L’innovation dans les industries de l’immatériel

Par Marc Guidoni • 14 oct, 2009 • Catégorie: Production et évènements

Les talents actuels de la création et de la production de contenus ont aujourd’hui besoin d’un signal et de soutiens. Il est en effet extrêmement difficile pour les producteurs indépendants de financer seuls le développement de contenus innovants.

Ceci est malheureusement bien connu de l’ensemble des professionnels tant en France qu’à l’international, et ce quels que soient les médias pour lesquels ils destinent leurs créations : cinéma, télévision, univers ludiques interactifs…

clafornicationLes grands acheteurs et éditeurs de contenus, notamment les chaines de télévision, réclament de l’audace et de l’innovation mais elles donnent peu de moyen pour cela (en ce qui concerne les nouvelles chaînes de la TNT, « France 4 va produire sa première fiction d’ici la fin de l’année et d’autres chaînes comme NRJ12 souhaitent en faire de même d’ici l’année prochaine » nous indique le dernier CR du Club Galiélée du 17 Juin 2009), et  lorsqu’un producteur prend les risques s’autofinancer un gros travail amont d’écriture en espérant qu’un diffuseur l’accompagnera à un moment ou à un autre de cette phase de R&D, bien souvent plus rien ne se passe…

Du coup, on imagine difficilement un couple scénariste/producteur français venir frapper à la porte d’une grande chaine hertzienne pour leur proposer de partir à la découverte d’une famille de croquemorts (Six Feet Under), de femmes au foyer déjantées suite au suicide de l’une d’elles (Desperate Housewives), ou encore d’un écrivain séduisant et érotomane au point de coucher avec des mineures particulièrement en demande (Californication)desperate

Tout se passe souvent comme si chaque acteur de l’industrie se disait que ‘l’autre’ ne voudra jamais… Le diffuseur pense que la ménagère est trop peu éduquée pour goûter ce type d’humour décapant. Le scénariste se dit que le producteur qui lui a fait confiance pour écrire ne doit pas heurter la chaîne acheteuse. Quant au producteur, il se dit que proposer un projet « politiquement incorrect » aux chaînes risque de le mettre sur la touche et que certains de ses confrères seraient ravis de reprendre une place vide…On pourrait dire aussi que les annonceurs ont du mal à se positionner par rapport à des projets en rupture.

C’est pourtant le cercle vertueux inverse qu’il faut réenclencher, un cycle de la création et de l’audace. Les auteurs/producteurs/diffuseurs doivent rivaliser d’imagination pour challenger un public mature, très demandeur et prêt à se laisser embarquer…


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Une Réponse »

  1. C’est en effet ce qu’il faudrait mais ça n’en prend pas le chemin … Peut être que si des responsables de TF passent par ici, cela va changer :)
    En France, nous n’avons pas de prise de risque pour l’audiovisuel ( à part Reporter sur Canal et encore) alors parler de prise de risque pour du Transmédia …
    On note qu’à l’étranger, USA, Canada et Angleterre principalement ,les projets Transmédia se greffent sur des séries de SF (Fringe, Flashback), Fantastiques (Lost, Heroes) ou Hi-tech ( ReGenesis) où sont elles en France ?
    Certains diront que seuls les américains savent faire ce genre de série mais les anglais avec Primeval y arrivent bien (et en plus ITC, le diffuseur réussi à battre la BBC en terme d’audience) comme quoi, avec un peu d’imagination, de volonté et un budget on y arrive. (enfin, ça bouge surtout dans les pays Anglo saxons, en France il ne se passe pas grand chose, Ah si, on a plus belle la vie …)

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