Transmedia, le buzz word de 2010 ?
Par Nicolas Bry • 1 nov, 2009 • Catégorie: Marketing & EconomieC’est le titre d’un post de Sven Larsen sur le blog Frombogotawithlove.com, un blog de réflexion à découvrir sur l’innovation numérique : il a été créé par Zemoga une société avant-gardiste dans la création de nouvelles expériences interactives immersives.
Après avoir rappelé la définition du transmedia au travers de celle donnée par Henri Jenkins (« storytelling across multiple forms of media with each element making distinctive contributions to a viewer/user/player’s understanding of the story world »), Sven exprime sa conviction : si le transmédia a commencé par le monde du divertissement (entertainement), il touchera dans les prochaines années tous les aspects du marketing et de la publicité.
Car les multiples plates-formes de communication entrainent une démultiplication des messages pour toucher les gens là où ils sont (« soyez présents là où sont les gens, soyez transmedia !» écrivions nous récemment). Et si la communication de marque est la narration d’une histoire (storytelling), alors c’est une question de bon sens que d’utiliser les techniques les plus récentes comme la narration transmedia (transmedia storytelling).
Dans la démarche transmedia, Sven nous rappelle l’importance de la « bible » transmedia chère à Jeff Gomez dont nous avons précédemment évoqué le travail de pionnier dans le transmedia (transmedia future of the business) : il s’agit d’une bible qui rassemble les différents actifs de l’univers et ses lois, et permet à des créateurs de développer des ramifications sur de nouveaux médias sans détériorer l’identité de l’histoire. Sven Larsen compare cette bible au travail qui est fait sur l’identité et le territoire d’une marque (brand guidelines), la définition de sa légitimité.
Pour attirer l’attention et générer l’engagement des consommateurs, les marques doivent réinventer leur support de communication, créer des formats innovants (Sven cite l’exemple d’une bande dessinée en ligne à la place d’un livre blanc) et assurer la cohérence des messages entre les médias : le transmedia est cette nouvelle forme de communication avec les consommateurs.
Aujourd’hui plus aucun studio ne sort un film sans un composant interactif riche. Le jeu, le livre, le monde virtuel et bien d’autres médias font partie du mix marketing devenu transmedia. Au fur et à mesure que les marques utilisent les nouveaux formats (jeu occasionnel, communautés Internet, vidéo viral, etc …), elles aboutiront au même modèle : « Le transmedia est là pour durer » conclue Sven.
Si Sven Larsen parle de la tendance transmedia partant du divertissement pour aller vers les marques, les responsables de M6 Web et TF1.fr parlaient symétriquement en Octobre sur BFM de « traiter les émissions comme des marques », en commentant l’exposition web et catch-up donnée à une émission de télévision : les émissions sont les marques de la chaîne, il faut développer leur présence sur les médias utilisés par les spectateurs de manière complémentaire …
Ainsi la boucle est bouclée, divertissement (fiction, documentaire, émission, etc …), marques et publicité, le transmedia, au sens d’appréhender une histoire, une présence sur différents médias, chacun contribuant à enrichir l’univers de l’histoire, est bien à la croisée des chemins.
A lire The new buzzword for 2010 – Transmedia ? de Sven Larsen A écouter Interview du 28 Octobre, TF1.fr, Arnaud Bosom Interview du 15 Octobre, M6 Web, Valery Gerfaud A voir Interviews vidéos d’Henri Jenkins et de Jeff Gomez





La boucle est bouclée en effet. Belle manière de mettre dans la boucle notamment les diffuseurs.
vous parlez beaucoup des composants interactifs des studios US, qu’en est il en France, en Europe ?
Et la bible transmédia, n’est ce pas, tout simplement la bible, d’une série tv ?
voir : http://proenza-productions.com/?p=128
En réponse à Hervé : on voit aussi en France fleurir les sites web accompagnant les films et séries, un peu plus lentement qu’aux US il me semble.
La bible transmedia aurait la particularité de permette la poursuite de la création par d’autres acteurs que les auteurs, ces acteurs vont développer l’histoire sur d’autres medaas (typiquement le jeu vidéo qui va faire entrer en jeu des équipes spécifiques) : la bible TM comprendrait les lois qui permettent à l’histoire de s’exporter sans se dénaturer, les règles que doivent respecter les créateurs qui viendront compléter le travail de l’auteur sur d’autres medias.