contribué à maintenir une vision unifiée. »
En conclusion, Jesse Alexander revient sur « la recherche de revenus qui est l’objectif de toutes ces initiatives. Nous sommes tous challengés pour trouver de nouvelles sources de revenus et l’approche narrative cross plates-formes est une fantastique opportunité pour ceux qui savent l’utiliser avec talent ».
Une conclusion fort pragmatique, pour un article dont nous avons aussi apprécié qu’il insiste sur l’inclusion du transmédia dès la phase de l’écriture et sur le souci d’authenticité pour construire un univers réussi pour les consommateurs.
Ceux-ci semblent cependant quelque peu oubliés dans leur rôle de « participateurs » : en contribuant à véhiculer l’information sur l’histoire sur tous supports, à la commenter, à l’enrichir, ils sont au cœur de l’accroissement d’audience et de sa circulation entre les écrans.
P.S John Tranoff a vite réagi à l’article de Variety dans son blog du 30 juin: « Le point clé du transmédia, c’est l’interactivité ! ». narrativenow.org
Et de citer l’exemple de la série Purefold, inspirée de « Blade Runner », bits.blogs.nytimes.com dont le contenu sera créé Ridley e.t Tony Scott en coopération avec les Internautes sous une license « Creative Commons license » . A lire aussi les commentaires suivant l’article.
Gageons que le débat sur le « vrai » transmédia n’est pas terminé et réjouissons-nous tant qu’il profite au consommateur en faisant émerger de nouvelles formes de création de contenus !